Peintres et galeries d'art à l'assaut du Web


Édition du 28 Mai 2016

Peintres et galeries d'art à l'assaut du Web


Édition du 28 Mai 2016

Par Alain McKenna

[Photo : 123RF/Alphaspirit]

Oubliez un instant la réalité virtuelle et les applications bancaires pour téléphone intelligent. La révolution Internet se passe dans les galeries d'art. Artistes et collectionneurs sont de plus en plus nombreux à négocier sur leur poste informatique, plutôt que dans la salle d'exposition. Un créneau où le Québec se démarque.

Le marché mondial de l'art en ligne est en pleine croissance : il s'est vendu pour 3,3 milliards de dollars américains d'oeuvres d'art en tout genre sur la Toile en 2015, trois fois plus qu'en 2013 (1 G $ US). À ce rythme, selon la firme d'assurance spécialisée Hiscox, les ventes d'art sur Internet atteindront 6,3 G $ US en 2019, ce marché se composant essentiellement de peintures, de reproductions à tirage limité et de photographies.

Cet engouement a incité Gwen Salley, Mathieu Cassagne et Stéphanie Brochu à fonder leur propre galerie en ligne. Lancée au début de mai, Articho se positionne comme une galerie d'art à vocation internationale, avec un lourd penchant pour les artistes d'ici. Articho est issue de l'accélérateur Le Camp, un incubateur d'entreprises techno de Québec. La jeune pousse, dotée d'un budget d'amorçage de 100 000 $, s'est donné pour objectif «de fluidifier les transactions sur l'art en ligne», dit M. Salley.

«On se voit comme un outil de gestion pour les artistes qui veulent faire carrière en ligne», continue le jeune entrepreneur. «Cela dit, on choisit les artistes et les oeuvres d'art qu'on expose. On veut se spécialiser en art contemporain, tout en demeurant un peu hétéroclites.»

Articho compte se brancher sur les grandes bases de données d'art en ligne, comme la française Artprice, afin de pouvoir documenter la valeur des oeuvres négociées chez elle. En offrant tout l'historique d'une oeuvre, le site devient du coup un outil pratique pour les collectionneurs.

Le site compte déjà 1 200 oeuvres de 250 artistes (dont plus du tiers sont issus du Québec et du Canada), mais enregistre très peu de ventes. Il est encore tôt... «Le moment est bien choisi, car la transition des collectionneurs vers le Web a lieu en ce moment, dit Gwen Salley. Et les oeuvres d'art, c'est connu, sont une valeur refuge...»

Dans l'ombre d'Amazon...

Malgré l'émergence assez récente de ce marché en ligne, la menace du numérique pèse déjà sur les galeries d'art traditionnelles. Une menace qui a pour nom Amazon. Le géant du commerce électronique n'hésite pas à vendre des toiles pour tous les goûts, et à tous les prix : on y a vu un Norman Rockwell de 4,85 millions de dollars.

Cela dit, tout le monde n'est pas prêt à confier des milliers de dollars à un site Web pour une toile qui a seulement été inspectée virtuellement... «C'est certain qu'il faut faire confiance au site», dit Geneviève Lévesque, directrice de la galerie Artêria, de Bromont. Le site de la galerie estrienne, qui vient de remporter le prix Relève leadership Germaine-Gibara au 36e concours des Mercuriades, affiche des oeuvres de ses artistes, leur historique, et un moyen de les rejoindre.

Le comportement des acheteurs rappelle les débuts du commerce en ligne : «Des collectionneurs comparent les oeuvres en ligne, puis viennent en galerie pour acheter. D'autres découvrent un artiste en personne, puis vont sur Internet pour voir le reste de leur collection. D'une façon ou d'une autre, le Web est indispensable dans la transaction.»

Mais les ventes purement numériques sont encore minimes, constate Mme Lévesque. Pour le moment, du moins. «La demande est forte du côté des imprimés plus abordables.»

Et si la demande évolue vers les oeuvres d'art plus coûteuses, les artistes québécois seront prêts, souligne pour sa part Gwen Salley, d'Articho. «Le Québec est un endroit propice au développement de la vente d'art en ligne. Même le gouvernement pousse pour que le milieu culturel fasse sa place sur le Web. De ce côté, on n'a rien à envier à New York ou à Los Angeles !»

À part, peut-être, leur plus grand bassin de collectionneurs d'oeuvres d'art...

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