«C'est insensé que nos PME n'aient pas accès aux mêmes prêts que les entreprises étrangères»- Catherine Nadeau, présidente d'Alchimie 24


Édition du 09 Mars 2016

«C'est insensé que nos PME n'aient pas accès aux mêmes prêts que les entreprises étrangères»- Catherine Nadeau, présidente d'Alchimie 24


Édition du 09 Mars 2016

Par Matthieu Charest

Catherine Nadeau, présidente d’Alchimie 24.

L'annonce d'Investissement Québec [IQ] de prêter 2,4 et 19,6 millions de dollars en garantie de prêt à Cinesite, un studio britannique d'effets visuels, vous a fait vivement réagir. Pourquoi ?

Notre petit studio d'effets visuels est parti de rien, comme beaucoup d'entreprises d'ici. Mon conjoint et moi, nous avons travaillé des nuits blanches, nous avons hypothéqué notre santé et du temps avec nos enfants. Alchimie 24 fait face aux mêmes défis que les grandes entreprises comme Cinesite. Toutes proportions gardées, notre masse salariale pèse aussi lourd que la leur et nos logiciels coûtent aussi cher. Mais nous, nous n'avons pas accès à ce genre d'aide. Ça me choque de voir que des entreprises étrangères pigent dans l'argent des Québécois. Pourquoi mieux les financer que nos propres PME ? Je ne suis pas contre le fait que l'on aide des entreprises si elles créent des emplois. D'ailleurs, les grandes boîtes d'effets visuels nous font rayonner dans le monde. Ce qui est insensé, c'est que les PME québécoises n'aient pas la possibilité d'accéder aux mêmes sommes, aux mêmes conditions de prêts. C'est une discussion fréquente entre nous, les petites entreprises dans le domaine. Nous sommes écoeurés.

Avez-vous demandé à IQ s'il y avait des subventions ou des prêts pour vous ?

Oui, je leur ai posé la question. Je leur ai dit : «Notre boîte est petite, mais 75 % des films québécois où l'on retrouve des effets visuels passent entre nos mains !» Quand nous les avons rencontrés, je voulais leur réclamer les mêmes conditions de prêt que les grandes entreprises, comme Cinesite ou Framestore. J'ai eu l'impression que, pour eux, c'est ainsi que ça fonctionne, et c'est tout... Investissement Québec nous a bien offert un prêt, mais c'était une somme ridicule. Il faut dire que, dans notre industrie, un ordinateur équipé de bons logiciels coûte près de 20 000 $. Une chance que Desjardins a cru en nous et nous a octroyé du financement, mais ce n'est jamais aux mêmes conditions dont bénéficie Cinesite grâce à IQ.

Comment réussissez-vous à tirer votre épingle du jeu face aux grands acteurs ?

Un de nos plus grands défis, c'est de supporter la masse salariale. Entre deux contrats, ça devient difficile. Mais on ne veut surtout pas perdre nos employés. C'est grâce à leur talent et à leur travail que nous réussissons à survivre. Nous n'avons pas les moyens de recruter à l'étranger, mais en formant la relève, nous créons un sentiment de loyauté. Je pense aussi que c'est plus convivial de travailler chez nous.

14 500 Québécois sont employés dans les activités de production de la grappe cinéma et télévision (animation, montage, etc.). Selon le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, ces emplois sont répartis dans plus de 400 entreprises.

Catherine Nadeau, présidente d’Alchimie 24

Cette diplômée en communication de l’UQAM s’est jointe à Alchimie 24 en 2011. Elle s’occupe dès son arrivée des aspects administratifs, financiers et opérationnels de la PME. En 2012, elle devient vice-présidente et, l’année suivante, elle accède à la présidence. Elle est également copropriétaire.

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