Ce qu'il faut retenir du bond de 15% du propriétaire d'IGA

Publié le 14/09/2017 à 12:13

Ce qu'il faut retenir du bond de 15% du propriétaire d'IGA

Publié le 14/09/2017 à 12:13

Il est assez rare de voir un titre d’une entreprise qui fait partie d’un secteur jugé peu volatil comme l’est celui de l’épicerie donner lieu à de grandes fluctuations boursières en une séance.


C’est pourtant ce qui se produit avec le titre d’Empire(EMP.A, 22,66$), exploitant des chaînes d’épicerie IGA, Rachel Berry et Sobeys: il bondit de plus de 14% après le dévoilement de ses résultats du premier trimestre terminé le 5 août.


Comment expliquer un tel bond?


Tout simplement parce que les attentes à l’égard de l’entreprise néo-écossaise, qui a connu d’importantes difficultés depuis l’acquisition de la chaîne d’épiceries Canada Safeway, étaient trop faibles.


L’entreprise dirigée par Michael Medline, anciennement aux commandes de Canadian Tire(CTC.A, 147,76$), a dégagé un bénéfice net ajusté de 87,5M$ ou 0,32$, comparativement à 73,6M$ ou 0,27$ l’action à la même période il y a un an.


C’est nettement mieux que le bénéfice de 0,22$ anticipé par les analystes.


Non seulement l’entreprise a-t-elle bien contrôlé ses dépenses, mais elle a agréablement surpris les investisseurs en affichant une croissance de 0,5% de ses ventes comparables.


Cet indicateur est très suivi par les analystes, puisqu’il isole la performance des établissements ouverts depuis un an. Or, c’est la première fois en six trimestres que les épiceries d’Empire affichent une croissance de leurs ventes comparables.


Même si la croissance est modeste, elle est bienvenue dans un contexte où la concurrence entre les épiciers est vive et où l’inflation est faible. Et c’est nettement mieux que la décroissance des ventes de 1,8% encaissée à la même période l’an dernier.


«Dans l’ensemble, le trimestre a montré de bons signes de stabilisation des activités, après la période tumultueuse que l’entreprise a connue dans la foulée de l’achat de Safeway», écrit dans une note Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux.


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Fini, donc, l’érosion de la part de marché d’Empire. M. Medline avance même que sa société a réussi à grignoter des parts à ses rivales.


Empire a réussi à déjouer les attentes malgré un taux d’imposition effectif de 31,2%, comparativement à celui de 18,7% au premier trimestre de 2016.


« Pour l’investisseur, le rebond inespéré d’Empire illustre qu’il peut y avoir des occasions à saisir lorsque les attentes sont très basses à l’égard d’une entreprise. »


Les transformations peuvent être payantes, mais...


Même si la lumière semble poindre au bout du tunnel d’Empire, il faut retenir que les «transformations sont difficiles», comme l’a sagement rappelé son PDG, Michael Medline, lors de la téléconférence avec les analystes.


Le secteur du détail est loin d'être de tout repos. Ce dernier devra d'ailleurs composer avec de nouveaux casses-têtes au cours des deux prochaines années: les augmentations importantes du salaire minimum dans ses marchés clés de l’Ontario et de l’Alberta. Ces politiques entraîneront des coûts supplémentaires de 25M$ pour l’exercice en cours et de 70M$ pour l’exercice 2019, a calculé l’entreprise.


Empire n’est pas la seule à devoir gérer ce nouveau risque d’affaires, ses principales rivales, dont Loblaw, ayant déjà averti qu’elles devront prendre des mesures pour en atténuer les conséquences.


Le titre semble être revenu dans les bonnes grâces des investisseurs, mais l’endettement relativement élevé de l’épicier–sa dette nette équivaut à 30,1% de son capital total– dans un contexte de grande transformation du secteur de l’épicerie demandera encore un plein panier de patience à ses actionnaires à long terme.


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À propos de ce blogue

Yannick Clérouin est directeur Actualités et diffusion numérique de LesAffaires.com. Mordu de la Bourse, il est également chroniqueur financier et se donne pour mission d'aider les investisseurs à long terme à s'enrichir. Yannick a été journaliste pour la section Investir dès son arrivée au journal Les Affaires, en mai 2002. Il a débuté sa carrière chez Webfin.com, aujourd'hui Argent, où il a notamment lancé la première radio financière québécoise sur Internet. Il est détenteur d'un baccalauréat en journalisme à l'Université du Québec à Montréal et d'un diplôme du cours sur les valeurs mobilières au Canada de l'Institut canadien des valeurs mobilières.

Yannick Clérouin
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