Ces PME comprennent l'importance des exportations


Édition du 27 Février 2016

Ces PME comprennent l'importance des exportations


Édition du 27 Février 2016

En ces temps où l'économie canadienne dans son ensemble donne l'impression d'être souffreteuse, il est toujours réconfortant de participer à des événements desquels il se dégage plus d'énergie que de morosité.

J'en ai eu la démonstration une nouvelle fois les 18 et 19 février lors de la 14e édition de Vision PDG, le rassemblement annuel des entrepreneurs québécois en technologies de l'information et des communications (TIC), présenté par l'Association québécoise des technologies à Mont-Tremblant.

D'abord, replaçons les choses dans leur contexte. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient encore de revoir à la baisse ses prévisions de croissance économique pour l'ensemble de la planète, et le Canada est un des pays où le repli est le plus important.

De 3,3 %, la hausse mondiale pour 2016 diminue à 3 % ; au Canada, elle ne serait plus que de 1,4 % alors qu'on l'entrevoyait à 2 %. Et ce n'est pas la première fois que l'OCDE, à l'instar d'autres institutions internationales, tempère ses perspectives à l'égard du Canada. Comme si on admettait d'une fois à l'autre que la machine met plus de temps que prévu à embrayer et qu'il lui manque un véritable détonateur, puisqu'on ne peut pas encore miser sur le retour en force des ressources naturelles.

D'où le fait que tous les espoirs sont mis sur l'accélération des exportations. En raison d'un huard toujours famélique, les produits et services canadiens offerts aux Américains sont devenus une aubaine. Mais il semble que ce soit plus facile à dire qu'à faire : les données les plus récentes ne signalent qu'une timide remontée de nos échanges. On dirait que les entrepreneurs canadiens manquent de conviction ou de moyens pour profiter de l'ouverture.

Il existe un secteur qui fonce plus que d'autres : celui des TIC. On discutait ferme du potentiel des marchés d'exportation lors de Vision PDG, où participaient environ 150 dirigeants de PME actives en TIC, un record. Et de ce nombre, 15 étaient des femmes... Mine de rien, c'est un autre record !

La taille de leurs entreprises peut sembler modeste : dans le milieu, l'effectif médian est de 18 personnes. Mais la valeur n'attend pas le nombre d'employés, notamment quand il est question d'exportation.

Pas moins des trois quarts de ces PME (76 %) effectuent des ventes à l'extérieur du Québec, alors que le pourcentage n'est que de 21 % tous secteurs confondus. Et l'écart est encore plus impressionnant quand on considère uniquement les ventes hors Canada : 70 % par rapport à 9 %, selon une étude réalisée pour la Caisse de dépôt et la Fondation de l'entrepreneurship.

C'est révélateur. Non seulement ces ventes amènent ici de l'argent frais, mais elles permettent aussi à ces jeunes entreprises de se faire valoir à l'étranger tout en élargissant leur réseau d'influence.

Développer des fleurons

On a également largement discuté de l'affaire Rona à ces assises annuelles. Du cas lui-même, mais aussi du message qu'il envoie, teinté de résignation. Il se peut que les dirigeants de Rona aient jugé que la concurrence allait devenir insoutenable. Les grandes entreprises ne sont pas toujours les plus agiles pour ajuster leur stratégie et repasser à l'offensive. Rona vient d'en faire les frais.

Un peu partout, on a déploré la perte d'un autre «fleuron» québécois.

Mais des fleurons, ça se cultive et ça se développe. Les 150 pdg présents à Mont-Tremblant n'avaient certes pas tous l'intention de voir leur PME parvenir un jour à ce statut. Sauf qu'il faut de jeunes pousses pour donner plus tard des fleurons. Et ce n'est parfois pas tant la taille que l'impact réel de ses interventions qui finit par commander le respect et l'admiration.

Le milieu québécois des TIC est exemplaire à cet égard. Que ce soit par les alliances que ses acteurs créent avec les plus grandes sociétés de la planète, par exemple Microsoft, ou par l'originalité de leurs produits et services, sa vivacité mérite d'être saluée. Il convient aussi de reconnaître sa contribution potentielle à l'amélioration de la société québécoise, malgré les manchettes qui font grand état des ratés de grands projets informatiques dans lesquels Québec a englouti des centaines de millions de dollars. On doit rappeler que, souvent, small is beautiful...

Un dernier mot sur Vision PDG. Chaque année, les présidents présents élisent le PDG de l'année Investissement Québec. C'est un événement unique, parce que le lauréat ou la lauréate est choisi par ses pairs en fonction de ses réalisations. Heureux signe des temps, on inclut plus que jamais le féminin dans cette description ; l'an dernier en effet, c'est Chantal Trépanier, pdg de SIM, à Shawinigan, qui a été élue.

Cette année ? L'honneur est revenu à un jeune entrepreneur de 37 ans, David Hervieux, qui préside son entreprise Dévolutions, fondée il y a à peine cinq ans à Lavaltrie. En aidant entre autres à la gestion des mots de passe, elle s'est gagné en peu de temps 270 000 utilisateurs dans 120 pays, et ce, sans le moindre vendeur puisque tout se fait en ligne et que ce sont les usagers satisfaits qui répandent la bonne nouvelle.

Allez, continuez votre bon travail !

Suivez René Vézina sur Twitter @vezinar

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