L'Europe cherche à blinder son pare-feu

Publié le 06/12/2011 à 17:37, mis à jour le 15/10/2013 à 14:38

L'Europe cherche à blinder son pare-feu

Publié le 06/12/2011 à 17:37, mis à jour le 15/10/2013 à 14:38

Par AFP

Les pays de la zone euro sont engagés dans d'intenses tractations en vue du sommet crucial de jeudi et vendredi pour trouver un moyen de renforcer leur Fonds de secours financier face à l'aggravation de la crise de la dette, ont indiqué mardi soir des sources diplomatiques.

Plusieurs options sont évoquées. L'une d'elles reviendrait à doter l'Union monétaire, pendant une phase temporaire, de deux dispositifs de soutien financier au lien d'un seul aujourd'hui, le Fonds de stabilité financière (FESF), selon les sources.

Concrètement, il s'agirait de maintenir ce FESF en activité lorsque le dispositif permanent qui doit lui succéder sans doute dès l'an prochain, le Mécanisme de stabilité européen (MES), entrera en vigueur. Alors qu'en principe il est censé disparaître à ce moment là.

"Il y a des discussions à ce sujet entre les ministères des Finances de la zone euro et entre sherpas", les conseillers des chefs d'Etat et de gouvernements européens chargés de préparer le sommet de jeudi et vendredi consacré à la crise dans la zone euro, a indiqué à l'AFP un diplomate impliqué de près dans les discussions.

Il confirmait ainsi en partie des informations publiées dans la soirée par le quotidien britannique Financial Times.

Il n'est nullement certain toutefois que cette proposition rassemble une majorité suffisante d'États.

Doté au départ d'une capacité de prêts de 440 milliards d'euros, le FESF ne dispose plus que de 250 milliards d'euros de ressources disponibles en raison d'engagements déjà pris pour aider la Grèce, le Portugal ou l'Irlande. La zone euro pensait pouvoir démultiplier sa puissance de feu à 1.000 milliards d'euros mais la situation tendue sur les marchés obligataires l'a contrainte de revoir ses ambitions en baisse. Les Pays-Bas ne tablent plus que sur un doublement de sa capacité d'intervention.

Le MES doit lui être doté en principe d'une capacité de prêts de 500 milliards d'euros. Un cumul des deux pourrait donc revenir à nettement accroître le filet de sécurité de la zone euro.

Une autre source proche des discussions indique que l'option du cumul des deux dispositifs a déjà été testée il y a déjà plusieurs semaines avant d'être provisoirement abandonnée en raison d'obstacles juridiques et politiques. Mais il n'est pas exclu qu'elle refasse surface compte tenu de l'aggravation de la crise, selon elle.

"Comme on ne parviendra pas à atteindre l'objectif initial du renforcement du FESF, il faut envisager d'autres solution pour rassurer les marchés", explique-t-elle.

Une autre idée à l'étude, moins ambitieuse, consisterait à faire en sorte de renflouer le MES lorsqu'il entrera en action pour s'assurer qu'il dispose bien de 500 milliards d'euros de base de départ, et qu'ils ne se contente pas de reprendre l'argent limité encore disponible à ce moment là dans le pot du FESF, selon une source diplomatique.

Ce point figure en toute lettre comme "possibilité" à examiner lors du sommet, dans un projet de document transmis mardi par les présidents de l'UE et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, aux différents gouvernements de l'UE.

Ils y suggèrent une hypothèse supplémentaire: celle de transformer le MES en établissement bancaire. Ce qui, potentiellement, pourrait un jour lui donner la possibilité de se refinancer au guichet de la Banque centrale européenne, si cette dernière l'accepte comme "contrepartie". Une idée soutenue par la France mais rejetée toutefois par l'Allemagne.

Une chose est sûre, le sommet de la fin de la semaine ne pourra se contenter de parler de renforcement de la discipline budgétaire ou de changements de traités pour rassurer les marchés. "Les marchés n'en ont rien à faire de ces changements de traité car c'est du long terme. Le seul élément important pour eux c'est l'argent et là il faut que nous soyons convaincants", souligne une source européenne.

 

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