La CAQ veut «moderniser» les syndicats

Publié le 11/03/2014 à 11:18

La CAQ veut «moderniser» les syndicats

Publié le 11/03/2014 à 11:18

Par La Presse Canadienne

Après la modernisation de l'État, celle des syndicats: le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) estime que la culture de «l'intimidation», du «secret» et de la «contrainte» doit être évacuée du mouvement syndical.

Dans ses 100 premiers jours, un gouvernement caquiste adopterait trois mesures pour encadrer le fonctionnement des syndicats. François Legault estime qu'il est temps de moderniser le fonctionnement de ces organisations afin de «redorer leur blason».

Les regroupements de travailleurs devraient dorénavant divulguer publiquement leurs états financiers, car selon François Legault, "l'opacité" de leur gestion financière et de leur reddition de comptes n'est plus acceptable.

La CAQ juge également nécessaire de modifier le Code du travail afin d'instaurer le vote secret pour toute accréditation syndicale ou son maintien, une façon de faire qu'elle juge «dépassée».

Il est également question, dans le plan de match de la formation politique, d'empêcher les regroupements de travailleurs d'utiliser les cotisations prélevées par la formule Rand à d'autres fins que le financement "qui portent sur les relations de travail et la défense des travailleurs".

Pas question, par exemple, que les syndicats nolisent des autocars afin que leurs membres prennent part à des rassemblements politiques ou encore des manifestations, comme cela a été fait lors du printemps érable.

«Ça ne devrait pas être utilisé, les cotisations syndicales (...) pour préparer des manifestations sur les sujets autres que la négociation des conditions de travail», a insisté M. Legault lors de sa conférence de presse matinale dans un hôtel de Québec.

La définition de ce qui constitue une «activité politique» dans le dictionnaire caquiste demeure cependant floue.

Serait-il acceptable, par exemple, qu'un syndicat pige dans ses coffres pour contester un projet de loi qui, à son avis, met en péril les conditions de travail?

«Ça pourrait, à ce moment-là, être acceptable (...) Ça sera peut-être à définir de façon plus précise», a signalé le chef de la CAQ, précisant que le «gros bon sens» devrait primer.

Le chef caquiste a également refusé d'établir un lien entre ses propositions et celles mises de l'avant par le Réseau liberté Québec (RLQ), un regroupement nettement plus à droite sur l'échiquier politique.

Il est vrai que contrairement à la formation de François Legault, le mouvement qui a pris naissance à Québec prône l'abolition pure et simple de la formule Rand.

En revanche, deux de ses trois propositions - le vote secret et la divulgation des états financiers - figurent dans les propositions du RLQ en matière de réforme du code du travail.

Mais François Legault a tenu à s'en distancier: «Le réseau dont vous parlez est contre toute intervention de l'État (...) Je pense que les mesures (de la CAQ) sont raisonnables, qu'elles défendent l'intérêt et des syndiqués, et des citoyens».

Il a d'ailleurs pris bien soin, en tout début de sa conférence de presse, de rappeler que les syndicats avaient contribué à l'avancement de la société québécoise.

Lors de la dernière campagne électorale, en 2012, la grande majorité des organisations syndicales avaient exhorté leurs membres à ne pas voter pour la CAQ.

Le chef caquiste a plaidé qu'à titre de chef d'entreprise - il est fondateur de la compagnie aérienne Air Transat -, il avait toujours maintenu de bonnes relations de travail avec ses employés.

Il ne craint toutefois pas de s'attaquer à certaines vaches sacrées, contrairement aux «deux vieux partis».

«Je ne vais pas me mettre à genoux parce que j'ai peur de leur réaction. À un moment donné, là, il faut défendre l'intérêt commun», a-t-il fait valoir.

La caravane de la Coalition avenir Québec sillonnera mardi les routes de la Beauce doit rentrer à Québec en soirée.

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