GES : le Québec en voie de rater ses cibles en 2030

Publié le 17/01/2020 à 11:00

GES : le Québec en voie de rater ses cibles en 2030

Publié le 17/01/2020 à 11:00

Par François Normand

Le quartier Côte-des-neiges à Montréal (Source photo: 123RF)

Si la tendance se maintient, le Québec ne pourra pas atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) en 2030, car la province n’arrive tout simplement pas à décarboner le secteur des transports.

Voilà la principale conclusion de l’État de l’énergie au Québec en 2020 (une étude annuelle) que la chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal publie ce vendredi matin, et dont les résultats seront décortiqués lors du Sommet énergie des Évévements Les Affaires le 21 janvier à Montréal.

La chercheure Johanne Whitmore et le professeur Pierre-Olivier Pineau à HEC Montréal ont travaillé pendant des mois sur cette étude d’une soixantaine de pages.

Ceux et celles qui pensent que le Québec est sur la bonne voie de la transition énergétique pour atteindre les objectifs de l’ONU afin de limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 degré Celcius par rapport au début de l'ère industrielle devront déchanter -la Terre s'est déjà réchauffée de 1 degré depuis le 19e siècle.

«Les tendances énergétiques québécoises actuelles ne sont pas rassurantes : malgré plusieurs initiatives notables (électrification des transports, développement de biocarburants ou projets d’électrolyseurs pour produire de l’hydrogène), le Québec continue d’accroître sa consommation de produits pétroliers», peut-on lire noir sur blanc dans le document.

Ce graphique tiré de l’étude de HEC Montréal montre l’enjeu auquel fait face le Québec, alors que l’humanité doit réduire de 45% ses émissions de GES d’ici 2030, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

La consommation de pétrole a bondi de 10%

De 2013 à 2018, le Québec a accru sa consommation de pétrole de 10%, après avoir pourtant réussi à la réduire quelques années auparavant. Cette situation tient en grande partie à la popularité grandissante des camions légers au Québec, qui consomment plus d’essence.

La croissance de la population québécoise n’est pas vraiment en cause, même si elle a augmenté d’environ 3% de 2013 à 2018, montrent les données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Car, comme le souligne l’étude de HEC Montréal, on observe toujours plus de véhicules par 1000 habitants, sans parler d’une plus grande proportion de camions légers.

En fait, les achats de voitures sont en recul aux quatre coins de la province.

En 2018, les camions légers et les voitures représentaient respectivement 64% et 33% des ventes totales des véhicules automobiles neufs au Québec, tandis que les voitures électriques représentaient seulement 3%.

Si la tendance de consommation observée de 2013 à 2018 se maintient, les ventes totales de pétrole auront ainsi augmenté de 32% d’ici 2030, préviennent Mme Whitmore et M.Pineau, tout en mettant en garde les décideurs politiques et économiques.

«Il n’est pas envisageable d’atteindre nos cibles énergétiques (consommation de produits pétroliers de −40 % par rapport à 2013) et climatiques (émissions de GES de −37,5 % par rapport à 1990) en suivant le cours normal des choses», écrivent les deux intellectuels.

Aussi, selon eux, le Québec doit effectuer un virage majeur d’ici 2030 «si nous voulons atteindre ces cibles énergétiques».

 

 


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