Les dettes d'études, la prochaine bulle?

Publié le 27/03/2012 à 14:59, mis à jour le 27/03/2012 à 17:05

Les dettes d'études, la prochaine bulle?

Publié le 27/03/2012 à 14:59, mis à jour le 27/03/2012 à 17:05

Par Stéphane Rolland

[Photo : Josée Noiseux]

L’endettement des étudiants occidentaux pourrait constituer la prochaine bulle spéculative en formation, selon une note publiée mardi par Eric Martin et Simon Tremblay-Pepin, chercheurs de l’Institut de recherches et d’informations socio-économiques (IRIS). Le think tank de gauche décourage le gouvernement du Québec de favoriser la formation d’une bulle similaire.

Les auteurs comparent l’augmentation de frais de scolarité et l’endettement des étudiants à la bulle spéculative qui a éclaté du côté l’immobilier américain. L’éclatement de cette bulle en 2008 a provoqué la pire crise économique depuis celle des années 1930.

Comme ce fut le cas pour le prix des maisons aux États-Unis, les frais de scolarité ont augmenté rapidement au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis, notent les auteurs. Dans les deux cas, la croissance est soutenue par l’endettement des particuliers. On aurait également tendance à surévaluer les retombés économiques de l’éducation supérieure par rapport au poids de l’endettement qu’il entraîne pour certains.

«L’éducation inspire l’idée d’un investissement sécuritaire, garant d’un meilleur avenir, peut-on lire dans la note. Ce mantra est repris en cœur par les tenants de la hausse des droits de scolarité et c’est pourquoi les marchés capitalisent sur l’insécurité des ménages. Cependant, les frais de scolarité augmentent à une telle vitesse que la nouvelle rhétorique selon laquelle il vaut la peine d’emprunter massivement pour «investir» dans son éducation est en train d’être battue en brèche.»

De plus, l’endettement des ménages s’accompagne d’un marché du travail difficile pour les jeunes diplômes en occident. Les auteurs considèrent qu’en diminuant le rôle du public dans l’éducation supérieure, celle-ci devient plus vulnérable aux aléas du marché.

L’IRIS n’évoque pas de bulle au Québec, où les droits de scolarité n’ont pas connu de hausse aussi importante que dans les pays anglo-saxons. Néanmoins, le think tank de gauche déconseille au gouvernement de suivre cet exemple en augmentant les frais de scolarité comme il l'a annoncé.

Les auteurs ajoutent que les ménages canadiens sont déjà fortement endettés (153% de leur revenu). «Il apparaît important de remettre en question la viabilité d’un modèle de croissance par l’endettement. En effet, ce modèle mise sur l’augmentation de la dette personnelle et sur la commercialisation du savoir pour relancer une croissance […] Non seulement, la relance attendue risque fort de ne pas être au rendez-vous, mais les ménages seront bien vite étranglés par des dettes sans précédent qui s’accentueront davantage lorsque les taux d’intérêt remonteront. »

 

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