Campus Outremont: ça commence pour de vrai


Édition du 15 Mars 2014

Campus Outremont: ça commence pour de vrai


Édition du 15 Mars 2014

Série 4 de 5 - Dans une série en cinq volets, Les Affaires présente des projets immobiliers d'envergure qui devraient bientôt faire couler un sang nouveau dans les artères de Montréal.

Après des années de consultations et de réflexion, l'Université de Montréal (UdeM) est enfin prête à entreprendre la construction de son nouveau campus sur le site de l'ancienne gare de triage d'Outremont. Un premier appel d'offres public pour le choix des architectes a été lancé au début de février, huit ans après l'acquisition de ce terrain de 2,4 millions de pieds carrés par l'institution montréalaise.

«Les astres sont enfin alignés», déclare Yves Beauchamp, directeur du développement du site Outremont à l'UdeM. Première étape : la construction du complexe des sciences au coût de 350 millions de dollars. Ce pavillon regroupera sous un même toit quatre départements (géographie, chimie, physique et sciences biologiques) et comprendra des locaux pour les bibliothèques et la vie étudiante.

Québec a débloqué 173,4 M$ pour la construction de ce pavillon. Il s'agit du plus important montant jamais investi par un gouvernement pour un immeuble voué à l'enseignement supérieur et à la recherche. Le montage financier sera achevé par la grande campagne de financement Campus Montréal, menée par l'UdeM, Polytechnique Montréal et HEC Montréal. Les travaux commenceront en 2015 et les portes ouvriront en 2018.

Ce complexe des sciences verra le jour dans un campus intégré, dont l'objectif dépasse l'ajout d'emplacements pour l'enseignement et la recherche. Le directeur du site Outremont parle d'un véritable projet de société. «L'aménagement du site, en harmonie avec son milieu, avec la création de parcs et d'allées verdoyantes, contribuera à la revitalisation des quartiers environnants. La valeur des investissements dépassera le milliard de dollars d'ici 2020», dit-il. Ce nouveau campus est rendu nécessaire en raison du déficit d'espace dont souffre l'université et de l'impossibilité de construire de nouveaux pavillons sur la montagne, afin de protéger le mont Royal.

De l'ÉTS à l'UdeM

Pour mener à bien ce projet, le recteur de l'UdeM, Guy Breton, a recruté en septembre dernier Yves Beauchamp, l'ancien directeur général de l'École de technologie supérieure (ÉTS). Sous sa gouverne, l'ÉTS a connu une croissance fulgurante. Le nombre d'étudiants a doublé et ses activités immobilières se sont grandement accrues. Ce doctorant en génie industriel est aussi l'instigateur du Quartier de l'innovation, un projet alliant l'ÉTS et l'Université McGill, qui vise à faire du quartier Griffintown une plaque tournante de la créativité et de l'innovation sur la planète.

Sans surprise, le plan de match de M. Beauchamp pour le site Outremont est pratiquement une version copier-coller de celui du Quartier de l'innovation (lire notre texte «L'ÉTS réinvente le campus urbain» paru le 22 février). Ici comme de l'autre côté de la montagne, on veut ériger un campus où la mixité des usages (résidentiel, industriel, de recherche et culturel) favorisera la créativité. «Les communautés créatives attirent les talents», dit M. Beauchamp. On veut ainsi faire concurrence aux métropoles innovantes, comme Barcelone et Boston.

Depuis son entrée en poste, M. Beauchamp a révisé le plan directeur du campus. Sa modification la plus importante, c'est sans doute la disparition du volet résidentiel privé. Dans ses plans antérieurs, l'UdeM prévoyait la construction de plus de 1 500 appartements privés, surtout de la copropriété. Désormais, c'est l'université qui développera elle-même cette composante en construisant plusieurs bâtiments qui serviront d'habitation aux étudiants et aux chercheurs.

«On n'érigera pas de résidences étudiantes dans le sens classique du terme, où les locataires louent une chambre en partageant cuisine et salle de bains. On offrira plutôt des vrais appartements qui accueilleront des étudiants des cycles supérieurs et des chercheurs internationaux, aussi bien des couples, des familles que des célibataires», dit M. Beauchamp.

En plus de donner vie au quartier, le volet résidentiel s'avère une opération rentable pour les universités. Étonnamment, l'UdeM n'a pas construit de résidences étudiantes depuis 1970 ! La pelletée de terre du premier bâtiment résidentiel devrait se faire en 2015, pour une livraison 18 mois plus tard.

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