Le goût de la Russie dans les supermarchés montréalais

Publié le 18/06/2010 à 15:52

Le goût de la Russie dans les supermarchés montréalais

Publié le 18/06/2010 à 15:52

Par Carole Le Hirez

Au Québec, Montréal est la porte d’entrée de la majorité des immigrants. Pour bon nombre d’entre eux, le plus grand défi est de se trouver un emploi. Un défi encore plus important quand on est une femme.

Irina Malyavina et Viktoria Koulia, deux amies d'origine russe qui se sont connues à Montréal, ont créé leur propre emploi : offrir un plat typique de leur pays, les blinis, des crêpes farcies à la viande et au fromage qui sont introuvables en magasin. Au mois de mars, elles ont ouvert une boutique rue Pigeon, à LaSalle, où elles cuisinent leurs sept variétés de crêpes et les vendent.

Les entrepreneures ont bénéficié d'une aide de 110 000 $ de la corporation locale de développement économique. Leur entreprise, Manufacture Crepeblin, fait aussi partie de la première vague de projets soutenus par Investissement femmes Montréal (IFM), mis sur pied en 2008 pour répondre aux besoins spécifiques des entrepreneures montréalaises.

Mmes Malyavina et Koulia voient grand. Pour l'instant, leurs blinis congelés sont offerts dans de petites épiceries ethniques et dans certains IGA. Elles souhaitent élargir leur marché et discutent avec d'autres grands de l’alimentation.

Surmonter davantage d’obstacles

Près du tiers des dossiers soutenus par IFM concernent des immigrantes, et cette proportion devrait augmenter au cours des prochaines années, croit Élise Tessier, directrice de l'organisme. En effet, l’immigration croîtra partout au Québec au cours des prochaines années, comme le souhaite le gouvernement du Québec pour contrer le déclin démographique, particulièrement à Montréal, principale terre d’accueil. De plus, l'entrepreneuriat féminin est en pleine croissance dans tout le pays : plus de 200 % selon Statistique Canada par rapport à 37 % pour les hommes.

Dans la métropole, où le taux de création d'entreprises accuse du retard par rapport à Toronto ou à Vancouver, les femmes immigrantes pourraient aider à renverser la vapeur, à condition de recevoir le soutien approprié. Car elles doivent surmonter davantage d'obstacles pour réussir.

« Elles ont tendance à démarrer dans des créneaux très spécialisés. Et comme elles arrivent de l'étranger, elles n'ont souvent pas d'historique de crédit ni d'expérience de travail à présenter. Elles ont donc beaucoup de difficultés à emprunter », signale Mme Tessier.

La Conférence régionale des élus de Montréal a placé cet enjeu au cœur de son plan quinquennal 2005-2010. « Il faut mettre en place des structures de financement, mais aussi des clubs de réseautage spécifiques pour aider ces femmes », souligne la présidente, Manon Barbe. Si la croissance se poursuit à ce rythme, d'ici 10 ans, on pourra dénombrer autant de femmes que d’hommes à la tête d'une entreprise dans la métropole.

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