Tisser les textiles du futur

Publié le 11/06/2011 à 00:00, mis à jour le 09/06/2011 à 15:15

Tisser les textiles du futur

Publié le 11/06/2011 à 00:00, mis à jour le 09/06/2011 à 15:15

Vêtements à l'épreuve du feu, uniformes offrant une protection contre les balles aux militaires, carrosseries de camions en fibre de verre... Une quarantaine d'entreprises de la Montérégie-Est oeuvrent dans un milieu technologique très innovant : les matériaux souples avancés. Constitué d'anciennes entreprises de l'industrie des textiles, le secteur est maintenant très technologique.

" Dans le textile, on n'a pas eu le choix : on a dû se reconvertir ", rappelle Ghislain Bouchard, directeur général du Créneau des matériaux souples avancés au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE). Ce secteur bénéficie d'un plan stratégique visant à faire reconnaître, en 2015, la Montérégie comme un pôle d'excellence technologique.

JB Martin, par exemple, a produit du velours de 1934 à 2004 à Saint-Jean-sur-Richelieu. Aujourd'hui, elle est devenue l'un des fleurons québécois de la fabrication de composites et de matériaux de protection. Dans la même veine, Stedfast, implantée depuis 1930 à Granby, a commencé par être un fournisseur de l'industrie de la chaussure avant de devenir un chef de file dans le textile technologique, en habillant les soldats canadiens et britanniques ainsi que certains pompiers américains.

L'activité de ces entreprises consiste aujourd'hui à étudier les fibres naturelles pour créer des assemblages de plus en plus performants. " On met du tissu dans tout : les patins, les bâtons de hockey, les bâtiments ", explique Nicolas Juillard, président de JB Martin, qui emploie 60 personnes. " On utilise aussi le composite, un mélange de fibres et de plastique, pour renforcer des structures en béton exposées au risque sismique. "

Des secteurs prometteurs

Quatre secteurs sont particulièrement prometteurs : dans le domaine de la protection, on travaille sur des gants en microfibre qui permettraient d'éviter la contamination par du sang infecté. Dans le transport, on utilise la cellulose pour réduire le poids des équipements et le bruit. Certaines fibres pourraient remplacer des matériaux nocifs pour la santé, comme la laine de verre, dans le secteur de la construction. Dans le domaine médical, les applications sont nombreuses : on fabrique, par exemple, des veines en matériau synthétique pour les pontages.

" Pour durer, nous sommes condamnés à créer des produits innovants ", reconnaît M. Juillard. Son entreprise cherche notamment à utiliser le lin en l'intégrant dans des matériaux composites. Elle espère aussi pouvoir fournir la fibre de carbone utilisée dans les panneaux qui serviront à consolider une des bretelles en béton de l'échangeur Turcot.

Le secteur a le vent en poupe. Pourtant, il pourrait pâtir du manque de main-d'oeuvre et de relève, car il attire peu de jeunes. " Les gens ont encore en tête les suppressions d'emplois dans le textile, regrette Ghislain Bouchard. Il faut changer cette image. "

R-D

La proximité des universités montréalaises et du Centre des technologies textiles à Saint-Hyacinthe contribuent à faire de cette région un milieu propice à l'innovation.

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