Les conservateurs méritent des sièges, dit le chef du PQ

Publié le 29/09/2022 à 10:57, mis à jour le 29/09/2022 à 18:48

Les conservateurs méritent des sièges, dit le chef du PQ

Publié le 29/09/2022 à 10:57, mis à jour le 29/09/2022 à 18:48

Par La Presse Canadienne

Si les citoyens sentent qu’ils ne se font pas entendre, la grogne pourrait se transposer dans la rue, prévient le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon. (Photo: La Presse Canadienne)

Québec — L’appui populaire aux conservateurs devrait être reflété à l’Assemblée nationale, croit le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, qui déplore que la Coalition avenir Québec (CAQ) ait abandonné sa promesse en faveur du scrutin proportionnel.

Le Parti conservateur «mérite un espace» à l’Assemblée nationale, a dit M. St-Pierre Plamondon, qui précise qu’il est en désaccord avec la majorité des idées de la formation de droite.

«Sinon, ce n’est pas légitime», a-t-il dit lors d’une mêlée de presse à Québec, une région où l’appui aux conservateurs est plus fort que dans le reste du Québec.

«Même quand on n’est pas d’accord, un parti qui représente les voix de plusieurs citoyens doit être entendu.»

Si les citoyens sentent qu’ils ne se font pas entendre, la grogne pourrait se transposer dans la rue, prévient le chef du PQ.

«Il y a un vieux dicton qui dit que si des voix ne se font pas entendre dans le parlement, là où des choses se décident, elles se font souvent entendre dans la rue.»

M. St-Pierre Plamondon s’inquiète davantage de la démobilisation que d’un soulèvement populaire, précise-t-il. «L’enjeu principal, c’est la démobilisation. Des gens qui n’écoutent plus, qui ne participent plus. C’est très mauvais pour notre tissu social parce que c’est aussi des liens qui ne se font plus.»

Lors de son mandat, le gouvernement de la CAQ a déposé un projet de loi qui incorporait un élément de proportionnalité régionale, mais en avril dernier, il a renoncé à le faire adopter.

Le premier ministre François Legault avait affirmé là aussi que la réforme du mode de scrutin n’était vraiment pas la priorité des citoyens et qu’il ne sentait pas d’appétit des Québécois pour une telle réforme, à l’exception de quelques «intellectuels».

Plus tard dans la journée de jeudi, M. Legault a ouvert la porte «à long terme» à l’adoption du scrutin proportionnel. Il a toutefois dit que le scrutin uninominal à un tour, qui favorise la Coalition avenir Québec (CAQ), avait ses avantages.

«C’est notre système qui malheureusement a des désavantages, mais a d’autres avantages sur la stabilité des gouvernements, la capacité de faire des changements qui sont nécessaires dans notre société.»

L’ouverture à long terme que fait miroiter M. Legault est des paroles en l’air, rétorque M. St-Pierre Plamondon lors d’une conférence de presse à Rimouski. «Il a renié sa parole. Il a renié sa promesse. On ne peut pas se fier sur ce qu’affirme François Legault.»

Un récent sondage Léger évoque un appui de 15% pour les conservateurs. La récolte du parti d’Éric Duhaime risque d’être grandement inférieure à leur appui populaire. Il est même possible que la formation ne parvienne pas à faire élire de députés.

Pour sa part, M. Duhaime ne s’engage pas à appuyer l’adoption d’un mode de scrutin proportionnel, même s’il estime que le système actuel crée des distorsions. «Je vais essayer de faire le contraire des autres, c’est-à-dire que je ne le promettrai pas, puis je vais le faire. Plutôt que de le promettre, puis de ne pas le faire», avait-il dit il y a quelques jours.

Même si le chef du PQ affirme qu’il est impossible que la formation souverainiste ne recueille que deux députés sur 125 sièges tandis «qu’il est le seul parti qui monte», la répartition du vote de la formation souverainiste pourrait amener un scénario où la formation est presque rayée de la carte, malgré un soutien populaire avoisinant les 15%, selon les plus récents sondages.

Questionné sur le sujet, M. St-Pierre Plamondon ne croit pas que la proportionnelle réduirait les chances d’obtenir un nombre de députés suffisant pour enclencher un processus référendaire. «C’est vrai que c’est un système qui demande davantage de collaboration et d’arrimage avec les autres partis, mais ce n’est pas une mauvaise chose.»

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