L'industrie de la mort au Québec en pleine mutation


Édition du 01 Novembre 2014

L'industrie de la mort au Québec en pleine mutation


Édition du 01 Novembre 2014

Par Valérie Lessard

Alors que le nombre de décès dépassera d’ici 20 ans le nombre de naissances au Québec, l’industrie de la mort se prépare à accueillir une clientèle croissante. Mais pour l’instant, les salons funéraires sont surtout forcés de revoir leurs services afin de s’adapter aux changements de rites, comme en témoigne le « fast-food funéraire » par lequel les familles tentent à tout prix d’accélérer leur deuil et de passer à autre chose.

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Chaque année et depuis cinq ans, le nombre de décès fluctue autour de 60 000, mais « il augmentera de façon importante au cours des prochaines décennies […] conséquence de l’arrivée des générations du baby-boom aux âges de forte mortalité », a indiqué l’Institut de la statistique du Québec en septembre dans son récent rapport « Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2011-2060 ».

Selon les tendances des démographes, le Québec passera le cap symbolique des 100 000 décès en 2043. Dans plusieurs régions du Québec, le nombre de décès dépassera le nombre de naissances dès 2020, tandis qu’en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent et en Mauricie, c’est déjà chose faite. De manière générale, c’est en 2034 que le point de bascule sera atteint au Québec.

L’espérance de vie joue des tours

Dans l’industrie funéraire, on ne s’emballe pas trop face aux projections de décès des prochaines décennies. La Fédération des coopératives funéraires du Québec, qui regroupe 23 coopératives funéraires dans la province, reste prudente quand on évoque l’avenir florissant des entreprises liées à la mort. « Le boom de clientèle, ça se produit et ça ne se produit pas », explique le directeur général de la Fédération, Alain Leclerc. Selon lui, le vieillissement de la population commence à se faire sentir, mais pas de façon significative, notamment en raison de l’espérance de vie qui augmente. Le démographe de l’Institut de la statistique, François F. Payeur, abonde dans le même sens, faisant valoir que les données liées à l’espérance de vie réservent souvent des surprises. « Depuis longtemps, les démographes ont eu tendance à sous-estimer l’évolution de l’espérance future en raison de la constance inattendue des gains aux grands âges [imputables surtout au recul des maladies cardiovasculaires] », explique-t-il.

Par exemple, il y a une vingtaine d’années, les projections des décès pour 2011 avaient été établies à 67 000. En réalité, cette année-là, ce sont 60 000 personnes qui sont mortes au Québec. « Les hommes gagnent environ 4 mois par année depuis 1995-1997 et les femmes environ 2,2 mois, ce qui représente 8 heures par jour chez l’homme et près 4 heures chez la femme », illustre le démographe.

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