Hypothèque ou REER? Comment tirer le maximum d'un surplus d'argent

Publié le 10/05/2022 à 14:24

Hypothèque ou REER? Comment tirer le maximum d'un surplus d'argent

Publié le 10/05/2022 à 14:24

Par La Presse Canadienne

La question de savoir s’il vaut mieux épargner pour la retraite ou rembourser une dette hypothécaire est l’une des questions les plus posées par les propriétaires. (Photo: La Presse Canadienne)

Jennifer Woodfine se demande constamment si elle devrait utiliser son argent supplémentaire pour rembourser son hypothèque plus rapidement ou l’investir plutôt dans l’épargne-retraite.

«La question que je me pose souvent est la suivante: si je mets de côté 10 000$ par an pour ma retraite, mais que je paie plus de 10 000 $ par an en intérêts sur mon hypothèque, est-ce que je ferais mieux de mettre ces 10 000$ sur mon hypothèque pour la rembourser plus rapidement, et ensuite, une fois l’hypothèque remboursée, augmenter mes cotisations de retraite de façon exponentielle?» explique Jennifer Woodfine.

La gestionnaire de projet de 35 ans, qui vit à Hamilton avec son mari et ses deux filles, a investi ses rentrées d’argent excédentaires dans son régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Son mari cotise à hauteur de 4000$ par année à un REER et elle y place 6000 $ par année par l’entremise d’un programme de ventes d’actions aux employés. Ils ont tous deux adopté cette habitude à un jeune âge, à 15 ans dans le cas de Jennifer Woodfine.

«On nous a toujours appris à cotiser aux REER pour la planification de la retraite et l’avantage fiscal. Mes actions d’employée sont bonifiées de 60% (par l’employeur), donc je considère que c’est non négociable», précise-t-elle. Jennifer Woodfine met également de l’argent dans des régimes enregistrés d’épargne-études (REEE) pour les études de ses enfants.

La question de savoir s’il vaut mieux épargner pour la retraite ou rembourser une dette hypothécaire est l’une des questions les plus posées par les propriétaires disposant de liquidités supplémentaires, observe Ron Haik, conseiller en patrimoine et directeur des relations avec la clientèle de la firme Nicola Wealth, à Toronto.

Pour les propriétaires en mesure de choisir soit de rembourser une hypothèque plus rapidement, soit de financer davantage un régime de retraite, Ron Haik estime que le premier objectif devrait être de maximiser ses cotisations à un REER, dans le but d’utiliser la déduction fiscale pour rembourser son hypothèque.

En utilisant ses pleins droits de cotisation à un REER, on profite à la fois de la déduction fiscale pour la cotisation et de la croissance à imposition différée sur ses placements, puisque ceux-ci ne sont pas assujettis à l’impôt avant que l’on commence à en retirer de l’argent.

Cette stratégie ne fonctionne que si on utilise le remboursement d’impôt pour rembourser sa dette hypothécaire non déductible. Contrairement aux États-Unis, les intérêts payés sur la dette hypothécaire pour les résidences principales ne sont généralement pas déductibles d’impôt au Canada.

Pour ceux à qui il reste de l’argent supplémentaire après avoir maximisé leur REER et remboursé leur dette hypothécaire avec leur remboursement, Ron Haik recommande de répartir l’argent supplémentaire entre un remboursement supplémentaire de l’hypothèque et la maximisation de leurs cotisations au compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

Les propriétaires devraient vérifier si leur contrat hypothécaire permet des paiements forfaitaires ou un doublement des paiements, qui contribuent au remboursement du capital pour aider à rembourser l’hypothèque plus rapidement.

«La plupart (des contrats) permettent de payer jusqu’à 15% ou 20% de la valeur de l’hypothèque au cours d’une année sans pénalité», explique-t-il.

La manœuvre de Smith

Ron Haik souligne qu’il existe également une autre stratégie, appelée la manœuvre de Smith, que les propriétaires peuvent utiliser pour aider à rembourser l’hypothèque tout en épargnant pour l’avenir.

La manœuvre de Smith permet de convertir une dette hypothécaire non déductible en dette déductible. Il faut d’abord rembourser une partie de l’hypothèque, puis emprunter le montant du capital qui a été remboursé afin de pouvoir l’investir. Les investissements devront être supérieurs au coût d’emprunt pour générer des revenus supplémentaires, qui seront utilisés pour rembourser davantage la dette hypothécaire, explique-t-il.

Cette technique n’est pas pour tout le monde. Pour réaliser la manœuvre de Smith, on doit être à l’aise avec l’effet de levier, avoir un plan auquel on peut s’en tenir lorsque les marchés sont volatils et avoir une certaine flexibilité dans ses flux de trésorerie, souligne Ron Haik.

On doit également être doué pour la tenue de registres, car il faut séparer les paiements qu’on effectue sur le prêt hypothécaire des paiements qu’on effectue sur le prêt à l’investissement.

De plus, il faut avoir un plan B au cas où on déciderait de déménager, ou si la valeur de la maison devait baisser. Mais généralement, si on investit correctement, conclut-il, le portefeuille devrait au moins couvrir le prêt.

L’avantage de la manœuvre de Smith réside dans le fait qu’on peut ainsi construire un important portefeuille d’investissement tout en remboursant son hypothèque, fait-il valoir.

On peut rembourser son prêt hypothécaire non déductible plus rapidement, selon le rendement de son portefeuille par rapport au coût d’emprunt.

Cette accélération peut être importante. Elle pourrait se traduire par une réduction de huit ans des versements hypothécaires par rapport à un calendrier d’amortissement standard, tout dépendant des taux de rendement et des taux d’intérêt, précise-t-il.

Cependant, Ron Haik ne recommande pas aux propriétaires d’essayer la manœuvre de Smith par eux-mêmes. Il conseille fortement de ne poursuivre cette stratégie qu’avec les conseils et l’examen régulier d’un conseiller financier.

 

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