Le Québécois qui voulait vous rendre riches grâce à Airbnb est dans le collimateur du fisc

Publié le 06/02/2015 à 06:32, mis à jour le 26/03/2016 à 15:37

Le Québécois qui voulait vous rendre riches grâce à Airbnb est dans le collimateur du fisc

Publié le 06/02/2015 à 06:32, mis à jour le 26/03/2016 à 15:37

Dany Papineau. Photo fournie

Il y a un an nous faisions le portrait de Dany Papineau, un Québécois qui a réussi à se sauver de la faillite personnelle en faisant de Airbnb une activité lucrative. À l'époque son histoire nous avait intéressé, d'autant qu'il dispensait même un cours pour apprendre à faire de largent grâce à cette plate-forme de réservation. Mais aujourd'hui, son idée se retourne contre lui: Revenu Québec lui réclame une belle ardoise. Nous avons décidé de republier son portrait en y ajoutant ses plus récentes déconvenues...

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MISE À JOUR: En février et mars 2015, Revenu Québec s'est penché sur le cas Dany Papineau. Aujourd'hui, l'agence lui réclame pour plus de 60 000 $ de TPS, TVQ et taxes d'hébergement impayées selon Papineau. L'hôte affirme pourtant que tous ses revenus Airbnb avaient été bien déclarés. Que s'est-il donc passé?

En fait, comme Dany Papineau a gagné plus de 30 000 $ en tant que travailleur autonome, le fisc estime qu'il a engrangé des revenus commerciaux grâce à ses locations, donc qu'il était dans l'obligation de percevoir la TPS et la TVQ et de la restituer à l'agence.

«Selon les lois fiscales en vigueur, l'obligation de percevoir et de remettre les taxes revient à celui qui fournit l'hébergement», précise le porte-parole de Revenu Québec, Stéphane Dion, dans La Presse.

Rappelons qu'en 2014-2015, Revenu Québec a collecté 7,2 millions $ auprès des loueurs Airbnb.

Conscient des risques qu'il prenait - son portrait ci-dessous en témoigne - Dany Papineau rétorque lui que les transactions Airbnb étant effectuées électroniquement, il lui était matériellement impossible de facturer TPS et TVQ. Il conteste donc la réclamation de Revenu Québec.

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ARTICLE D'ORIGINE: Déjà que les hôteliers n’aiment pas Airbnb, voilà qu’un Québécois qui a réussi à faire de la location de sa maison une affaire lucrative par cette plateforme propose une méthode pour en tirer le maximum et… changer sa vie. Dany Papineau offre en ligne un cours, Airbnbsecrets, pour aider tous ceux qui le souhaitent à faire de leur espace d’hébergement une entreprise à succès, bien que pas encore légale.

«Airbnb a changé ma vie, dit le cinéaste de 40 ans. Mais ça prend un certain temps pour apprendre comment en tirer profit et il n’y avait jusque-là aucune formation disponible.»

En 2010, Dany Papineau frôlait la faillite personnelle après avoir investi dix ans de sa vie et de ses économies dans son film 2Frogs dans l’Ouest, pour lequel il a manqué de budget promotionnel. Pour payer ses dettes, il a mis sa maison en vente deux ans plus tard. Mais il a pu finalement la garder après avoir découvert Airbnb. Il a commencé modestement à louer sa maison et plus de 1000 invités plus tard, il a généré au-delà de 200 000$ en revenus de location de court terme.

«Au début, j’acceptais de louer à n’importe qui, sans poser trop de questions. Maintenant, j’en pose des tonnes et si j’ai un doute, je ne loue pas. Je lis aussi les commentaires des internautes sur les clients», explique M. Papineau, qui a appris à la dure comment se protéger des mésaventures. Ses premiers invités devaient être trois, mais ils ont été 30 à faire la fête, causant 4000$ de dommages chez lui, en plus d’indisposer les voisins.

Gérer à distance

Maintenant, il sait qu’il doit aussi prendre l’assurance Airbnb. Toutefois, il constate que le site laisse encore aujourd’hui ses utilisateurs apprendre le métier sans formation. Pour cette raison et parce qu’il a découvert la recette du succès, il a commencé à conseiller des amis dont la situation financière a aussi changé pour le mieux.

«Les gens rêvent d’être à la retraite pour pouvoir voyager. Moi, je le fais à 40 ans et en plus, j’obtiens des revenus quand je pars, c’est formidable!» dit celui qui gère ses locations à distance avec son téléphone intelligent.

Son cours est offert en ligne sur airbnbsecrets.com, à un prix de lancement de 297$ (appelé à augmenter par la suite).

«En deux ou trois soirs, les revenus de location permettent d’absorber les coûts de la formation. Moi, j’ai lu le livre de Starbucks et j’ai retenu que les employés reçoivent 24 heures de formation avant de servir le client, car le but, c’est de servir le meilleur café au monde. Avec Airbnb, il y a aussi une culture et des valeurs à transmettre, mais l’hôte, actuellement, est lancé dans l’aventure sans savoir comment bien faire et sans connaître les valeurs de l’entreprise», dit Dany Papineau.

La maison de Dany Papineau. Photo fournie

Risque juridique

Le nouveau formateur offre son cours tout en sachant que louer sa résidence pour du court terme est contraire à la loi. Il a d’ailleurs une lettre d’avertissement de Tourisme Québec, lui précisant qu’il risque une amende de 750$ par jour de location puisqu’il offre un hébergement non classifié, mais il n’entend pas cesser ses activités.

«Le lobbyiste embauché par Airbnb au Québec me dit que le ministère est forcé d’envoyer ces lettres, tout en sachant que la loi sera bientôt modifiée. Je n’ai pas peur d’aller en cour», affirme-t-il, ajoutant qu’Internet est en train de révolutionner bien des industries, dont celles du tourisme et du taxi.

Au ministère du Tourisme, on regarde de près ce type d’hébergement qui prend de plus en plus de place en échappant aux taxes.

«Il faut trouver une solution juste et équitable pour tous. Les hôteliers paient des taxes d’hébergement, pas les particuliers. Or, l’argent des taxes sert à promouvoir la destination Québec à l’étranger, ce dont profitent les particuliers qui louent via Airbnb ou d’autres sites du genre», fait valoir Cynthia Saint-Hilaire, attachée de presse de la ministre Dominique Viens.

La ministre regarde de près la réaction d’autres lieux touristiques dans le monde. Washington et San Francisco ont décidé de faire payer les taxes et Airbnb les récolte pour ces villes. Aucune province au Canada n’a encore légiféré sur ce dossier. La réflexion avance à Québec et des solutions doivent être proposées d’ici au printemps pour réajuster le modèle d’affaires en tourisme.

 

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