Opération séduction


Édition du 11 Février 2017

Opération séduction


Édition du 11 Février 2017

C'est pendant un moment de découragement, autour de la machine à café, qu'est venue, aux membres de l'équipe de Coveo, l'idée d'organiser un concours de programmation informatique. Une proposition lancée presque à la blague, alors qu'ils essayaient de recruter des stagiaires, sans grand succès.

C'était en 2010. L'entreprise, spécialisée en logiciels de recherche intelligente, en était alors à ses balbutiements. «Nous avions du mal à nous faire connaître et nous n'avions pas beaucoup d'argent pour nous démarquer. Il fallait faire preuve de créativité», se rappelle Claude-Antoine Tremblay, directeur, communauté de talents.

Le concours Coveo Blitz a donc permis à l'employeur de faire sa marque auprès des jeunes. «Les étudiants peuvent s'attaquer aux problèmes auxquels on fait face chez Coveo, et voir à quel point c'est trippant de travailler à ces dossiers. Et cela nous a aidés à afficher ce qu'on était», ajoute-t-il. En effet, le concours est l'occasion d'afficher son côté givré, en présentant quelques membres de l'équipe, en offrant de la nourriture, des boissons, des prix, etc.

Cette initiative a marqué un tournant pour le recrutement chez Coveo. Ainsi, alors qu'une poignée d'étudiants étaient intéressés à un stage en 2010, l'entreprise a reçu 171 candidatures en 2016. Une augmentation qui est allée de pair avec la croissance de la société, passée de 50 employés à 275 actuellement, répartis dans ses bureaux de Québec, de San Francisco, d'Amsterdam et, depuis peu, de Montréal.

Recruter. Point final.

Si Coveo a dû rivaliser d'originalité pour attirer des recrues, ce n'est pas le seul employeur dans cette situation. «Dans certains domaines, la difficulté n'est pas de recruter les meilleurs étudiants, mais de recruter tout court. Les entreprises ne savent plus quoi faire pour attirer les jeunes», constate Pierre Rivet, directeur du Service des relations avec l'industrie à l'École de technologie supérieure (ÉTS).

Par exemple, l'an dernier, l'ÉTS a reçu 1 700 offres de stages pour ses 643 étudiants en génie logiciel et des technologies de l'information. Un écart qui se creuse parce que tous les secteurs recherchent des spécialistes de l'informatique, «pas seulement les entreprises comme Gsoft qui ont emmené tous leurs employés en croisière dans les Bahamas, poursuit-il. C'est plus difficile pour certaines d'entre elles, comme les banques ou les compagnies d'assurance, moins glamour pour les jeunes.» Elles doivent donc travailler fort pour défaire leur image et montrer qu'elles offrent du boulot intéressant.

Se faire connaître

Dans certains cas, l'écart entre l'offre et la demande est tel que les employeurs doivent se vendre auprès des étudiants. À preuve : l'événement «Deux minutes pour séduire», organisé depuis trois ans par l'Université Laval. Dans cette formule, qui emprunte au speed dating et qui a été créée à la demande des entreprises du parc technologique du Québec métropolitain, chaque firme dispose 120 secondes pour démontrer qu'elle propose le milieu de travail idéal. Les étudiants peuvent ensuite rencontrer les employeurs pour leur poser des questions.

«L'événement permet d'offrir des emplois aux finissants, mais surtout des stages, et ce sont vraiment les entreprises qui doivent convaincre leurs recrues de s'intéresser à elles plutôt que l'inverse», explique Richard Buteau, directeur du service.

Présent !

Dans tous les domaines, donc, les entreprises ont tout à gagner à être présentes sur les campus à l'occasion des journées carrières et à proposer des conférences, des commandites ou des programmes de bourses, indiquent les experts interviewés. Certaines utilisent la stratégie inverse : en plus de se rendre dans les écoles, elles ouvrent grand les portes de leur siège social.

Peu importe la stratégie mise en place, il ne faut pas oublier de rester fidèle à l'ADN de son entreprise, seul gage de réussite à long terme, indique Claude-Antoine Tremblay. «Chez Coveo, nous avons toujours essayé de rester nous-mêmes. Par exemple, nous n'avons jamais tenté de convaincre les gens que nous offrons les meilleures conditions de travail car, même si elles sont excellentes, d'autres proposent des salaires plus élevés. Nous vendons plutôt l'esprit de l'entreprise, notre côté innovateur, les défis intellectuels de notre travail.» Et, pour que l'union dure, les futurs employés doivent adhérer à ces valeurs, même s'ils sont encore aux études !

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