Le patron d'une usine d'amiante condamné à 18 ans de prison

Publié le 04/06/2013 à 06:12, mis à jour le 04/06/2013 à 11:57

Le patron d'une usine d'amiante condamné à 18 ans de prison

Publié le 04/06/2013 à 06:12, mis à jour le 04/06/2013 à 11:57

Par Dominique Froment

Photo: Bloomberg

La nouvelle a fait le tour de l’Europe en moins de deux hier : un peu plus d’un an après sa condamnation en première instance à 16 ans de prison, le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, 66 ans, a vu sa peine alourdie à 18 ans par la Cour d'appel de Turin. En tant qu'ancien dirigeant d'Eternit, il a été jugé responsable de la mort de près de 3 000 personnes, employés ou voisins des usines italiennes de son groupe. En revanche, la cour d'appel de Turin a décidé d'abandonner les poursuites contre son principal associé, le baron belge Louis de Cartier de Marchienne, condamné à la même peine en février 2012, mais décédé depuis.

« C'est un grand message d'espoir lancé non seulement à notre pays, mais à tous les pays concernés », s'est félicité le procureur turinois Raffaele Guariniello. Ancien propriétaire du producteur d'amiante-ciment, Stephan Schmidheiny s'est vu reprocher d'avoir causé intentionnellement une «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» à travers sa filiale italienne, de 1976 à 1986.

La cour a également confirmé des infractions aux règles de la sécurité du travail dans les usines de produits à base d'amiante-ciment. L'industriel suisse, qui ne s’est pas présenté aux audiences, a été considéré comme responsable de ces délits aussi bien pour les établissements d'Eternit à Casale Monferrato, dans le Piémont, que pour ceux de Bagnoli, près de Naples, et de Rubiera, à Reggio d'Émilie.

Outre ces condamnations, la cour d'appel de Turin a accordé des dédommagements aux parties civiles, dont 31 millions d'euros pour la ville de Casale Monferrato, qui compte le plus de victimes, et 20 millions d'euros pour la région du Piémont.

Au cours du procès, les avocats de l'industriel suisse et du baron belge avaient tenté de démontrer leur absence de responsabilité directe dans la gestion de la filiale italienne, celle-ci ayant fait faillite en 1986, soit six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la Péninsule.

 

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