Mieux gérer la logistique grâce aux TI


Édition du 06 Septembre 2014

Mieux gérer la logistique grâce aux TI


Édition du 06 Septembre 2014

Louis Bibeau, président de Logistik Unicorp.

La logistique de la chaîne d'approvisionnement est la grande oubliée de nombreuses PME. Pourtant, dans un contexte concurrentiel, elle peut devenir un véritable moteur de croissance.

En 2009, Logistik Unicorp, une compagnie spécialisée dans la conception et la fabrication d'uniformes, a adopté la technologie de radio-identification (RFID). «Cela nous offre une traçabilité incomparable grâce à une puce insérée dans nos produits, explique le président, Louis Bibeau. Nous pouvons ainsi scanner chaque boîte qui entre chez nous ou en repart pour vérifier l'exactitude de son contenu. Nous contrôlons parfaitement notre inventaire.» Crucial pour une entreprise qui habille plus de 285 000 personnes juste au Canada, dans des organisations aussi différentes que la SAQ et les Forces armées !

Jumelée à un système de gestion d'entrepôt développé par l'entreprise elle-même, qui compte sur une quinzaine de spécialistes en technologies de l'information (TI), cette méthode a permis à la firme de Saint-Jean-sur-Richelieu de connaître 40 % de croissance avec 20 % moins d'employés. «C'est important pour continuer à grandir quand la main-d'oeuvre se fait plus rare,» précise le président.

Des PME frileuses

Malheureusement, le cas de Logistik Unicorp n'est pas représentatif de l'ensemble des PME québécoises. En mai 2014, le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, qui analyse les divers éléments touchant la productivité des sociétés, présentait un bilan des pratiques logistiques des entreprises d'ici. «Si une partie des bonnes pratiques en logistique, comme l'intégration avec les fournisseurs, est plus fréquente, l'investissement en technologies de l'information demeure moins répandu,» révèle Claudia Rebolledo, coauteure du document avec Jacques Roy.

Selon le sondage du Centre, 75 % des entreprises utilisent les ERP (Enterprise Resource Planning, ou progiciel de gestion intégré en français) et 70 % comptent sur des systèmes de gestion de la relation client (CRM). Toutefois, plus de quatre entreprises sur dix n'utilisent pas les systèmes de gestion d'entreposage (WMS) ou de gestion du transport (TMS). La situation s'est tout de même grandement améliorée par rapport à 2006. Une enquête de Manufacturiers et exportateurs du Canada révélait alors que moins d'un quart des entreprises sondées utilisaient les ERP, et moins d'une sur cinq bénéficiait de TI avancées comme les TMS.

Que ce soit dans les PME de distribution ou manufacturières, Michel Girard, associé, chaîne d'approvisionnement chez Deloitte, soutient lui aussi l'investissement dans les TI. «Le client final comme le client industriel veulent passer leurs commandes par le Web, c'est une tendance forte, dit-il. Il faut donc implanter des processus fluides de la commande jusqu'à la livraison, passant par l'interface Web.» Ça peut sembler simple, mais si vous vendez 25 000 produits différents, organiser une plateforme Web claire et performante devient tout un défi.

Sus aux coûts de transport

«Les coûts de transport sont élevés, en raison du prix du carburant mais aussi d'une mauvaise planification», soutient Nicolas Frénéhard, conseiller en chaîne d'approvisionnement à Développement PME Chaudière-Appalaches (DPME C-A). Encore trop d'entreprises se contenteraient de comparer les prix au moment de faire un envoi, et d'opter pour le transporteur le moins cher.

«Ce n'est pas efficace, déplore le conseiller. Il faut planifier et considérer toutes ses options.» Il donne l'exemple du transport intermodal (train et camion), souvent boudé par les PME. «Le transport par train est plus lent, donc il faut s'y prendre à l'avance, mais un transport intermodal peut réduire les coûts jusqu'à 20 %», indique-t-il.

Il faut aussi savoir négocier des ententes basées sur un partage de l'information et des risques. «Il faut envisager l'ensemble de la chaîne logistique comme un tout, poursuit Nicolas Frénéhard. Les fournisseurs doivent devenir des partenaires, véritablement intégrés à notre chaîne d'approvisionnement.» Cela peut signifier, par exemple, confier l'entreposage à notre transporteur pour éviter de gérer un inventaire, ce qui entraîne un besoin d'intégration avec les systèmes de ce transporteur.

Cela peut aussi vouloir dire collaborer avec d'autres entreprises. DPME C-A organise des cercles d'échange où les entrepreneurs discutent de leurs pratiques et de leurs besoins. Nicolas Frénéhard rêve de pousser l'idée plus loin par une plateforme Web permettant de partager de l'information, par exemple sur les transports. «Des coûts importants sont liés au transport à vide, dit-il. Si vous êtes seul, peut-être n'aurez-vous pas assez de volume pour remplir un camion. Pourtant, vous en paierez le coût. Même chose si le camion livrant vos colis revient vide. Pourquoi ne pas inviter d'autres entreprises à occuper cet espace ?»

Des progrès à faire

Luce Laporte, directrice adjointe, projets et développement des affaires à l'Institut international de logistique de Montréal, déplore qu'encore trop peu de PME réalisent les bénéfices qu'elles tireraient d'une meilleure logistique. Elle pense notamment aux systèmes de gestion d'entrepôt, encore peu répandus. «C'est comme si les entrepreneurs n'en comprenaient pas l'utilité, avance-t-elle. Ils sont souvent partants pour optimiser leurs processus manufacturiers, mais avant et après la production, c'est moins le cas.»

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