SNC-Lavalin coupe une centaine de postes un peu partout au Canada

Publié le 13/12/2018 à 16:13

SNC-Lavalin coupe une centaine de postes un peu partout au Canada

Publié le 13/12/2018 à 16:13

Des plans sur lesquels des outils de mesures sont déposés.

[Photo:123rf]

SNC-Lavalin élimine une centaine de postes au sein de son effectif canadien alors que parallèlement, l’avenir entourant le contrôle de la firme d’ingénierie québécoise fait l’objet de débats dans la sphère politique.


Selon la firme d’ingénierie, cette décision est attribuable à l’aboutissement de différents projets à l’échelle du pays. Aucun secteur d’activité n’a été visé en particulier. Les postes concernés ne se trouvent pas uniquement au siège social montréalais.


« Nous embauchons des employés selon les besoins de nos projets en cours et procédons à un ajustement lorsque ceux-ci se terminent. Cette stratégie est cruciale pour demeurer compétitifs », a indiqué par courriel un porte-parole, Nicolas Ryan.


Ces éliminations ne représentent toutefois qu’une faible proportion de l’effectif de SNC-Lavalin au Canada, qui compte quelque 8700 salariés.


Par ailleurs, la multinationale se prépare à ouvrir l’an prochain un nouveau bureau à Londres, la ville où se trouve son bureau principal européen, qui était auparavant le siège social de WS Atkins, acquise en 2017 au coût de 3,5 milliards $.


M. Ryan n’était pas en mesure de fournir de détails sur le rôle de ce nouveau bureau, mais il a indiqué qu’« aucun poste » du siège social montréalais n’était transféré vers le Vieux-Continent.


D’autre part, dans le cadre d’une entrevue accordée à la station 98,5 FM, jeudi, le premier ministre François Legault a signalé qu’Investissement Québec (IQ), le bras financier de l’État québécois, risquait de s’impliquer pour s’assurer de protéger l’entreprise d’une prise de contrôle étrangère.


« Je voudrais qu’à l’avenir, lorsque vient le temps de protéger des sièges sociaux, que le leader soit IQ », a-t-il dit au cours d’une entrevue accordée à l’animateur Paul Arcand.


Le quotidien La Presse a relevé cette semaine que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) qui était déjà le plus important actionnaire de la firme avait bonifié sa participation dans l’entreprise depuis le printemps, pour la porter à environ 20 %.


Ainsi, la mise du bas de laine des Québécois dans SNC-Lavalin est estimée à environ 1,6 milliard $.


SNC-Lavalin a vu le cours de son action fléchir cet automne après que les procureurs fédéraux eurent refusé de négocier un accord de réparation avec la société afin de mettre de côté les accusations criminelles qui pèsent sur elle.


Depuis le 10 octobre, date à laquelle la nouvelle a été annoncée, le cours de l’action de la firme d’ingénierie a abandonné environ 10 % à la Bourse de Toronto pour se négocier aux alentours de 46,90 $.


Certains analystes se demandent si la situation actuelle pourrait paver la voie à une vente d’actif chez SNC-Lavalin, à une transaction visant à fermer son capital ou rendre la compagnie vulnérable à une offre d’achat.


« Cela place (l’entreprise) dans une situation délicate, a dit M. Legault. Il n’y a pas d’actionnaire de contrôle. »


Celui-ci a récemment rencontré, en compagnie de son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, le président et chef de la direction du gestionnaire québécois de régimes de retraite, Michael Sabia. Mercredi, M. Fitzgibbon a reconnu en mêlée de presse à Québec que SNC-Lavalin était vulnérable à une prise de contrôle étrangère.


M. Legault a évoqué la possibilité que d’autres investisseurs soient sollicités pour s’assurer qu’il soit possible de bloquer une offre en provenance de l’étranger pour SNC-Lavalin.


La Gendarmerie royale du Canada avait déposé en 2015 des accusations de fraude et de corruption contre la multinationale pour des gestes qui auraient été posés en Libye. L’entreprise a plaidé non coupable dans le cadre des procédures judiciaires qui ont débuté et qui pourraient s’échelonner sur des années.


Si SNC-Lavalin était reconnue coupable, elle pourrait être écartée des appels d’offres fédéraux pour une période pouvant s’étirer jusqu’à 10 ans.


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