Les géants de la tech plus vaillants que jamais malgré l'économie effrondrée

Publié le 31/07/2020 à 09:25

Les géants de la tech plus vaillants que jamais malgré l'économie effrondrée

Publié le 31/07/2020 à 09:25

Par AFP
Sundar Pichai

Le PDG d'Alphabet (Google), Sundar Pichai (Photo: Getty images)

L'économie américaine est entrée en récession et les groupes industriels ont perdu des milliards, mais la Silicon Valley résiste à la pandémie et affiche même des profits insolents, comme une revanche au lendemain d'une audition où les élus américains les ont accusés de tous les maux.

Sermonnés mercredi sur le respect de la concurrence, Google, Apple, Facebook et Amazon ont publié jeudi des résultats trimestriels largement au-delà des attentes du marché, montrant à quel point l'économie numérique sort renforcée de la pandémie.

Amazon émerge du deuxième trimestre avec 5,2 milliards de dollars de bénéfice net, le double d'il y a un an, malgré ses 4 milliards de bénéfice opérationnel directement investis dans la gestion de la crise sanitaire.

«Nous avons créé plus de 175 000 emplois depuis le mois de mars (...) et les ventes par des tiers ont de nouveau progressé plus vite que les ventes d'Amazon en direct», s'est enorgueilli son patron Jeff Bezos, attaqué la veille sur son double rôle de juge et partie sur la plateforme de vente en ligne.

Le groupe a augmenté ses capacités de livraison de 160% et prévoit d'investir deux milliards de plus pour protéger ses salariés et répondre à l'explosion de la demande.

Pour Apple, Facebook et Google, les analystes prévoyaient des ralentissements, à cause de la conjecture et aussi des coupes dans les budgets publicitaires des annonceurs.

 

Même pas mal

Mais, visiblement peu affecté, le fabricant de l'iPhone a réalisé près de 60 milliards de chiffre d'affaires (+11%), et plus de 11 milliards de bénéfice net, deux milliards de plus qu'attendu.

Les revenus de Facebook ont aussi grimpé de 11%, à 18,7 milliards, dont la société californienne a sorti plus de 5 milliards de bénéfice net.

L'occasion pour son patron, Mark Zuckerberg, de rappeler le rôle majeur joué par les plateformes au temps du Grand confinement, au lendemain d'une séance de questions virulentes de la part des politiques sur sa position monopolistique.

«Imaginez vivre cette pandémie il y a deux décennies, quand internet voyait le jour. Facebook n'existait même pas. (...) Vous n'auriez eu aucune connexion avec vos amis et l'économie en général», a-t-il assené lors d'une conférence téléphonique aux analystes.

Il s'est même permis de juger très décevant que «la COVID-19 gagne du terrain rapidement aux États-Unis», «parce qu'il semble que (le pays) aurait pu éviter cette vague si notre gouvernement avait mieux géré la situation».

Alphabet, la maison mère de Google et YouTube, est le seul à avoir trébuché. Son bénéfice net a atteint près de 7 milliards de dollars, c'est trois milliards de moins que l'année dernière.

Le leader mondial de la publicité en ligne est plus exposé que Facebook aux gros annonceurs, comme les voyagistes, dont les revenus s'effondrent à cause du coronavirus.

Ses recettes ont reculé de quelque 2% à 38,3 milliards de dollars - un milliard de plus qu'escompté à Wall Street.

 

Même pas peur

Sundar Pichai, le dirigeant d'Alphabet, a assuré voir «les premiers signes de stabilisation».

«Mais bien sûr, le climat économique reste fragile», a-t-il ajouté, alors que des foyers de COVID-19 forcent à nouveau certains responsables à prendre des mesures ciblées de confinement.

Pour Facebook ou Amazon, le retour à la «normale» n'est pas forcément rassurant.

Le réseau social planétaire, désormais utilisé par près d'1,8 milliard de personnes au quotidien, a reconnu que ses compteurs d'utilisateurs actifs pourraient «baisser légèrement» au troisième trimestre.

Facebook est aussi boycotté en ce moment par des centaines d'entreprises, à cause de sa modération des contenus jugée trop laxiste, mais les conséquences pour ses revenus seront sans doute limitées.

Amazon aussi a mis la barre haut. «Nos recettes du deuxième trimestre ont été plus élevées qu'au quatrième trimestre (la saison des fêtes), c'est du jamais-vu», a admis Brian Olsavsky, le directeur financier d'Amazon.

Mais selon l'analyste Neil Saunders de GlobalData Retail, «ces résultats phénoménaux prouvent à quel point les habitudes de shopping ont changé pendant la pandémie, aux États-Unis et dans le monde».

Apple, de son côté, a confirmé la sortie de son nouveau smartphone cet automne, mais quelques semaines plus tard que prévu.

Pas de quoi inquiéter les analystes. «Le décor est posé pour que la demande, refoulée pendant la pandémie, explose cet automne en faveur de l'iPhone 12», affirme Daniel Ives de Wedbush Securities.

«Ils ont trop de pouvoir», s'indignait la veille David Cicilline, l'élu démocrate qui a dirigé l'audition des GAFA. «Certains doivent être scindés, tous doivent être mieux régulés et responsabilisés». Des menaces qui semblent déjà lointaines.

À suivre dans cette section


image

Expérience citoyen

Mercredi 26 août


image

Gestion de l'innovation 2020

Mercredi 09 septembre


image

Expérience client

Mercredi 16 septembre


image

Gestion agile

Mercredi 07 octobre

Sur le même sujet

Titres en action: Ford, Amazon et EasyJet

Mis à jour le 04/08/2020 | AFP

Voici une sélection d'annonces qui ont fait (ou vont faire) bouger les cours de ces entreprises.

Amazon va investir 10 milliards dans l'Internet depuis l'espace

31/07/2020 | AFP

Amazon a obtenu l'approbation des autorités américaines pour déployer une constellation de plus de 3 000 satellites.

À la une

Soyez propriétaire et non locataire de votre succès

04/08/2020 | Nicolas Duvernois

BLOGUE INVITÉ. Que penser de la saga TikTok aux États-Unis? Est-ce un règlement de compte «écono-égo-politique»?

Énormes explosions au port de Beyrouth, 73 morts et 3 700 blessés

Mis à jour le 04/08/2020 | AFP

Deux énormes explosions ont provoqué mardi des scènes de dévastation au port de Beyrouth, capitale libanaise.

Lourde perte pour Disney, qui gonfle son nombre d'abonnés

04/08/2020 | AFP

Disney+, lancé en novembre dernier, a atteint les 57,5 millions d'abonnés fin juin.