Les cryptoactifs gagnent du terrain, mais la méfiance demeure

Publié le 16/04/2018 à 06:37

Les cryptoactifs gagnent du terrain, mais la méfiance demeure

Publié le 16/04/2018 à 06:37

Par AFP

Les levées de fonds par émission de cryptomonnaie (ICO) se sont multipliées et sortent peu à peu des petites communautés d'initiés, mais la méfiance demeure sur ces opérations aux mécanismes souvent complexes.

Elles consistent pour un entrepreneur à émettre des «jetons» ou «tokens» numériques, fondés comme le bitcoin sur la technologie blockchain (la chaîne de blocs, qui est une sorte de registre d'échanges décentralisé et infalsifiable).

Ces jetons sont vendus contre la promesse d'accès à un service futur conçu par l'entrepreneur. Ils pourront ensuite être vendus ou achetés au sein d'une communauté d'utilisateurs, qui en auront besoin pour accéder au service promis.

En France, on recense jusqu'à maintenant une poignée de levées de fonds de ce type, mais le mouvement est en train de s'accélérer.

La société Chaineum, qui aide ses clients à réaliser des ICO, estime qu'elle aura «bouclé à la fin de l'année une bonne vingtaine d'opérations, dont un tiers» de projets français, selon son dirigeant Laurent Leloup.

Chaineum est en train de superviser par exemple la levée de fonds du projet MoneyByDesign de la société niçoise Voxcracy, qui affiche l'intention de récolter 300 millions d'euros pour créer des applications blockchain dans le domaine de la finance.

Elle vient de boucler une levée de fonds de 17 millions d'euros (26 M$CA) pour Naviaddress, une plateforme russe qui veut fournir  «une adresse numérique unifiée pour tout endroit et tout objet dans les mondes réels et virtuels».

Selon Laurent Leloup et d'autres acteurs, les ICO sont en train de sortir du cercle des initiés, et intéressent désormais des entreprises déjà bien établies.

«Depuis quelques mois, on trouve de plus en plus d'investisseurs avertis, des business angels, des fortunes privées» qui s'intéressent à ces opérations, affirme à l'AFP Laurent Leloup.

«L'ancienne économie commence à arriver vers la nouvelle économie, et amène des fonds de façon très lente mais continue vers les ICO», estime-t-il.

Illustration de cette tendance, l'annonce faite la semaine dernière par le fonds d'investissement Truffle Capital, présidé par l'ancien patron d'Alstom Patrick Kron.

Une startup filiale du fonds, Money Track, va commencer à vendre en mai ses jetons numériques lors d'une tournée en Asie, où se trouvent de nombreux investisseurs friands de ces nouveaux placements.

L'objectif est de lever un montant qui se chiffre en «dizaines de millions de dollars».

Havas de son côté a annoncé récemment qu'il devrait apporter son soutien à la levée de fonds de la startup toulousaine Talao, qui a conçu une plateforme blockchain mettant en relation de façon automatisée des industriels avec les experts dont ils ont ponctuellement besoin et qui veut collecter environ 60 millions de dollars. 

Visa non obligatoire

Face à cet engouement, le gouvernement français et l'Autorité des marchés financiers affiche une position relativement ouverte.

Le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui devrait être présenté dans les prochaines semaines au conseil des ministres devrait faire des propositions souples sur l'encadrement des ICO.

L'Autorité des marchés financiers devrait être autorisée à donner un visa aux ICO respectant certains critères, mais ce visa ne serait pas obligatoire, selon les indications fournies par Bercy et l'AMF.

«La France a tout intérêt à devenir le premier grand centre financier à proposer un cadre législatif adhoc», expliquait le ministre de l'Economie Bruno Le Maire en mars dans une tribune à Numerama.

Mais le mécanisme des ICO continue de susciter la méfiance.

Les jetons tiendront leur valeur de leur capacité à être échangés dans des communautés d'utilisateurs.

Si celles-ci ne décollent pas, par exemple parce que le projet imaginé par l'entrepreneur ne fonctionne finalement pas, la valeur du jeton ne décollera pas non plus.

Pour que les investisseurs en aient pour leur argent, il faut que l'entrepreneur parvienne à «créer un écosystème qui ne marche plus sans le jeton», prévient Alexandre Stachtchenko, du cabinet Blockchain Partner, conseil pour plusieurs ICO françaises en préparation, interrogé par l'AFP.

Selon Pierre Entremont, du fonds d'investissement Otium venture, qui a déjà misé quelques millions dans des ICO, «il y a très peu de bons dossiers à l'échelle mondiale, avec des équipes de qualité qui travaillent sur des technologies importantes et qui survivront aux années».


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