Pour et contre des stratégies de décaissement pendant la retraite

Publié le 20/05/2016 à 10:26, mis à jour le 23/05/2016 à 17:09

Pour et contre des stratégies de décaissement pendant la retraite

Publié le 20/05/2016 à 10:26, mis à jour le 23/05/2016 à 17:09

Les retraités sont souvent obsédés par la création de revenus à partir de leur portefeuille, et confondent ainsi leur besoin de remplacer le revenu qu'ils gagnaient jadis et le besoin d'investir leur portefeuille entier dans des titres producteurs de revenu. Ce phénomène a probablement ses racines dans un environnement passé où les rendements obligataires étaient plus élevés et où de nombreux retraités pouvaient facilement générer de leur portefeuille l'argent liquide dont ils avaient besoin, rien qu'à partir des marchés monétaires et des obligations.

Et pourtant, même si vivre du revenu de son portefeuille et ne jamais toucher le capital semble attirant, ce n'est pas la seule façon (ou même nécessairement la meilleure) d'extraire de l'argent liquide d'un portefeuille de retraite. Parce qu'il existe plusieurs moyen d'accomplir cette tâche, la terminologie que je préconise est « flux de retraite » plutôt que le « revenu de retraite » plus restrictif.

Au cours de certaines années, comme celles que nous avons connues cette décennie, vendre des titres fortement appréciés est sans doute une façon encore plus défendable de faire face aux frais de subsistance que se battre pour les rendements. Voici un aperçu de certaines stratégies essentielles de création de flux de trésorerie à partir d'un portefeuille de retraite. Il n'y a pas de « bonne » façon de le faire, et j'ai donc fait une description de chaque stratégie, et du pour et du contre de chacune.

L'approche de portefeuille « revenu seulement »

Selon cette stratégie, un retraité subsiste sur le revenu provenant de ses avoirs liquides et des obligations et actions qu'il détient.

Le pour : Parce qu'elle n'implique pas de puiser dans le capital, cette approche permet de s'assurer qu'un retraité ne va pas survivre à ses actifs; il peut aussi rester un capital pour les héritiers ou pour les folies qu'on se permet après le départ à la retraite.

Le contre : Du point de vue du train de vie, la plupart des retraités préfèrent généralement un flux de revenu prévisible, comme c'était le cas quand ils touchaient un salaire. Voilà pourquoi des consignes de dépenses comme la règle des 4 % présument qu'un retraité préférerait un retrait du même montant chaque année, ajusté selon l'inflation. Mais en ne se fiant qu'aux distributions de revenu pour faire face aux dépenses courantes, un retraité est susceptible de découvrir que ces flux de revenus sont marqués par l'environnement de rendements qui prévaut. De plus, vu la conjoncture actuelle de faibles rendements, les titres en portefeuille générant un revenu peuvent avoir des difficultés à procurer un rendement vivable à plusieurs périodes (maintenant, par exemple), laissant le retraité sans autre choix que de retirer le capital ou investir beaucoup d'argent dans des titres à rendement plus élevé mais aussi à risque plus élevé. Plus le portefeuille axé sur le revenu est risqué, plus le retraité risque de perdre de l'argent au cours de sa période de détention.

L'approche « réinvestir et rééquilibrer »

Selon cette stratégie, un retraité réinvestira tous ses revenus, dividendes et gains en capital dans ses avoirs. Le retraité peut ensuite procéder à un rééquilibrage régulier, élaguant périodiquement les avoirs qui se sont le mieux comportés, que ce soient les actions ou les obligations, pour réaligner les participations du portefeuille aux diverses catégories d'actifs sur ses cibles originelles. (Ces cibles peuvent graduellement devenir plus prudentes avec le temps, selon la courbe de progression que le retraité utilise dans sa répartition d'actifs.)

Le pour : Le gros avantage de l'approche de rendement totale, par opposition à une stratégie axée sur le revenu, est qu'elle dépend fortement des fluctuations et des évaluations du marché, forçant l'investisseur à vendre régulièrement des actifs qui se sont appréciés tout en laissant en place les actifs qui se sont sous-classés, ou même en les étoffant. Un investisseur appliquant cette stratégie en marché baissier, par exemple, se serait retrouvé à élaguer ses avoirs obligataires de haute qualité pour faire face aux dépenses courantes (ou pour remplir son segment de liquidités -- le segment numéro un), laissant potentiellement intacts ses actifs en actions sous-évaluées. Plus récemment, l'investisseur aurait dû vendre des actions pour faire face aux dépenses courantes ou remplir le segment numéro un.

Le contre : Le rééquilibrage peut trop souvent inciter un retraité à réduire prématurément une catégorie d'actifs, réduisant ainsi le potentiel de rendement total du portefeuille. Cela préconise de conserver deux à trois ans au moins de frais de subsistance dans un segment liquide (le segment numéro 1), donnant par là même au retraité une plus grande discrétion sur le moment où il peut vendre des actifs pour rééquilibrer.

L'approche « revenu et rééquilibrage »

Selon cette stratégie, un retraité s'en remet à la fois aux distributions de revenu et au rééquilibrage pour faire face aux dépenses courantes. Les distributions de revenu provenant d'avoirs liquides, d'obligations et d'actions à dividendes sont dépensées (ou transférées au segment numéro un). Si ces distributions ne suffisent pas, le retraité peut se tourner vers un rééquilibrage du produit pour pourvoir à des besoins supplémentaires d'argent liquide.

Le pour : En se fiant partiellement aux distributions du revenu courant, cette approche fournit la base du revenu nécessaire pour les frais de subsistance. Ces distributions de revenu peuvent aussi tendre à la hausse en période de détresse boursière, les rendements évoluant souvent en direction inverse des prix. Ce revenu supplémentaire pourrait lui-même aider le retraité à éviter de puiser dans son capital pendant une chute boursière, tout en procurant une précieuse tranquillité d'esprit.

Le contre : Parce que les distributions de revenu et de dividendes ne sont pas réinvesties, le potentiel de rendement total du portefeuille à long terme peut être inférieur à celui de l'approche « Réinvestir et rééquilibrer ».

Les rentes

Alors que les stratégies précédentes ont toutes à voir avec l'extraction d'un flux de liquidités d'un portefeuille, une rente est une toute autre entité. Avec le type de rente le plus ordinaire, une rente immédiate à prime unique, l'acheteur reçoit un flux de revenu à vie en échange d'une somme donnée.

Le pour : De nombreuses rentes sont fixées pour fournir un flux de revenu à vie, ce que les produits de placement traditionnels n'offrent pas. Ce revenu garanti à vie peut être particulièrement séduisant pour les individus qui n'ont pas de pension. Et parce que les rentes mettent en commun le risque lié à la longévité (c'est-à-dire que les actifs de ceux qui décèdent prématurément restent dans la tirelire), cela tend à gonfler leurs versements par rapport aux placements.

Le contre : Le gros inconvénient d'une rente quelle qu'elle soit est la perte de liquidité : des actifs qui étaient autrefois sous le contrôle du retraité ne sont plus accessibles pour être dépensés. De nombreux types de rentes s'accompagnent aussi de coûts élevés, qui peuvent éroder au moins une partie de leurs avantages. La solvabilité de l'assureur est elle aussi un facteur de risque. Enfin, les versements des types de rentes les plus communs sont plus ou moins indexés sur les taux d'intérêt en vigueur, et les versements sont donc actuellement faibles par rapport aux normes historiques.


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