Grandes cultures et industrie laitière : postes à pourvoir

Publié le 11/09/2019 à 13:32

La pénurie de main-d’œuvre touche tous les champs d’activité, et le secteur agricole n’y échappe pas. Les grandes cultures et l’industrie laitière ont également des enjeux spécifiques, qui compliquent encore davantage le recrutement.

C’est le secteur maraîcher qui a été le premier touché par la rareté de travailleurs, souligne Mario Théberge, producteur de lait et de céréales, président de l’UPA du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Le manque de bras s’est fait très vite sentir dans ce domaine, où l’essentiel des tâches est encore réalisé à la main. Les machines qui peuvent remplacer les ouvriers agricoles sont très coûteuses et peu répandues ici. On les trouve principalement en Europe », explique-t-il.

Après la production maraîchère, les autres secteurs agricoles ont été progressivement affectés, conduisant à la difficile réalité qui prévaut aujourd’hui. « Je connais des producteurs qui se demandent comment ils réussiront à poursuivre leurs activités une fois que leurs employés, dont la plupart ont 60 ans et plus, auront pris leur retraite », déplore Mario Théberge.

Des conditions particulières

Non seulement la main-d’œuvre se fait rare, mais l’industrie laitière a également des conditions particulières qui ne facilitent pas le recrutement. Les horaires exigeants compliquent la tâche des producteurs laitiers à la recherche d’ouvriers. « Les vaches doivent être traites deux fois par jour, matin et soir, sept jours sur sept. Pas question de prendre congé le jour de Noël ou le 31 décembre. C’est une réalité qui ne convient pas à tout le monde », affirme Mario Théberge.

Bien sûr, on peut tout de même procéder à certains aménagements : lorsqu’une entreprise laitière peut compter sur plusieurs employés, il est alors possible d’établir un roulement et faire en sorte que les fins de semaine, par exemple, soient attribuées par rotation.

Par ailleurs, les nouvelles technologies ont allégé les tâches routinières. Ainsi, grâce à l’introduction des robots et des trayeuses automatiques, les vaches se déplacent d’elles-mêmes dans une structure au centre de l’étable où la traite sera effectuée automatiquement en même temps que les animaux recevront de la nourriture. Une puce insérée dans le collier porté par les vaches permet d’effectuer le suivi des opérations. Désormais, un seul employé suffit pour la gestion de la traite et son rôle consiste essentiellement à faire du travail d’analyse du troupeau. Ce poste nécessite toutefois de recourir à du personnel qualifié qui possède une formation dans le domaine.

Du côté des grandes cultures, Mario Théberge mentionne que la forte mécanisation a totalement transformé le secteur. « Cela n’a plus rien à voir avec ce qu’ont connu nos grands-parents. Aujourd’hui, on opère de la machinerie très sophistiquée qui est aussi facile à conduire qu’une voiture automatique. Cela allège considérablement la tâche », assure-t-il.

Les programmes de travailleurs étrangers – pour sa part, il emploie deux Guatémaltèques sur son exploitation – constituent une piste de solution.

Sensibiliser les jeunes

Heureusement, le Centre d’emploi agricole de la Fédération de l’UPA du Saguenay–Lac-Saint-Jean donne un coup de pouce aux producteurs agricoles pour les aider à dénicher des bras supplémentaires. Même si les candidatures ne suffisent pas à combler tous les besoins, elles permettent de grossir les rangs d’un secteur qui a beaucoup à offrir.

Comment attirer les travailleurs et rendre ce domaine plus populaire aux yeux de la relève ? « Il faut faire tomber les préjugés et les idées reçues par rapport aux métiers de l’agriculture », estime Mario Théberge. Lui-même ne ménage pas ses efforts, dans le cadre de tournées régionales, notamment pour mieux faire connaître ce champ d’activité et les métiers qui y sont liés.

« On doit valoriser davantage l’agriculture. Se nourrir, c’est un besoin vital, et les agriculteurs du Québec y contribuent largement. Pour faire bouger les choses, cela passe aussi par la sensibilisation des jeunes, idéalement assez tôt dans leur scolarité. Lorsqu’ils sont rendus au collégial, ils ont souvent déjà fait leur choix de carrière, et alors il est trop tard, affirme-t-il. C’est en conjuguant toutes ces actions que l’on parviendra à attirer des candidats. »

 

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