Poutine et Erdogan parleront des mécanismes pour exporter les céréales ukrainiennes

Publié le 18/07/2022 à 10:17, mis à jour le 18/07/2022 à 10:20

Poutine et Erdogan parleront des mécanismes pour exporter les céréales ukrainiennes

Publié le 18/07/2022 à 10:17, mis à jour le 18/07/2022 à 10:20

Par AFP

(Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe toutes les dernières réactions au niveau international à propos de l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 18 juillet. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici. NDLR. Certains contenus sont explicites et peuvent être difficiles à lire. 

9h38 | Moscou — Les présidents russe et turc parleront mardi à Téhéran de mécanismes pour permettre les exportations de céréales d'Ukraine, bloquées dans ce pays par l'offensive militaire russe au risque de provoquer une crise alimentaire mondiale.

Des négociations impliquant Moscou, Kyiv, Ankara et l'ONU doivent avoir lieu dans les jours à venir en Turquie, après des avancées dans les pourparlers le 13 juillet.

«Premièrement, nous sommes prêts à continuer le travail dans cette direction, deuxièmement, cette thématique va être discutée par les présidents» Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, a indiqué lundi, selon les agences russes, le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, à la veille d'une rencontre entre les deux dirigeants en Iran.

Le ministère russe de la Défense avait indiqué vendredi qu'un «document final» sera prêt sous peu pour permettre l'exportation de céréales d'Ukraine.

Selon M. Ouchakov, un centre de coordination doit ouvrir aussi à Istanbul pour permettre ces exportations par la mer Noire.

L'accord négocié par l'intermédiaire de l'ONU vise à faire sortir par la mer Noire quelque 20 millions de tonnes de céréales bloquées dans des silos ukrainiens à cause de l'offensive menée par la Russie en Ukraine. 

Il doit aussi faciliter les exportations russes de céréales et d'engrais, affectées par les sanctions occidentales qui frappent les chaînes logistiques et financières russes.

Les produits agricoles russes et ukrainiens sont essentiels pour éviter que les crises alimentaires ne se multiplient dans le monde.

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a confirmé lundi qu'«un accord de principe (…) a été trouvé» avec l'Ukraine et la Russie pour l'établissement d'un couloir maritime sécurisé permettant le transport des céréales.

Selon une source officielle ayant requis l'anonymat, une nouvelle réunion pourrait se tenir «mercredi ou jeudi», après le sommet mardi en Iran des présidents russe, iranien et turc.

Lundi, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a estimé que la reprise des exportations de céréales depuis l'Ukraine était une «question de vie ou de mort» et a exprimé «l'espoir» qu'un accord soit trouvé cette semaine.

 

L'UE renforce son soutien à l'Ukraine et fait front contre Moscou

9h29 | Bruxelles — Armes, argent, sanctions: les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont réaffirmé lundi leur volonté de soutenir l'Ukraine et d'accroître la pression sur Moscou malgré la menace d'une rupture des livraisons de gaz russe.

«Certains dirigeants européens ont déclaré que les sanctions étaient une erreur, une faute. Je ne pense pas que ce soit une erreur, c'est ce que nous devons faire, et nous continuerons à le faire», a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, en réponse à des critiques du premier ministre hongrois, Viktor Orban.

«Reculer et se plier aux exigences de Vladimir Poutine ne fonctionnera pas, cela n'a jamais fonctionné. C'est un piège», a averti de son côté le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, dans une adresse à ses homologues européens réunis à Bruxelles.

«Retirer les sanctions serait fatal. C'est notre crédibilité qui est en jeu», a insisté le ministre luxembourgeois Jean Asselborn.

Viktor Orban avait dénoncé vendredi les sanctions européennes, y voyant «une erreur», car «elles n'ont pas atteint leur but, et ont même eu un effet contraire». «L'économie européenne s'est tiré une balle dans les poumons et est asphyxiée», avait-il affirmé.

«Les sanctions fonctionnent», soutient au contraire Josep Borrell. «Elles frappent durement Vladimir Poutine et ses complices, et leurs effets sur l'économie russe vont encore s'accroître», a-t-il soutenu dans un billet de blogue publié ce week-end.

Mais les dirigeants européens s'inquiètent de voir l'hostilité aux sanctions progresser dans l'opinion publique alors que les prix des carburants, du gaz et de l'électricité flambent en Europe.

La guerre menée par le Kremlin en Ukraine a des répercussions pour nos citoyens «confrontés à des prix très élevés des matières premières et de l'énergie», a reconnu la nouvelle ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib.

 

«La Russie veut nous démoraliser»

«Le véritable objectif de la Russie est la paupérisation de l'Europe. Poutine veut retourner l'opinion publique contre les gouvernements en place dans l'espoir de les remplacer par des forces radicales qui seraient plus favorables à la Russie», a dénoncé Dmytro Kouleba.

Moscou bloque les ports ukrainiens et a commencé à réduire ses livraisons de gaz aux pays de l'UE, dont certains comme l'Allemagne ou l'Italie sont très dépendants des approvisionnements russes.

«La Russie essaie de nous démoraliser», a accusé Anna Lührmann, la ministre allemande aux Affaires européennes, se distant prête à «toutes sortes de scénarios».

Berlin redoute la fermeture du gazoduc Nordstream, par lequel transitent un tiers des 153 milliards de m3 cubes de gaz achetés annuellement par l'UE. Le gazoduc est actuellement en maintenance.

L'UE cherche d'autres fournisseurs. Un accord va permettre le doublement des importations d’Azerbaïdjan «dans quelques années», a annoncé lundi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors d'un déplacement à Bakou. L’Azerbaïdjan a fourni 8 milliards de mètres cubes à l'UE en 2021.

La Russie bloque également l'exportation de quelque 20 millions de tonnes de céréales par l'Ukraine et «incendie les cultures du pays», a déploré Jean Asselborn. 

La Turquie et les Nations unies négocient un accord entre les deux belligérants. Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan aborderont le sujet lors d'une réunion prévue mardi à Téhéran.

La reprise des exportations de céréales depuis l'Ukraine est une «question de vie ou de mort» pour des dizaines de milliers de personnes, a insisté M. Borrell. Il a dit avoir «espoir» qu'un accord soit conclu.

Mais «nous avons des doutes quant à la bonne foi de la Russie», a reconnu un haut fonctionnaire européen.

À Bruxelles, les ministres européens ont plaidé lundi pour continuer de soutenir l'Ukraine économiquement, politiquement et avec des moyens militaires.

Ils ont donné leur accord politique aux nouvelles mesures présentées vendredi par la Commission, dont un embargo sur les achats d'or à la Russie, a annoncé la cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna.

Ils ont également approuvé le déblocage d'une cinquième tranche de 500 millions d'euros de la «Facilité européenne pour la paix» pour financer les équipements militaires et les armes fournies à l'Ukraine, a-t-elle précisé.

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