Le ménage n'est pas terminé dans les dépenses de Bombardier

Publié le 13/11/2018 à 13:50, mis à jour le 13/11/2018 à 15:43

Le ménage n'est pas terminé dans les dépenses de Bombardier

Publié le 13/11/2018 à 13:50, mis à jour le 13/11/2018 à 15:43

Le constructeur aéronautique et de matériel ferroviaire canadien Bombardier veut poursuivre la fabrication d’avions régionaux CRJ, le seul programme d’appareils de ligne qui lui reste, a indiqué mardi son PDG, Alain Bellemare. En dépit de l’élimination de 5000 emplois, dont 2500 au Québec, ainsi que la vente d’actifs, le président et chef de la direction de Bombardier insiste sur la nécessité de continuer à réduire la taille de l’entreprise.

Des questions sur l’avenir de ce programme ont surgi après l’annonce jeudi par Bombardier de la suppression de 5 000 emplois, soit 7 % des effectifs, avec la vente du programme du turbopropulseur Q400, faisant suite à la cession cet été de celui du moyen-courrier CSeries, devenu A220, à Airbus.

« La réponse donc aujourd’hui est que nous voulons garder cette gamme » d’avions régionaux de 75 à 100 places, a dit le PDG lors d’une conférence avec des analystes à Toronto. « Il n’y a que deux joueurs dans l’industrie » dans ce créneau, « Embraer et nous ».

« Nous nous concentrons actuellement sur l’augmentation du carnet de commandes de manière à avoir une vision à plus long terme sur cette gamme » d’avions, a-t-il ajouté.

Bombardier a vendu plus de 1 900 exemplaires du CRJ depuis le lancement du programme au début des années 1990. Les ventes ont cependant nettement diminué ces dernières années alors que le groupe se concentrait sur le développement du CSeries.

Avec seulement 56 CRJ au carnet de commandes à la fin du troisième trimestre, fin septembre, le programme de fabrication n’est cependant pas rentable, a souligné M. Bellemare. Le groupe examine donc ses « options stratégiques », mais n’exclut pas un « partenariat ».

« Ce que nous tentons de faire en ce moment, c’est d’augmenter le carnet de commandes pour que nous puissions ensuite travailler sur la chaine d’approvisionnement et réduire les coûts », a-t-il précisé.

« Plusieurs emplois sont rattachés à ce programme, il est bien intégré à notre système industriel, donc nous allons tenter de le faire fonctionner et nous verrons où cela nous mène », a ajouté le PDG.

Quelque 1 500 CRJ sont actuellement en service auprès de plus de 120 compagnies aériennes dans le monde, selon Bombardier, qui se concentre sur l’aviation d’affaires et le rail, son cœur de métier.

Un ménage dans le dépenses pas tout à fait complété

S’il brillait par son absence la veille à une rencontre convoquée à Montréal par le gouvernement Legault dans la foulée de la dernière restructuration de la multinationale, Alain Bellemare était à Toronto, mardi, afin d’échanger avec les investisseurs à propos de son plan de redressement qui doit culminer en 2020.

« Oui c’est difficile et plusieurs personnes n’aimeront pas cela, mais nous désirons être une organisation de classe mondiale et désirons être une référence en matière de revenu par employé », a-t-il dit, à l’occasion d’une conférence destinée aux investisseurs organisée par la Banque Scotia.

Sans aller jusqu’à dire que d’autres licenciements étaient prévus, M. Bellemare a clairement réitéré que son ménage n’était pas terminé.

L’ingénieur de formation n’a fourni aucun détail à propos des 2500 travailleurs affectés au Québec et des 500 autres qui perdront leur gagne-pain en Ontario au cours des 18 prochains mois, au moment où Bombardier se recentre davantage sur sa division ferroviaire et son secteur des jets d’affaires.

Depuis les annonces effectuées la semaine dernière, le grand patron de l’avionneur a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment en raison de son refus d’accorder des entrevues pour expliquer ses décisions.

« Nous avons annoncé une initiative majeure (visant à améliorer la productivité) dans toute l’organisation », a lancé M. Bellemare, en référence à ce qui a été annoncé jeudi dernier, en même temps que les résultats du troisième trimestre.

Le grand patron de l’entreprise a dit avoir participé, lundi, à une réunion du conseil d’administration de la société en commandite responsable du programme A220, anciennement la C Series, contrôlé par Airbus.


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