Comment investir au Moyen-Orient


Édition du 22 Octobre 2016

Comment investir au Moyen-Orient


Édition du 22 Octobre 2016

Par François Normand

[Photo : Bloomberg]

Guerre civile en Syrie, tentative de coup d'État en Turquie, combats contre l'organisation État islamique... Le Moyen-Orient fait souvent les manchettes en raison de crises politiques. Malgré cela, cette région regorge toujours d'occasions potentielles pour les investisseurs, expliquent des spécialistes interrogés par Les Affaires.

Gerardo Zamorano, gestionnaire de portefeuille et directeur de Brandes Investment Partners, à San Diego, aux États-Unis, estime qu'on accorde trop d'importance aux problèmes du Moyen-Orient et pas suffisamment à son potentiel. «Les gens ont tendance à réagir aux événements négatifs», déplore-t-il.

Cela dit, certains pays sont à éviter, selon lui. La Syrie est un cas évident en raison de la guerre civile qui ravage le pays depuis cinq ans. L'Égypte en est un autre à cause des restrictions relatives aux mouvements de capitaux.

En revanche, malgré le récent coup d'État raté et la purge qui a suivi, la Turquie représente un marché toujours attrayant pour les investisseurs, affirme Gerardo Zamorano.

«C'est une économie de marché. Il y a de bonnes entreprises. Les marchés financiers sont bien organisés. Il n'y a pas de restriction quant aux mouvements de capitaux.»

Dans ce pays de 79 millions d'habitants, le Brandes Emerging Markets Value Fund investit dans le secteur bancaire et l'immobilier.

Ce fonds destiné aux pays émergents alloue 6,2 % de son capital en Turquie, soit presque cinq fois plus que l'indice de référence MSCI Emerging Market (1,3 %).

Dans une récente analyse, la banque d'investissement russe VTB Capital soulignait que le prix de plusieurs actions a diminué en Turquie dans la foulée du coût d'État avorté de la mi-juillet.

«Les récentes turbulences pourraient avoir créé des occasions d'achat pour des titres turcs, à moins qu'un risque géopolitique majeur n'apparaisse à court terme», écrivent les analystes.

Christine Tan, directrice du placement et gestionnaire du portefeuille du fonds marché émergent chez Excel Funds, à Mississauga, en Ontario, est également exposée au marché turc.

Elle détient notamment l'action de Sabanci (Istanbul, SAHOL TI), un important conglomérat industriel et financier.

Depuis la tentative du coup d'État, elle regarde de près deux titres, soit Ülker (Istanbul, ULKER), un important fabricant de produits agroalimentaires, et BIM (Istanbul, BIMAS), un détaillant présent dans plusieurs pays de la région.

«BIM et Ulker sont sur ma liste d'achat à court terme, dit-elle. Ce sont deux grandes entreprises, mais les titres sont un peu chers sur une base de multiples. J'attends donc patiemment.»

Plusieurs entreprises turques inscrites en Bourse le sont également aux États-Unis. C'est le cas d'Akbank (OTC, AKBTY), de Ford Otomotiv Sanayi (OTC, FOVSY) ou d'Arçelik (OTC, ACKAY), un fabricant d'accessoires et d'équipements pour la maison. D'autres marchés sont également intéressants pour les investisseurs au Moyen-Orient, comme les Émirats arabes unis (EAU), un marché de 9 millions d'habitants.

Ce pays est très riche, et il a diversifié son économie, selon Exportation et développement Canada (EDC). Il est possible d'y acheter directement les actions de sociétés, mais elles sont rarement disponibles aux États-Unis.

Les EAU sont un marché plus stable que la Turquie. «Le risque politique est relativement faible dans ce pays stable et prospère», souligne Coline Schep, spécialiste du Moyen-Orient et de l'Afrique chez Eurasia Group, une firme de New York en risque politique.

On l'oublie souvent, mais Israël est un autre marché très intéressant pour les investisseurs.

Ce pays développé de 8,4 millions d'habitants a une économie à la fine pointe de la technologie. Plusieurs entreprises israéliennes cotées en Bourse sont également inscrites aux États-Unis, la plupart du temps au Nasdaq.

Parmi les sociétés plus dynamiques, on compte Alcobra (Nasdaq, ADHD), Radware (Nasdaq, RDWR) et Silicom (NASDAQ, SILC), selon le magazine financier américain Kiplinger.

La première est une pharmaceutique, la deuxième conçoit des applications pour la sécurité informatique, tandis que la troisième est un fournisseur de services de télécommunications.

L'Arabie saoudite est un autre marché qui peut représenter des occasions potentielles pour les investisseurs. Mais ce marché n'est pas accessible directement aux petits investisseurs, car il y a des restrictions pour acheter des actions. Seuls les investisseurs institutionnels ayant des actifs sous gestion supérieurs à 5 000 milliards de dollars américains et comptant au moins cinq ans d'expérience sont autorisés à acheter des actions.

Trois façons d'investir

Il y a trois façons d'investir au Moyen-Orient. On peut acheter des actions directement sur les marchés boursiers locaux. On peut se procurer des titres inscrits aux États-Unis, une stratégie qui est plus simple et moins risquée. Enfin, les investisseurs peuvent s'exposer à cette région du monde par l'intermédiaire de fonds d'investissement.

Par exemple, BlackRock, le plus important gestionnaire de fonds communs du monde, offre parmi ses fonds un produit exclusivement consacré à l'Arabie saoudite, soit l'iShares MSCI Saudi Arabia (NY, KSA).

Quelle est la meilleure façon d'investir au Moyen-Orient ? Christine Tan et Gerardo Zamorano affirment que tout dépend des connaissances, de l'expérience et de la tolérance au risque des investisseurs.

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