Les mines d'or canadiennes plus compétitives grâce au huard

Publié le 02/01/2015 à 06:00

Les mines d'or canadiennes plus compétitives grâce au huard

Publié le 02/01/2015 à 06:00

Par Suzanne Dansereau

(Photo: Bloomberg)

Le prix de l’or a baissé en 2014. Mais le dollar canadien aussi. Et c’est ainsi que les mines aurifères situées au Canada ont dégagé des économies d’entre 10% et 15%, augmentant leur compétitivité par rapport aux minières dont les activités sont aux États-Unis.

Car leurs dépenses de production sont en dollars canadiens, tandis que leurs revenus sont en dollars américains.

«La devise canadienne, c’est ce qui nous sauve», explique Gaétan Morin, président de Métanor, dont la mine Bachelor est située à 220 kilomètres au nord de Val d’Or, en territoire cri. Si on était aux États-Unis on ne pourrait pas produire.»

Bachelor est une mine de petite taille, qui a produit près de 50 000 onces d’or en 2014. Ses coûts totaux s’élèvent à 1100$US l’once.

Selon M.Morin, la production d’une once d’or au prix de 1300$US en 2013 lorsque le huard était à parité avec le dollar américain lui coûtait plus cher que la production d’une once d’or au prix de 1200$US l’once en 2014 avec un dollar canadien valant 86 cents américains.

Chez Agnico-Eagle (Tor., AEM), le plus important producteur d’or au Québec, le vice-président des opérations Christian Provencher indique que la baisse du dollar canadien a permis à la minière de «réduire ses coûts et d’augmenter la taille de ses investissements au pays».

Agnico-Eagle est propriétaire des mines Lapa, Laronde, Goldex et Canadian Malartic (50%) au Québec, de même que Meadowbank au Nunavut. Elle détient aussi des mines au Mexique et en Finlande.

M. Provencher souligne que le recul du huard face à sa contrepartie américaine a permis à Agnico de réaliser des économies «de 10 à 15%» dans ses mines canadiennes, en plus d’économies de 15M$ découlant de la baisse du prix de l’essence.

Gains de productivité

«Le plus gros impact négatif pour nous a été lorsque le prix de l’or a chuté de 1800$US à 1300$US en 2013, avec un dollar élevé», explique-t-il.

La minière a annoncé à ce moment des réductions de dépenses de l’ordre de 50M$, lesquelles ont eu pour effet de ralentir les campagnes d’exploration. Agnico a aussi renégocié ses contrats avec ses fournisseurs, tout comme Métanor, dans le but de survivre à la baisse du prix de l’or.

À la suite de cet épisode, Agnico a réalisé d’importants gains de productivité. Et depuis, la dévaluation du huard ajoute de l’eau au moulin. «Nous avons commencé à réinvestir pour se préparer à l’avenir, lorsque le prix de l’or remontera», confie M. Provencher.

Agnico-Eagle a haussé deux fois depuis un an ses prévisions de production. Elle a produit 1,4 million d’onces d’or en 2014 et prévoit en extraire 1,6 million d’onces en 2015. Ses coûts totaux varient entre 750$US et 950$US l’once. Elle vient d’acheter une propriété au Mexique et vient de faire une découverte au Nunavut.

Au Québec, elle a augmenté la teneur et la production, en plus de reprendre l’exploration en 2014 à la mine Laronde. À la mine Goldex, elle a augmenté la cadence et démarré une rampe pour la zone Deep pour laquelle elle prévoit une étude économique vers la fin de 2015. Et à la mine Lapa, dont la fermeture est prévue en 2016, elle a commencé l’exploration sur une propriété voisine.

Quant à Métanor, il reste trois ans à la durée de vie de la mine, mais cette année, 90% des ressources ont été renouvelées.


image

Gestion agile

Mercredi 07 octobre


image

Adjointes administratives

Mercredi 14 octobre


image

Femmes Leaders

Mercredi 21 octobre

À la une

Québec serre la vis: trois régions passent en zone d'alerte orange

Trois régions se voient imposer de nouvelles restrictions: Québec, Montréal et Chaudières-Appalaches.

Voulons-nous vraiment vivre dans ce monde?

18/09/2020 | François Normand

ANALYSE - Cessons d'écouter ceux qui disent que le développement durable mine l'économie, car c'est faux: il la stimule.

La Bourse en pause comme la reprise?

BLOGUE. Deux stratèges ne perdent pas espoir que les chouchous techno passent le bâton aux bénéficiaires de la reprise.