L'art de lire un rapport annuel

Publié le 13/03/2015 à 09:00

L'art de lire un rapport annuel

Publié le 13/03/2015 à 09:00

Tout investisseur novice qui souhaite acheter des actions de sociétés se bute au même problème : le charabia des rapports annuels et autres états financiers des entreprises. Faire parler les chiffres est plus aisé si l'on sait où traquer les dangers. Voici 6 pistes à explorer.

1. Ventes. C'est la base de l'analyse. Les ventes sont-elles en hausse ou en baisse ? Cet élément simple est essentiel pour comprendre les tendances de la compagnie. « Quand on regarde des états financiers, il faut découvrir l'histoire derrière les chiffres », lance d'entrée de jeu la présidente de M.O.T. Stratégie, Louise Hurtubise. Celle qui donne des formations sur la lecture d'états financiers insiste : il faut jouer à l'enfant et demander pourquoi, toujours pourquoi.

2. Rentabilité. Pour évaluer si une entreprise est rentable, il faut calculer le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA), soit son cœur réel. Attention : la rentabilité n'est pas synonyme de bon investissement. Une entreprise peut être rentable et se trouver en faillite pour cause de mauvaise gestion !

3. Liquidités. C'est le nerf de la guerre. « Une piètre rentabilité, c'est comme si tu es malade : tu peux guérir, illustre Louise Hurtubise. Mais un manque de liquidités, c'est la crise cardiaque ! » Certains facteurs peuvent mener à un manque de liquidités : gestion inadéquate, excédents d’inventaires, mauvais financement des actifs et perception tardive des comptes clients. En revanche, un manque de liquidités peut aussi être causé par une croissance très rapide, où la compagnie aura besoin de capital-investissement pour soutenir ses activités. Ce peut être le bon moment d’investir ! Pour calculer les liquidités d’une société, on analyse le tableau des flux de trésorerie, mais aussi le fonds de roulement, la perception des comptes clients et le paiement des comptes fournisseurs.

4. Financement des actifs. Sont-ils financés par des passifs ou par la valeur nette ? Au-delà du ratio 3 pour 1, soit 75 % de passifs et 25 % de valeur nette, les banques deviennent frileuses, car l'entreprise est vulnérable et moins apte à générer des profits. C'est le fameux « ratio du banquier ».

5. Ratio de productivité selon le secteur d'industrie. Il faut comparer les performances d'une entreprise avec celles de ses pairs. Le site web SEDAR est une excellente source de renseignements pour les sociétés publiques, tandis que l'outil de données sur la performance financière d'Industrie Canada permet de créer un rapport comparatif pour les entreprises privées.

« Il faut lire beaucoup et s'informer sur les sites spécialisés comme Bloomberg, mais on peut calculer soi-même facilement une vingtaine de ratios », affirme Carl Vaillancourt, diplômé en comptabilité de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, qui place des actions en bourse depuis l'âge de 16 ans.

6. Lettre aux actionnaires et notes explicatives. La fameuse lettre de présentation souligne les bons coups de l'entreprise, mais pas les mauvais, souligne Carl Vaillancourt. Elle offre un aperçu des grands projets à venir et indique si les actionnaires peuvent espérer un dividende, comme dans le cas d'une acquisition. Les notes explicatives ne sont pas à négliger, car oublier un seul élément d'analyse pourrait entraîner des pertes financières importantes si l'on investit...

 

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