Crise économique : une erreur de comparer l'Espagne à la Grèce

Publié le 04/06/2010 à 12:33

Crise économique : une erreur de comparer l'Espagne à la Grèce

Publié le 04/06/2010 à 12:33

Photo : Ognian Gueorguiev. Eudaldo Mirapeix lors de la conférence le 1 juin 2010, à l'hôtel Sofitel.

L’Espagne n’aura pas besoin d’un plan de relance économique, croit fermement l’ambassadeur espagnol au Canada, Eudaldo Mirapeix. « Il n’est pas juste de comparer les difficultés économiques de l’Espagne à celles de la Grèce. Même le président espagnol a qualifié cette comparaison de ridicule. L’Espagne ne sera pas le prochain domino à tomber », renchérit-il.
 

« Le déficit espagnol croît à un rythme alarmant, mais la dette de l’Espagne n’est pas si énorme si on la compare à d’autres pays de l’Union européenne. La structure et la résilience de l’économie espagnole sont remarquables. Une crise comme celle-ci ne va donc pas faire écrouler tout le système. Ce n’est pas pour manquer de respect envers les Grecs, mais il n’est vraiment pas juste de les comparer », a-t-il dit lors d’une entrevue accordée à lesaffaires.export à la suite d’une conférence organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) le 1er juin 2010.
 

Il est vrai que l’Espagne peut se consoler en se comparant à la Grèce, ajoute Francis Généreux, économiste principal au Mouvement Desjardins, mais pas si elle se compare à d’autres pays dans la zone européenne.

« L’Espagne n’a pas les mêmes problèmes que la Grèce et le gouvernement a déjà mis en place des mesures budgétaires pour y faire face. » La turbulence actuelle dans l’économie espagnole aura-t-elle des conséquences pour les exportateurs québécois qui font des affaires dans ce marché ? « Les exportateurs québécois devront s’assurer d’avoir d’autres avenues. Il ne faut pas s’attendre à une forte croissance de l’économie espagnole et de nos exportations vers l’Espagne. Mais nos exportations vers l’Espagne ne comptent que pour 0,3 %, alors ce n’est pas si inquiétant », explique M. Généreux.

La construction exagérée depuis les dernières années

L’Espagne devra notamment apporter des changements dans le secteur de la construction, estime M. Mirapeix. « La construction a été exagérée en Espagne. Je crois même qu’en 2006, il y avait autant de permis de nouvelles constructions qu’au Royaume-Uni et qu’en France. »
 

Le gouvernement espagnol devra ainsi introduire de nouvelles mesures et réduire le poids de l’industrie, laquelle prenait trop de place dans l’économie. Le problème est que beaucoup d’immigrants travaillent dans le secteur de la construction et plusieurs se retrouvent au chômage, renchérit-il. Pour réduire ce fardeau, l’Espagne a mis en place des programmes pour inciter ces personnes à retourner dans leur pays d’origine, explique l’ambassadeur. À 19 %, l’Espagne souffre du plus haut taux de chômage européen… après la Lettonie. « Le problème est que l’Espagne est un pays très peu productif », ajoute Francis Généreux. « C’est pourquoi le taux de chômage est si élevé. »

Négociations d’un accord économique entre l’Union européenne et le Canada toujours en cours
 

L’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne prendra encore une autre année de négociations, a rappelé M. Mirapeix.

M. Mirapeix a d’ailleurs longuement discuté avec Pierre-Marc Johnson, négociateur en chef pour le Québec, lors de la conférence du CORIM. Mais un accord économique entre l’Union européenne et le Canada ne fera pas nécessairement en sorte que l’Espagne prendra plus d’importance pour les exportateurs canadiens, souligne Francis Généreux.

Les négociations pour cet accord, débuté en 2009, pourraient se conclurent à l’été 2011, selon ce qu’a récemment dit M. Johnson au journal Les Affaires.


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