Souhaits et projets inspirants pour la mobilité durable en ville

Offert par Les Affaires

Publié le 17/05/2021 à 10:46

Souhaits et projets inspirants pour la mobilité durable en ville

Offert par Les Affaires

Publié le 17/05/2021 à 10:46

Par Philippe Jean Poirier

Montréal doit plutôt viser une «forte hiérarchisation» des modes de transport. (Photo: Roxanne Desgagnés pour Unsplash)

ÉLECTRIFICATION DES TRANSPORTS ET MOBILITÉ DURABLE. Volonté de rendre Montréal «carboneutre» d’ici 2050, relance du projet de tramway à Gatineau, déploiement d’un réseau de transport intelligent et partagé dans la région Gaspésie—Les-Îles-de-la-Madeleine… Les villes québécoises ne manquent pas projets de mobilité durable pour alimenter la relance post-COVID. 

Le Plan climat annoncé par la Ville de Montréal en décembre dernier est par exemple particulièrement ambitieux : il vise à réduire 55% les émissions de gaz à effet de serre municipales d’ici 2030 afin d’atteindre la carboneutralité en 2050. Pour y parvenir, la Ville veut entre autres réduire la présence de l’auto solo de 25% sur l’île et créer au centre-ville une zone de circulation « sans émission » – où ne pourraient rouler que des véhicules électriques. 

Cette dernière mesure fait tiquer Catherine Morency, professeure à Polytechnique de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la mobilité des personnes. « La présomption que le recours au véhicule électrique est préférable aux autres solutions de mobilité m’agace vraiment beaucoup, lance-t-elle. Les gens possèdent des véhicules toujours plus gros ; si on se retrouve avec une congestion de Hummer électriques au centre-ville, on ne sera pas plus avancé!»  

La professeure croit que Montréal doit plutôt viser une « forte hiérarchisation » des modes de transport. Elle précise que pour y parvenir, il faut créer des «supersblocs» – des zones accessibles seulement à certains types de véhicules –, des rues «complètes» – qui prévoient des corridors distincts pour véhicules, piétons et cyclistes – et des «zones de rencontre» où les tous modes de transport circulent à la vitesse des piétons.

 

Nouvel élan pour les grands projets

À la mi-mai, la Société de transport de l’Outaouais a annoncé qu’elle privilégiait l’option d’un tramway 100% électrique pour relier l’ouest de Gatineau au centre-ville d’Ottawa. Ce projet de transport collectif, dit structurant, s’ajoute à ceux du Réseau express métropolitain (REM), du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et du futur tramway de Québec. 

« On sent que le vent tourne tranquillement, s’enthousiasme Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en ville. Ces projets lancent des signaux forts pour une mobilité durable plus complète. » Il compare les infrastructures de transport au « squelette » d’une ville. « Si on construit essentiellement des autoroutes, on obtient des autos. Si on construit essentiellement du transport collectif, on obtient des marcheurs et des usagers de transport collectif », illustre-t-il. 

Christian Savard

Christian Savard, directeur général de l’organisme Vivre en ville (Photo: courtoisie)

Selon Christian Savard, les projets actuels évitent le piège de l’étalement urbain engendré par l’arrivée des trains de banlieue des années 1990. « On n’est pas en train de construire plus loin ; on densifie des zones déjà habitées », rappelle-t-il, soulignant que le territoire adjacent à la station Brossard du REM a été transformé en fiducie agricole « pour éviter qu’il y ait du développement immobilier ».

 

L’autopartage, aussi possible en région

Les projets novateurs de mobilité durable ont longtemps été l’apanage des centres urbains densément peuplés. Or, depuis quelques années, la trentaine de communautés qui participent au projet SAUVéR – acronyme de système d’autopartage avec véhicule électrique en région – font la démonstration que les petites villes peuvent elles aussi réinventer la manière d’utiliser une voiture. 

Plessisville, Varenne, Nicolet et plusieurs autres villes régionales utilisent la plateforme mobile développée par l’entreprise YHC Environnement pour offrir des véhicules électriques municipaux en autopartage. 

« Une Ville participante peut décider de partager ses véhicules entre les employés municipaux, avec la population ou encore avec un commerce », explique Johanne Ouellet, vice-présidente du volet Mobilité de la PME basée à Saint-Lambert. La municipalité de Saint-Siméon partage par exemple son véhicule électrique avec une pharmacie locale pour la livraison de médicament. 

Sept villes ont levé la main pour intégrer à leur flotte l’automne prochain un camion Ford F-150 reconverti à l’électricité. « Ces véhicules pourront être disponibles le soir et les fins de semaine, si un citoyen veut aller porter de gros objets à l’écocentre », explique Johanne Ouellet.

 

Rien à envier à Montréal

Plus largement, le projet SAUVéR s’intègre dans une offre régionale de services de transports partagés de plus en plus étoffée. En novembre dernier, la Régie intermunicipale de transport Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine (RÉGIM) a annoncé le déploiement d’un projet de transport collectif intelligent et de transport électrifié, lancé sous l’acronyme TCiTé. 

Gaspé, Carleton-sur-Mer, Maria, Chandler et les Îles-de-la-Madeleine, pour n’en nommer que quelques-unes, auront accès à des services d’autopartage SAUVéR, des services semblables à ceux d’Uber gérés par la RÉGIM et à des services de voiturage intégré aux services de taxi, en plus d’être desservies par une nouvelle flotte d’autobus électriques.

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