Quand la vente de votre entreprise change vos plans de retraite

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Octobre 2019

Quand la vente de votre entreprise change vos plans de retraite

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Édition du 26 Octobre 2019

Par Siham Lebiad

Marie et ­Pierre travaillent dur depuis plus de 15 ans pour faire de leur entreprise en hôtellerie un succès. Récemment, un acheteur potentiel s’est manifesté. (Photo: 123RF)

CLINIQUE RETRAITE. Comment réagit-on quand on sait, à 51 ans, qu'on peut partir à la retraite quand on veut, et ce, très confortablement ? «Ça permet de rêver», répond Marie, propriétaire avec son conjoint, Pierre, d'une entreprise spécialisée dans l'hôtellerie.

Depuis 16 ans, Marie et Pierre travaillent de longues heures pour faire de leur entreprise un succès, pari qu'ils ont réussi. L'idée d'arrêter n'avait jamais effleuré l'esprit des deux entrepreneurs, mais, quand un investisseur a manifesté son intérêt à racheter leur entreprise, ils se sont demandé s'il serait possible de prendre leur retraite dès maintenant.

Nous avons soumis leur cas à Maxime Lamoureux et à François Deschamps, respectivement planificateur financier et conseiller en sécurité financière chez IG Gestion Privée de Patrimoine. La réponse : Ils peuvent arrêter dès janvier 2020 et maintenir leur rythme de vie de 3 350 $ par mois, en plus de se permettre un budget de vacances d'au moins 15 000 $ par année. «On savait déjà un peu qu'on en avait les moyens, mais on avait besoin d'être rassurés», confie Pierre, visiblement ravi.

Un beau montant

S'il décidait de vendre son entreprise en janvier 2020, le couple estime qu'il pourrait toucher un joli montant d'un peu plus de 1,1 million de dollars. En tenant compte du capital investi de 175 000 $ et de l'exonération du gain en capital sur la vente d'une petite entreprise (848 252 $), les propriétaires pourraient se retrouver avec un peu plus de 1 M $ après impôt. À part les 32 000 $ pouvant être mis dans leurs comptes d'épargne libres d'impôts (CELI) respectifs, ces sommes seront mises dans un compte non enregistré.

Marie et Pierre possèdent également une maison en banlieue ainsi qu'un condo en ville. Ils se demandent s'il vaut mieux rembourser l'hypothèque de 158 000 $ sur la maison dès la vente de l'entreprise. «Rembourser l'hypothèque ou ne pas la rembourser revient un peu au même pour eux. Le taux d'intérêt sur l'hypothèque est autour de 3 % et le placement rapporterait 3 % ; c'est donc un jeu à somme nulle», explique M. Deschamps.

En ce qui concerne ses épargnes, le couple n'aurait plus grand intérêt à cotiser au régime enregistré d'épargne-retraite (REER). Avec un CELI combiné de 85 730 $, un REER combiné de 89 360 $ et un compte de retraite immobilisé (CRI) appartenant à Marie de 68 420 $, l'épargne du couple s'élève à près de 243 510 $ en plus des montants tirés de la vente de l'entreprise.

Le décaissement

Les premiers comptes qui seront décaissés sont les REER et le CRI. Après avoir transféré le CRI dans un fonds de revenu viager (FRV) à l'âge de 55 ans, Marie aura droit à un revenu temporaire de 22 960 $ par année, qui lui permettrait d'encaisser la totalité de son CRI en deux ans, plutôt que d'être obligée de l'échelonner jusqu'à la fin de sa vie si elle commence à encaisser après l'âge de 64 ans.

«L'idée, avec les CRI et FRV, est de s'en servir avant 65 ans, parce qu'après cet âge, on n'a plus droit au revenu temporaire et on est pris avec un plafond qui est autour de 7 %. Généralement, dans les plans de retraite, le CRI est le premier compte qu'on décaisse selon le profil d'imposition du client», explique M. Lamoureux.

En plus des retraits de régimes de retraite personnels, Marie et Pierre ont droit à une rente du Régime de rentes du Québec (RRQ), qu'ils peuvent commencer à recevoir à l'âge de 60 ans, mais M. Lamoureux rappelle qu'il est toujours préférable de retarder la RRQ au moins jusqu'à 65 ans. À cet âge, ils commenceront à percevoir aussi une pension sécurité vieillesse (PSV) de 607 $, qu'il ne vaut pas la peine de reporter, dans leur cas.

«Les seuls cas où nous recommandons de repousser la PSV sont ceux où les revenus excèdent le seuil de récupération, qui est de 77 580 $ en 2019, et où on s'attend à ce que les revenus diminuent un peu plus tard», précise M. Lamoureux.

Comme le couple ne veut pas prendre de risque avec son argent, le conseiller a utilisé un taux de rendement de 3 %, qui correspond à un profil prudent à modéré. Les placements privilégiés seraient majoritairement des fonds communs de placement avec une allocation maximale en actions de 30 % à 40 %. Le reste serait investi en titres à revenu fixe.

En prenant en compte un taux d'inflation de 2 %, il arrive à la conclusion qu'à ce rythme, le couple n'épuisera jamais ses ressources. À l'âge de 95 ans, Marie et Pierre auraient encore 1,05 M $ brut.

L'idée de prendre leur retraite en 2020 plaît aux entrepreneurs, mais ils ne sont pas sûrs de vouloir arrêter complètement tout de suite. Ayant déjà occupé d'autres postes avant de lancer leur entreprise, ils n'écarteraient pas la possibilité d'y retourner, en ne faisant pas plus que de 25 à 30 heures par semaines, des «petites semaines de travail», selon eux. Cependant, ils se donnent une fenêtre de deux à quatre ans avant de prendre définitivement leur retraite. À ce moment, ils devront réviser leur plan de retraite, mais seulement pour savoir combien ils pourront dépenser de plus.

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