«Il faut une vision entrepreneuriale à l'hôpital» - Gertrude Bourdon, du CHU de Québec

Publié le 15/12/2012 à 00:00

«Il faut une vision entrepreneuriale à l'hôpital» - Gertrude Bourdon, du CHU de Québec

Publié le 15/12/2012 à 00:00

Vous estimez que les centres hospitaliers ne sont pas suffisamment perçus comme acteurs et partenaires de l'économie. Pourquoi ?

Ils sont très importants dans l'économie, mais ils ne sont pas perçus comme tels par l'ensemble des acteurs de l'économie et de la population. Le CHU de Québec, avec ses 14 000 employés, est le plus grand employeur de la capitale. La masse salariale est de 724 millions de dollars. Il compte beaucoup de hauts salariés, ce qui en soi est une force économique importante pour une région. Notre budget annuel est de 1,1 milliard. Il faut préciser qu'un hôpital achète de tout : des fournitures médicales et chirurgicales, des médicaments, des vêtements, de la nourriture et du matériel de bureau. Il a aussi besoin des transports et il investit dans des projets de construction. Beaucoup de nos fournisseurs sont situés dans la région, car c'est une préoccupation pour nous.

Comment peut-on changer la perception du rôle économique des centres hospitaliers ?

C'est difficile, mais je pense que c'est positif également. Du point de vue de la population, la santé leur appartient, ce n'est pas une entreprise. On ne pourra jamais considérer la santé comme une entreprise, contrairement à ce que font les États-Unis ; et à mon avis, c'est tant mieux. Du point de vue de nos gestionnaires toutefois, il faut la voir un peu plus comme ça ; dans nos relations avec nos partenaires extérieurs aussi. Car le regard entrepreneurial nous amène à nous demander comment créer de la valeur dans ce qu'on fait. Ça nous place dans la situation d'évaluer de façon continue nos pratiques de gestion et de formation, d'envisager le rendement des investissements, de penser à la valeur ajoutée. Mais il est complexe d'évaluer les performances et de changer les méthodes de travail tout en donnant des soins à des malades. Le financement à l'activité des établissements de santé est une chose parmi d'autres qui pourrait aider la vision entrepreneuriale à prendre racine. Pour moi, ce n'est pas une panacée, mais c'est un moyen de mesure : il faut tenter de mieux quantifier les activités que l'on fait en santé.

Quels avantages économiques tirez-vous du regroupement des centres hospitaliers de Québec ?

On peut avoir une vision plus intégrée des soins spécialisés et surspécialisés. Et à moyen terme, on va regarder l'organisation des services. Par exemple, on a certains secteurs alimentaires désuets. On n'en gardera pas cinq, mais un.

CV

Nom : Gertrude Bourdon

Âge : 57 ans

Titre : Directrice du Centre hospitalier universitaire de Québec

Infirmière de formation, Gertrude Bourdon est diplômée de l'ENAP. Elle a été nommée à la direction du CHUQ en 2008.

No 1

Le CHU de Québec est devenu le plus grand établissement de santé du Québec l'été dernier, avec la fusion des centres hospitaliers Saint-Sacrement et Enfant-Jésus.

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