Molson Coors : trop de broue au goût de certains


Édition du 26 Septembre 2015

Molson Coors : trop de broue au goût de certains


Édition du 26 Septembre 2015

Par Dominique Beauchamp

[Photo : Bloomberg]

Un nouveau cycle de consolidation des brasseurs produit un peu trop de broue au goût de certains analystes et diminue d'autant le potentiel pour les actionnaires de Molson Coors Brewing Co. (NY, TAP, 83,65 $ US).

La spéculation s'est accentuée parce que le premier brasseur du monde, Anheuser-Busch ImBev (NY, BUD, 107,49 $ US), aurait obtenu l'approbation préalable des principaux actionnaires de SABMiller (Londres, SAB, 35 livres) pour mener à bien son projet d'union de 275 milliards de dollars américains.

Si ce mariage était célébré d'ici la fin de 2016, Molson Coors serait l'acquéreur naturel pour racheter la part de 58 % qu'il ne détient pas déjà dans la coentreprise MillerCoors, afin de satisfaire les autorités de la concurrence.

Même si le brasseur dirigé de Montréal et de Denver a les moyens de racheter son partenaire dans MillerCoors pour 9 G$ US, une bonne part des synergies potentielles se reflète déjà dans son action, estime Brittany Weissman, d'Edward Jones.

«Les synergies commencent généralement à un ratio de 5 à 6 % des ventes. À long terme, les économies pourraient ajouter 40 à 50 % aux bénéfices de Molson Coors, mais il y a trop de facteurs d'incertitude pour leur accorder une telle valeur aujourd'hui», explique l'analyste, qui ne recommande pas l'achat de Molson Coors.

On ignore le multiple d'évaluation que payera ultimement Molson Coors et la façon dont la transaction sera financée.

Soupeser le potentiel de gain et de baisse

Bien qu'il juge que le rachat serait transformationnel pour Molson Coors, Adam Fleck, de Morningstar, considère que son action est déjà bien évaluée au cours actuel.

Molson Coors ferait passer de 50 à 75 % la part du bénéfice d'exploitation que la société tire de ses activités aux États-Unis.

L'investisseur doit en effet soupeser le potentiel de gain de 14 % en fonction du cours cible moyen de 95 $ US, et le risque d'une baisse potentielle de 10 à 20 % si le rachat de MillerCoors n'avait pas lieu.

Pour établir son cours cible de 95 $ US, Vivien Azer, de Cowen and Company, estime que le rachat ajouterait 27 % au bénéfice de Molson Coors en 2017. Le bénéfice grimperait de 4,16 à 5,29 $ US par action, selon ses hypothèses.

Les synergies incluent une diminution de 2 % du coût des marchandises vendues et de 1 % des dépenses administratives grâce à la mise en commun des achats, à l'optimisation de la production et au rapatriement des fonctions administratives. Mme Azer prévoit qu'au fil du temps les synergies vaudront à Molson Coors un multiple d'évaluation plus élevé. «Par contre, si aucune transaction ne se matérialise, l'action de Molson Coors pourrait retrouver son évaluation historique de 14 fois ses bénéfices, soit un cours dans la mi-soixantaine», dit Mme Azer. À long terme, Molson Coors pourrait elle-même être absorbée par Heineken, spéculent les analystes.

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