Commission unique : le Médac déçu de l'attitude des banques québécoises

Publié le 17/06/2010 à 11:47

Commission unique : le Médac déçu de l'attitude des banques québécoises

Publié le 17/06/2010 à 11:47

Le président du Médac, Claude Béland, et son fondateur Yves Michaud. Photo : lesaffaires.com

Le président du Médac, Claude Béland, se dit déçu du comportement des banques québécoises qui agissent en faveur de la mise en place d’une commission pancanadienne des valeurs mobilières.

C’est le cas notamment de la Banque Laurentienne et de la Banque Nationale, deux institutions qui ont leur siège social dans la métropole du Québec et qui font aussi partie de l’Association des banquiers canadiens. L’organisme doit se prononcer en faveur du projet du gouvernement fédéral devant la Cour suprême.

Le Médac, à l’inverse, vient d’annoncer son intention de faire entendre sa voix devant la Cour suprême pour faire valoir la position contraire, à savoir la pertinence de conserver des autorités des marchés financiers distinctes dans chaque province.

«Évidemment, je suis déçu de l’attitude des banques québécoises, ça enlève du poids à la coalition québécoise qui se dessine pour contrer le projet fédéral. Ce que les juges pourraient penser, c’est que le Québec n’est pas si unanime à vouloir conserver son Autorité des marchés financiers», a mentionné M. Béland en entrevue à lesaffaires.com.

Pour le président du Médac, les banquiers québécois ont craint de faire des remous auprès de leurs confrères torontois et de froisser des clients à l’extérieur de la province.

M. Béland, qui est un ancien président du Mouvement coopératif Desjardins – la seule institution financière québécoise à s’être prononcée contre le projet fédéral –, veut pour sa part faire entendre la voix des petits investisseurs devant la Cour suprême, au regard de la question qui lui a été posée par le gouvernement fédéral et qui concerne essentiellement la constitutionnalité du projet.

«La majorité des plaintes déposées auprès des autorités des marchés financiers viennent de petits investisseurs. Si l’autorité des marchés financiers n’est pas collée sur leur réalité, ils pourraient bien ne pas déposer de plaintes», a-t-il dit craindre.

M. Béland espère piquer la curiosité de la Cour si le Médac obtient le droit de faire entendre sa position.

Derrière le projet fédéral, le président du Médac a dit reconnaître des intérêts surtout économiques. «C’est un peu surprenant de voir les banques canadiennes soutenir ce projet avec autant d’énergie, car personne dans le monde ne dit que nous n’avons pas un bon système», a-t-il dit.

Le Médac cite une étude de l’OCDE qui place le Canada au 2e rang en termes de qualité de la règlementation sur les valeurs mobilières. La Banque mondiale classe le Canada au 5e rang pour la protection des investisseurs.

Pour M. Béland, la dissolution de l’Autorité des marchés financiers du Québec, qui emploient quelque 500 personnes, aurait des effets désastreux sur l’expertise québécoise en matière de marchés financiers. «On va nous dire qu’on va garder un bureau à Montréal, mais ce sera une mentalité de succursale, pas une mentalité de siège social!» s’est-il insurgé.

 

 

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