À l'affût d'un Rona à vendre

Publié le 12/01/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 14:19

À l'affût d'un Rona à vendre

Publié le 12/01/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 14:19

Nicolas Boucher a quitté son poste de directeur du Réseau M (mentorat) de la Fondation de l'entrepreneurship et vendu sa maison pour travailler dans un Rona.

Pourtant, l'homme de 39 ans l'avoue candidement : il n'est pas quincaillier dans l'âme. S'il a tout plaqué, c'est pour saisir l'occasion de s'associer à Clément Limoges, un homme d'affaires établi qui est propriétaire de trois Rona, dans Lanaudière.

Dans la mi-cinquantaine, ce dernier souhaite encore faire croître son entreprise, tout en songeant tranquillement à sa relève.

«Comme j'avais le goût de me lancer en affaires, je me suis dit "pourquoi pas ? " Clément est encore là pour au moins une dizaine d'années et on s'entend bien.» Les deux hommes projettent d'acheter ensemble des quincailleries dès cette année. À plus long terme, Nicolas Boucher est pressenti pour la relève ; pour l'instant, M. Limoges reste toutefois seul propriétaire des magasins existants, qui emploient une quarantaine d'employés au total.

Afin d'apprivoiser tout le fonctionnement de la grande machine Rona et le milieu de la quincaillerie, M. Boucher occupe depuis le 2 octobre le poste de directeur des achats des trois magasins (L'Assomption, Crabtree et Le Gardeur). Il cherche activement des cibles d'acquisition, après une première tentative abandonnée l'été dernier, mais se rend compte qu'il aura besoin de plus de patience qu'il ne l'avait prévu. «Je pensais être prêt à faire une acquisition dès novembre, soit un mois après mon arrivée, mais ce n'est pas tout à fait ce qui se produit. Il faut planifier, régler les aspects légaux de notre partenariat, établir la comptabilité, etc.» Même dans la créativité et l'entrepreneuriat, il y a un processus à suivre, constate-t-il.

Ce qui ne l'empêche pas d'être totalement heureux de son choix. «Je pensais que l'adaptation, au volet technique comme au risque, serait plus difficile que ça. Finalement, je suis heureux. En fait, je me sens plus libre et créatif, sans barrières. Pourtant, c'est un secteur traditionnel !»

Il faut dire que le parcours de Nicolas Boucher est pour le moins atypique. Originaire de Dunham, en Montérégie, il a d'abord obtenu un baccalauréat en histoire, puis un autre en orientation, avant de faire une maîtrise en éducation. Chargé de cours à l'Université de Sherbrooke en éducation, il a déménagé ses pénates à Québec pour se joindre à la Fondation de l'entrepreneurship il y a près de neuf ans. Avant de sortir encore une fois de sa zone de confort l'automne dernier.

Un aller simple

Pourtant, Nicolas Boucher ne s'imaginait pas devenir entrepreneur lorsqu'il était enfant, au contraire. «Quand je voyais mon père, propriétaire d'un garage spécialisé en machinerie agricole, revenir tard et être épuisé, je me disais que je serais mieux dans un job de bureau.» Mais au fil du temps, à force de côtoyer des entrepreneurs à la Fondation, il s'est mis à en rêver.

«J'étais constamment en contact avec des entrepreneurs. Je voyais leur créativité, leur liberté, leur autonomie. Je les enviais un peu, en me disant que moi aussi j'aimerais être mon propre patron, être en mesure de m'épanouir. Et aussi, permettre à d'autres de s'épanouir.»

Il était donc tout disposé à prendre une occasion en considération, surtout de la part d'un homme d'affaires comptant 25 ans d'expérience comme Clément Limoges, qu'il connaissait en plus depuis quelques années. Ce dernier a fait une proposition telle que même la femme de Nicolas s'est rapidement ralliée. Elle a accepté de quitter son emploi à la Fédération Desjardins, de déménager à L'Assomption et de rester à la maison avec leurs garçons de deux et quatre ans, auxquels s'ajoutera un troisième enfant en avril. «Quand elle a vu ce que Clément me proposait - un partenariat, de l'encadrement, du soutien et une présence pendant plusieurs années -, elle a été pas mal convaincue.» Sans son soutien, il n'aurait tout simplement pas fait le saut, dit-il. «Je peux me concentrer presque à 100 % sur l'entreprise, sans m'inquiéter des enfants, parce que je sais qu'ils sont en de bonnes mains.»

Les prochains mois seront occupés, puisqu'il a bien hâte de la réaliser, cette première acquisition ! «Pour moi, qu'on ne réussisse pas n'est pas une option envisageable.»

SES OBJECTIFS

Fin 2013

«Je veux être vraiment assis confortablement dans ma première entreprise ; que ce premier magasin-là [acheté] roule bien et que je sois en train de regarder si je peux mettre la main sur un deuxième.»

Dans 10 ans

«J'aimerais avoir cinq ou six quincailleries d'ici une dizaine d'années. Peut-être que je vous dirai autre chose dans cinq ans ou même six mois, mais pour l'instant, c'est ça.»

À lire, également:

Page d'accueil de notre dossier «En 2013, ils entreprennent »

Nous ferons le point sur les projets de nos entrepreneurs cet hiver.

 

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