Le dealmaker

Publié le 01/02/1999 à 15:57, mis à jour le 02/04/2012 à 15:58

Le dealmaker

Publié le 01/02/1999 à 15:57, mis à jour le 02/04/2012 à 15:58

Par René Vézina

Depuis cet été, Guy Savard a ficelé trois des plus importantes transactions au Canada, totalisant 4 milliards de dollars. Portrait d'un financier de choc.

La scène se passe au restaurant Le Fouquet's, rue de la Montagne, juste avant Noël. Il est tard en soirée. J'ai finalement pu m'entretenir avec Guy Savard, vice-président du conseil de Merrill Lynch Canada et grand patron pour le Québec, qui vient de passer les dernières semaines à faire des allers-retours entre Montréal et Toronto pour ficeler la transaction entre Sun Media et Quebecor, son client.

À l'étage, une réception intime est donnée en l'honneur des 60 ans du premier ministre Lucien Bouchard. Au moment de partir, les invités à la fête aperçoivent Guy Savard et viennent le saluer; on reconnaît notamment André Caillé, président d'Hydro-Québec, André Bérard, président de la Banque Nationale, et Jean Lapierre, l'ancien député, devenu commentateur politique. Lucien Bouchard lui-même prend un instant pour lui parler amicalement. «C'est bon, Guy, l'affaire de Quebecor, tu as bien mené ça. C'est une belle percée en Ontario.» L'échange est d'autant plus intéressant que les deux hommes ne sont pas dans le même camp politique. Le gouvernement du Parti Québécois lui a même enlevé la présidence de la Caisse de dépôt et placement du Québec en 1995. André Bérard, qui observe la scène, ajoute avec un clin d'oeil à mon intention: «On reconnaît les grands de ce monde aux gens importants qui leur rendent hommage!»

Guy Savard sourit à la boutade, cependant bien heureux de cette rencontre impromptue avec Lucien Bouchard. «Vous voyez, nous ne sommes pas en mauvais termes. Au Québec, les positions sont moins tranchées qu'ailleurs. On finit toujours par se côtoyer. Il est important de maintenir de bons contacts.» Cela pourrait être sa devise. «Il y a quelques années, lors d'un voyage de pêche au Labrador, je me suis retrouvé en compagnie de l'ancien président George Bush. Je lui ai demandé comment on pouvait faire pour gérer un pays comme les États-Unis. Nous en avons parlé pendant trois jours. À ses yeux, au gouvernement comme ailleurs, ce sont les relations personnelles qui sont décisives. Il a tout à fait raison.»

Guy Savard a bien mérité qu'on le salue. En 1998, trois transactions milliardaires ont mis en cause des entreprises québécoises. Il était à chaque fois au coeur de l'action. Si Quebecor a pu acheter Sun Media, si Provigo s'est entendu avec Loblaw et si Domtar a pu mettre la main sur E.B. Eddy, c'est en bonne partie grâce à lui et à ses talents de négociateur. «Mon métier, c'est de faire arriver les choses et de trouver le meilleur deal pour mes clients», dit-il simplement. Il en sera hautement récompensé. À 56 ans, il vient de vivre l'épisode le plus fructueux de sa carrière.


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