Une économie résiliente

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Janvier 2021

Une économie résiliente

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Édition du 20 Janvier 2021

Par Pierre Cléroux

SIGNAUX FORTS. L’année 2021 n’a évidemment pas commencé comme nous l’aurions espéré. Le nombre très élevé de nouveaux cas et d’hospitalisations liés à la COVID-19 a conduit le gouvernement du Québec à prolonger les mesures de confinement, et même à imposer un couvre-feu. Le tout aura des répercussions sur l’emploi et l’activité économique, mais il y a tout lieu de croire que nous allons enfin voir la lumière au bout de ce long tunnel. Et ce, pour six bonnes raisons.

D’abord, le vaccin. Son arrivée plus rapide que prévu et le début des campagnes de vaccination laissent entrevoir la fin prochaine de cette pandémie et avivent l’espoir d’un retour à la normale sous peu. Il faudra néanmoins attendre encore quelques mois, du moins jusqu’à ce que la majeure partie de la population soit vaccinée et que les mesures de restriction s’estompent, avant de ressentir les effets d’une véritable reprise.

Ensuite, la dernière année nous aura appris que les secteurs qui ne font plus les frais des politiques de restriction rebondissent très rapidement. Cette reprise en V — qui désigne un rebond aussi rapide et important que sa chute — a notamment été ressentie dans l’industrie manufacturière. Il faut donc s’attendre à ce que des secteurs qui sont encore durement touchés, comme la restauration, le tourisme, les loisirs, ainsi qu’un grand nombre de détaillants, puissent se remettre rapidement sur les rails en cours d’année. Nombreux sont les consommateurs qui se rueront dans les restaurants, les magasins ou les salles de spectacle, par exemple, dès leur réouverture.

D’autant que — troisième raison — les ménages ont beaucoup épargné ces derniers mois. Profitant d’un revenu disponible et d’un pouvoir d’achat plus élevés qu’avant la crise, ils auront grandement les moyens d’alimenter encore une fois la reprise économique au cours des mois à venir, comme c’est souvent le cas au lendemain d’une récession.

De même, la relance sera également soutenue par les politiques fiscales et expansionnistes des gouvernements qui resteront en vigueur encore un certain temps. La banque centrale devrait maintenir son taux directeur à 0,25 % pendant au moins toute l’année. Le devancement de projets d’investissements gouvernementaux dans les infrastructures apportera aussi de l’eau au moulin. Le gouvernement du Canada devra toutefois composer avec un déficit et un endettement élevés, en plus de budgets qui s’écriront à l’encre rouge pendant plusieurs années, mais ça, c’est une autre histoire.

Cinquièmement, les prix élevés des matières premières sont un facteur clé de la croissance de l’économie du Québec. Les secteurs du bois d’oeuvre et de l’aluminium, entre autres, contribueront ainsi à l’essor de l’activité et des exportations québécoises.

Enfin, les intentions d’investissements des entreprises québécoises pour les 12 prochains mois sont en territoire positif pour la première fois depuis le début de la pandémie, indiquent les sondages de la BDC. Leurs perspectives de ventes sont aussi à la hausse. Voilà des signaux de confiance qui se révèlent de très bon augure.

De toute évidence, la vigueur de l’économie québécoise dépendra avant tout de l’évolution de la pandémie ainsi que de la rapidité et de la réussite des campagnes de vaccination. Si la relance risque d’être encore perturbée au cours des premiers mois de l’année, le printemps devrait être annonciateur de jours meilleurs qui permettront à l’économie québécoise de naviguer en territoire positif en 2021.

La dernière année nous aura appris que les secteurs qui ne font plus les frais des politiques de restriction rebondissent rapidement.

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