Quand une méthode de travail devient philosophie de gestion

Publié le 22/10/2009 à 15:12

Quand une méthode de travail devient philosophie de gestion

Publié le 22/10/2009 à 15:12

Par lesaffaires.com

L'approche Agile permet à Pyxis, de Laval, d'accélérer la livraison de logiciels à ses clients.


Au milieu de la vingtaine, alors qu'il gérait d'importants projets informatiques pour le compte de l'impartiteur LGS, François Beauregard a sérieusement envisagé de changer de carrière, frustré par le processus " sclérosant " de la gestion de projet. Mais la découverte de la méthode Agile l'a décidé à rester dans le domaine.

Lancée en 2001 aux États-Unis et en Europe, cette méthode révolutionne la façon de développer des logiciels et change la relation entre les équipes de technologies de l'information (TI) et leurs clients.

Conception rapide des logiciels

Au lieu de passer des mois, voire des années à documenter les besoins informatiques du client avant de produire des logiciels, l'approche Agile permet de livrer au client un logiciel fonctionnel dans un très court laps de temps, avec des itérations fréquentes. Au lieu de négocier avec le client seulement au début et à la fin du contrat, l'équipe des TI travaille en étroite collaboration avec lui tout au long du projet. " C'est une approche où le client doit être prêt à choisir le changement plutôt que le suivi du plan ", explique M. Beauregard.

Pyxis Technologies, l'entreprise qu'il a fondée avec un ami ingénieur et un informaticien en 2000, a adopté la méthode Agile. Et elle est en plein essor, avec 70 employés. Elle possède deux bureaux au Québec et deux en France.

" Au début, ce fut la traversée du désert, se souvient M. Beauregard, qui a organisé en 2002 la première conférence consacrée à la méthode Agile à Montréal devant... trois participants. Les clients nous prenaient pour des illuminés. Mais aujourd'hui, tout le monde veut l'essayer. "

Toutefois, François Beauregard a constaté qu'il devait modifier sa culture d'entreprise pour que l'approche Agile réussisse.

Cela l'a amené à instaurer une " culture d'autogestion " et de " conduite du changement " chez Pyxis.

Mêlée quotidienne

Ne cherchez pas de bureaux ou de chaises sur pattes en entrant au siège social de Pyxis, à Laval. Ils sont plutôt dotés de roulettes. " Ici, les équipes sont structurées en fonction des projets, nous explique M. Beauregard. Donc, les employés bougent. "

Ces employés sont également membres d'une " communauté de praticiens ", c'est à dire d'une équipe composée de gens partageant le même champ de compétences : entre eux, ils peuvent améliorer leurs pratiques.

Dans cette organisation du travail agile, le gestionnaire " ne joue pas un rôle de contrôleur; il est au service des équipes ", poursuit M. Beauregard. Il s'assure que les objectifs sont clairs. Et il permet l'erreur. " Il faut éviter que les gens cachent la vérité si quelque chose ne tourne pas rond dans un projet ", dit-il.

Une mêlée quotidienne est de rigueur : une équipe entre dans un petit local vitré aménagé à cette fin et, debout, les membres tiennent une séance de travail chronométrée - 15 minutes, pas plus ! - pour savoir où chacun en est dans ses projets. L'application du chronomètre pour l'iPhone a d'ailleurs été conçue par Pyxis. Elle est vendue 2 $ sur le site Web de la PME. Tous les revenus sont versés à une ONG de lutte contre la faim.

François Beauregard se dit social-démocrate. Il croit aux valeurs d'équité et de partage véhiculées par le monde coopératif et c'est pourquoi il a décidé d'accorder 30 % des actions de Pyxis à ses employés regroupés dans une coopérative de travailleurs actionnaires. " Je n'étais pas à l'aise avec l'idée d'être propriétaire à 100 %, explique-t-il. Car ce n'est pas moi seul qui ai généré toute cette richesse. "

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