L'innovation ouverte, un échange de bons procédés

Publié le 09/06/2012 à 00:00

L'innovation ouverte, un échange de bons procédés

Publié le 09/06/2012 à 00:00

Les entreprises qui éviteront l'innovation ouverte (IO) sont appelées à mourir.

Ce constat radical est celui de l'universitaire finlandais Marko Torkkeli. Évidemment, si vous vendez de la crème glacée, le nouvel outil à la mode qu'est devenue l'IO ne sera pas indispensable, mais autrement, fait-il valoir, vous vous priverez de compétences additionnelles, de réductions de coûts, de nouvelles idées, de nouveaux marchés et de nouvelles communautés d'affaires.

Le professeur de la Lappeenranta University of Technology donnait une conférence en prélude à l'activité d'innovation ouverte Québec en mode solution, tenue dans la capitale les 15 et 16 mai. Son auditoire : quelque 160 entrepreneurs, gestionnaires, chercheurs ou fonctionnaires venus chercher des solutions... ou en offrir.

Quelques semaines avant l'activité, des entreprises, petites et grandes, avaient affiché sur un site Web leurs problèmes à résoudre. Le jour du rendez-vous, chacune tenait un kiosque pour recevoir des «solutionneurs». Ces derniers, des chercheurs universitaires ou des sous-traitants, par exemple, offrent leurs idées en espérant décrocher un contrat.

Satisfait, au moins en partie

La propriétaire d'une PME spécialisée dans les fourrures est repartie heureuse, avec trois solutions potentielles pour le retournement de la fourrure de ses bottes, qui exigeait une force manuelle trop importante.

En revanche, le Centre d'innovation Fujitsu n'a pas trouvé d'idée géniale pour connaître précisément les compétences et les réseaux de connaissances de ses 1 000 employés de Québec.

«On voulait trouver un moyen, par les courriels de nos employés, de savoir qui travaille sur quel projet et qui est en lien avec quel partenaire, dit Sébastien Paquet, responsable du programme de mobilité. On voulait enregistrer les activités d'un employé sans le déranger, stocker des informations sur quoi il travaille. Mais jusqu'où a-t-on le droit de regarder ce que fait un employé ? On n'a pas eu d'avis juridique sur ce point...»

M. Paquet s'attendait par ailleurs à des discussions techniques sur la manière de créer un système d'automatisation des données. Mais sans expert informatique dans le groupe participant, les idées ont porté sur la manière de faire accepter le partage d'informations par les employés.

«Il a été question de laisser à l'employé un certain contrôle sur ce qui est publié à son sujet dans le système. C'est une avenue intéressante», remarque le scientifique.

La firme Triode, spécialisée en stratégies d'innovation et en élaboration de produits, est repartie plus satisfaite. Elle cherchait des manières de favoriser la coopération entre entreprises qui évoluent dans un même secteur, mais dont les forces peuvent être complémentaires.

«Si on rassemble des entreprises ayant des limites différentes, elles pourront mieux avancer. On cherche comment mettre en relation des entreprises qui sont en concurrence, mais qui, par exemple, pourraient économiser en utilisant un réseau de distribution commun et croître en développant des spécialités complémentaires», explique le conseiller stratégique Nicolas Cantin.

Les participants à la solution se sont révélés suffisamment intéressés et intéressants pour former ensemble un groupe de travail, qui se réunira à nouveau ce mois-ci.

«Je suis content, car ça peut nous mener plus loin plus rapidement et plus concrètement. Et le désir manifeste des gens de s'investir montre que notre proposition suscite l'intérêt», ajoute M. Cantin.

Agir vite

Pour profiter de l'innovation ouverte, les entreprises doivent être prêtes à mettre en oeuvre rapidement les solutions imaginées, car beaucoup de gens savent alors vers où elles se dirigent.

«Généralement, celles qui participent à ces activités ont depuis longtemps un problème auquel elles ne trouvent pas de solution. Elles voient donc un avantage évident à s'ouvrir à de nouvelles ressources», explique Christophe Deutsch, coorganisateur de Québec en mode solution avec Yahya Baby, d'Asentri (plateforme de gestion sécurisée de données), et Philippe Dancause et Jean-Sébastien Bouchard, de Grisvert (agence de création collaborative). L'événement était tenu en collaboration avec Québec International.

Les problèmes les mieux adaptés à l'IO, dit-il, sont ceux qui aident à ouvrir de nouveaux marchés, à économiser ou pour lesquels une entreprise ne dispose pas d'une expertise adéquate à l'interne.

ESSAIMAGE EN VUE

Québec en mode solution, qui s'était déjà tenu une première fois en 2010, espère faire des petits, ailleurs au Québec et dans le monde. Ses organisateurs ont d'ailleurs été invités au congrès de l'International Society for Professional Innovation Management (ISPIM) à Barcelone à la mi-juin. Pour que l'énergie créatrice de l'activité perdure, Yahya Baby, un des quatre passionnés d'innovation à l'origine de l'activité, a convaincu la présidence d'Asentri, au sein de laquelle il occupe lui-même le poste de vice-président aux affaires corporatives, de créer en ligne le Lab aux solutions (quebec-solutions.com), un site Web où il est possible de poursuivre l'innovation ouverte. Jusqu'à cet automne, l'accès est gratuit.

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