Frappe russe meurtrière à Krementchouk: les riverains démentent la présence d’une cible militaire

Publié le 28/06/2022 à 13:13

Frappe russe meurtrière à Krementchouk: les riverains démentent la présence d’une cible militaire

Publié le 28/06/2022 à 13:13

Par AFP

Vingt-quatre heures après l’attaque du centre commercial Amstor, les habitants du quartier restent sous le choc. (Photo : Getty Images)

Krementchouk, Ukraine — «Absurde»: les habitants de la ville ukrainienne de Krementchouk, voisins du centre commercial Amstor où une frappe russe a fait une vingtaine de morts et des dizaines de blessés et de disparus lundi, rejettent la version de l’armée russe qui affirme avoir frappé un entrepôt militaire voisin.

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«Nous avons entendu ça, c’est absurde. Quand on vit ici, je me demande comment on peut croire des choses pareilles qui relèvent de la pure invention», réagit Polina Pouchintseva qui habite au quatrième étage d’un immeuble situé en face du centre Amstor, lorsqu’on l’interroge sur la version de Moscou.

«À côté d’Amstor dans ce quartier il n’y a absolument aucune infrastructure militaire, rien du tout. Et derrière le centre commercial il y a un terrain de foot», dit une autre habitante du quartier, Antonina Choumilova.

L’armée russe a affirmé avoir frappé un entrepôt d’armes occidentales situé dans une usine d’engins de chantier voisine, dont l’incendie se serait propagé au centre commercial, lequel selon elle était désaffecté.

 

Pas trace de stock militaire

À une dizaine de minutes à pied d’Amstor se trouve bien une usine qui fabrique des engins de chantier. Elle a été visitée mardi par des journalistes de l’AFP, qui ont pu constater que l’établissement était intact et qu’on n’y voyait pas de matériel militaire.

Vingt-quatre heures après l’attaque, les habitants du quartier restent sous le choc.

«J’étais à la cuisine et j’ai entendu un boucan, les vitres ont volé en éclats», raconte Polina Pouchintseva.

Le bâtiment, dans cette ville du centre du pays à plus de 200 km de la ligne de front, a été en grande partie réduit à un amas de débris calcinés et de pans de murs noircis par la fumée. Quelques lettres vertes de son enseigne sont restées au sommet du toit avec des morceaux de plastique brûlé qui pendent.

La frappe de missile a embrasé et détruit le centre commercial à une heure où il était «très fréquenté», selon les autorités ukrainiennes.

«Tout a brûlé, vraiment tout, comme une étincelle. J’ai entendu des gens qui criaient, c’était horrible. Je connaissais des gens qui travaillent dans ce centre, mais ils ne sont plus là», raconte Mme Pouchintseva, encore bouleversée mardi.

«Je ne trouve pas les mots pour expliquer ça», dit-elle. «Ils tuent tout simplement des gens qui n’ont rien fait de mal».

 

«Deux explosions espacées d’une seconde»­

Quatre grues géantes sont installées sur le site pour lever des morceaux de structures métalliques. Le stationnement est occupé par des camions de pompiers, des véhicules de secours quelques camions de l’armée ukrainienne.

Les opérations de déblaiement ont été interrompues pendant plus d’une heure mardi lorsqu’ont retenti les sirènes d’alerte aux bombardements.

Antonina Choumilova observe ce qui se passe depuis son salon de beauté dont la porte vitrée a volé en éclats, dans une rue située juste en face du centre commercial.

Peu avant la frappe russe, raconte-t-elle, «il y a eu la sirène d’alerte aérienne, et dix minutes plus tard, deux explosions espacées d’une seconde».

Au moment des déflagrations, elle avait un client. Ils se sont précipités vers l’intérieur du salon et ont attendu un peu avant de sortir dans la rue, dit-elle.

«Au bout d’un quart d’heure, tout avait déjà brûlé et il y avait beaucoup de monde, c’est horrible», lâche-t-elle en évoquant les victimes.

Dans un incendie à de très hautes températures comme celui-ci, déclare à l’AFP le commandant des pompiers, Ivan Melekhovets, «vous n’avez aucune chance de survivre».

«Le plus dur, c’est de voir les cadavres, adultes, enfants», ajoute ce pompier qui a participé aux opérations de secours lundi. «Maintenant on s’active pour retrouver des gens qui sont portés disparus, entre 50 et 60", dit-il.

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