OnRègle révolutionne l'accès à la justice

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Juin 2017

OnRègle révolutionne l'accès à la justice

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Édition du 03 Juin 2017

De gauche à droite, les fondateurs de OnRègle : ­Charles ­Méthot, ­Philippe ­Lacoursière et ­Alexandre ­Désy

Des mises en demeure et des négociations pour une résolution de conflit en ligne. OnRègle, petite start-up en activité depuis quelques mois, veut révolutionner l'accès à la justice.


Faibles coûts, processus simple, langage clair. «On veut prendre le droit à l'envers pour le démocratiser le plus possible», lance Alexandre Désy, avocat et cofondateur de OnRègle. La plateforme permet d'envoyer à un commerçant ou à un voisin une mise en demeure et de négocier une entente à l'amiable pour régler le conflit. Dans le premier cas, le client doit payer 50 $ à OnRègle. Dans le second, l'entreprise prend une commission de 2,5 % sur le montant négocié en cas de succès de la démarche de résolution.


La plateforme est adaptée à des conflits de voisinage, ainsi qu'à des conflits entre acheteur et vendeur d'un bien en cas de vice caché, de facture impayée, etc. Elle s'adresse aux particuliers et aux petites entreprises, «qui ne pourraient pas forcément payer des frais d'avocat et qui ne seraient donc peut-être jamais en mesure de régler leurs problèmes ou iraient aux petites créances pour le faire, ce qui représente un coût pour la société et prend beaucoup de temps», explique Alexandre Désy.


Les cofondateurs - parmi lesquels on compte deux avocats, l'un spécialiste de la gestion d'entreprise et l'autre expert des technologies - sont partis de plusieurs constats. D'abord, «88,3 % des gens ne veulent plus de services d'avocat, car c'est trop long, ça coûte trop cher et c'est trop complexe», affirme M. Désy. Ensuite, «90 % du travail d'un avocat est automatisable», avance-t-il. Résultat : «La technologie représente un potentiel énorme. Les avocats coûtent cher, car ce sont des artisans qui font encore beaucoup de choses à la main. Avec la technologie, on peut réduire l'importance de l'avocat dans le processus. Il intervient alors seulement comme soutien, et on réduit les coûts», poursuit Alexandre Désy, qui compare les solutions de OnRègle à du prêt-à-porter. Il assure que la mise en demeure, dans un cabinet d'avocat classique, coûte de 500 $ à 1 000 $ «parce que c'est fait sur mesure. Or, dans de nombreux cas, c'est standardisable.»


Cesser de parler comme un avocat


La start-up a déjà un certain succès puisque, peu de temps après sa mise en ligne en janvier, plus de 600 personnes s'étaient inscrites sur le site pour bénéficier des services offerts. Cependant, le défi est de «faire venir les gens sur Internet pour régler ce genre de problème alors qu'ils n'en ont pas l'habitude», reconnaît pour sa part Philippe Lacoursière, avocat et cofondateur, persuadé qu'il faut «faire beaucoup d'éducation».


D'ailleurs, les deux avocats ont dû «se déconstruire», racontent-ils. «Dans notre première version de la plateforme, on parlait encore comme des avocats. Il a fallu utiliser un langage plus clair. Grâce aux données, on peut savoir où les gens bloquent sur le site, sur quels mots ils accrochent. On fait constamment évoluer le site en fonction de ces observations», indique Alexandre Désy.


Les fondateurs, qui ont su s'entourer de spécialistes des technologies pour mener à bien leur projet, veulent maintenant exporter leur plateforme dans le reste du Canada. La France et la Belgique sont également intéressées. «L'équipe va grandir dans les six prochains mois», assure Philippe Lacoursière.


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