Folle envolée des titres bancaires: plus dure sera la chute?

Publié le 24/02/2017 à 14:13

Folle envolée des titres bancaires: plus dure sera la chute?

Publié le 24/02/2017 à 14:13

Par Jean Gagnon

Il y a un an, l’action de la Banque Royale valait 65$, celle de la TD 50$, et celle de la Banque Nationale 35$. Depuis ce moment, les titres de ces trois banques se sont appréciés de 52%, 56% et de 65% respectivement. Faut-il craindre une fin abrupte de cette folle envolée?

Les titres des banques canadiennes peuvent sembler chers après une telle hausse, mais il n’y a rien d’apeurant dans tout cela, croit Jean Duguay, directeur des placements, Groupe Eterna.

«Il y a un an l’ensemble des marchés boursiers étaient en période de forte correction, et les cours des titres bancaires canadiens en subissaient les contrecoups. Le prix du pétrole était alors tombé à moins de 30$US le baril, et on craignait le pire pour l’économie canadienne», rappelle-t-il.

Si la remontée des titres bancaires semble si spectaculaire, c’est peut-être que le creux touché il y a 12 moins était beaucoup trop bas, estime Jean Duguay. «À ce moment-là, tout était source d’inquiétude», rappelle-t-il.

À cette époque, les banques canadiennes étaient mal perçues par les investisseurs étrangers, et certaines faisaient même l’objet de ventes à découvert importantes, ajoute David Caron, gestionnaire de portefeuilles, Industrielle Alliance.

Mais tout cela a bien changé. «D’abord, nous avons observé une pression à la hausse sur les taux d’intérêt, ce qui favorise la rentabilité des banques», dit M. Caron.

De plus, une vague de déréglementation aux États-Unis devrait permettre une augmentation des bénéfices des institutions financières qui se répercutera sur les banques canadiennes, ajoute Jean Duguay. Enfin, la croissance économique semble certainement vouloir s’accélérer aux États-Unis, ainsi qu’au Canada, ce qui devrait soutenir les marchés boursiers pour encore un bon moment, selon lui.

Ce qui a bien favorisé les banques canadiennes durant la dernière année, c’est que les pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ont conclu une entente visant à limiter la production, ce qui a fait remonter le prix du pétrole au-dessus de 50$US. «Cela signifie que les banques risquent nettement moins de subir des pertes sur prêts dans ce secteur», dit David Caron.

Que faire alors avec les titres des banques canadiennes?

«Compte tenu de la cherté des titres après une telle hausse, il est difficile d’acheter», répond Jean Duguay. Le gestionnaire croit néanmoins qu’il y aura des périodes de volatilité qui créeront des occasions d’achat pour les investisseurs patients.

Par ailleurs, vendre n’est pas une bonne idée non plus, selon lui. «Compte tenu de l’importance des banques dans le marché boursier canadien et du peu de solutions de rechange intéressantes, il est trop risqué de vendre et de voir ce secteur continuer de s’apprécier», dit-il.

À partir d’ici, ce sont les résultats qui dicteront les cours boursiers des banques canadiennes, selon David Caron. Et ceux-ci s’annoncent relativement bons pour le trimestre qui vient de se terminer, note-t-il. À la lumière de ceux que la Banque Royale et la Banque CIBC ont dévoilé jeudi et vendredi.

Des risques subsistent

Une bonne tenue des marchés boursiers en général, et du prix du pétrole en particulier, semblent les principaux facteurs qui permettront aux actions des banques canadiennes de se maintenir au niveau qu’elles ont atteint, voire même continuer de s’apprécier. Toutefois, ce n’est pas sans risque.

Les analystes de Goldman Sachs sont pour leur part très prudents quant aux perspectives des marchés boursiers pour 2017. «Nous croyons que les investisseurs ont atteint un niveau d’optimisme maximal qui nous conduira à un recul inévitable des marchés», disent-ils. Le S&P 500 devrait clôturer l’année 2017 à 2300, soit 2,3% de moins que le niveau actuel, selon eux. C’est donc dire qu’il n’y a plus de gain à réaliser sur le marché boursier cette année, selon les analystes de la grande banque américaine.

Pour ce qui est du prix du pétrole, même si l’optimisme règne chez la plupart des économistes, un risque de rechute demeure possible. Hans van Cleef, économiste senior pour le secteur de l’énergie chez ABN Amro Bank NV, n’écarte pas la possibilité que le prix du pétrole retombe à 30$US.

L’accord entre les pays de l’OPEP qui a reçu l’appui de pays non-membres tel la Russie a permis de diminuer la production de 1,8 million de barils par jour, estime-t-il. «Mais cet accord prendra fin à la mi-année, et on ne peut dire avec certitude ce qui se passera à compter de juillet», disait-il en début de semaine lors d’une entrevue à Bloomberg.

 

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