BHP-Potash : combat de titans dans les Prairies

Publié le 17/08/2010 à 10:26, mis à jour le 17/08/2010 à 10:37

BHP-Potash : combat de titans dans les Prairies

Publié le 17/08/2010 à 10:26, mis à jour le 17/08/2010 à 10:37

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Si on interprète bien l’offre de BHP Billiton sur Potash Corp., la reprise économique mondiale est tout juste au coin de la rue. Miser autant sur le plus grand producteur de potasse au monde signifie qu’on anticipe une croissance vigoureuse de la demande en produits alimentaires, donc de la demande tout court.

À moins que les dirigeants de BHP ne soient tombés sur la tête… car il va leur falloir la financer, cette transaction, qui va coûter bien plus cher que 38 milliards US si elle se réalise.

On peut déjà entrevoir quelques conséquences significatives si jamais Potash est ainsi avalée (outre l’appréciation au moins temporaire du dollar canadien et l'envolée boursière du jour).

PLUS : L'intérêt de BHP Billiton pour Potash Corp fait grimper le huard

1. Rio Tinto peut définitivement dormir en paix. Déjà, en 2008, BHP Billiton avait déclaré ne plus être intéressés à avaler son rival, malgré ses tentatives passées. Avec l’énorme facture qui l’attend pour Potash, BHP va en avoir plein les bras.

2. Les producteurs agricoles vont voir, eux, les prix monter pour les engrais. Et ils vont nous refiler l’addition. Déjà, ils criaient au vol au début 2009 lorsque le prix de la potasse avait pratiquement atteint 900 $ la tonne métrique. Le prix a depuis dégringolé a 300 $, mais il est en train de remonter; et BHP Billiton, qui pourrait devenir le plus gros producteur mondial (avec d’autres intentions déclarées en Saskatchewan) va tout faire pour gonfler ses marges.

3. Un autre fleuron canadien prend le chemin de l'étranger, même si BHP dit vouloir maintenir la direction de Potash, et de ses autres activités liées à la potasse, en Sakatchewan. Comme Rio Tinto avec Alcan à Montréal. Mais c'est quand même la maison-mère qui tient la laisse...

4. On peut imaginer en nouvelle vague de consolidation dans l’industrie minière, où les très gros vont reluquer les plus petits qui sont bien établis dans leur marché. C’est la tendance qui se poursuit, quel que soit le domaine, de la pharmacologie à l’alimentation.

Un de ces jours, il ne restera plus que quelques grandes entreprises sur terre, Kraft, Pfizer, Danone, BHP Billiton et une ou deux autres…

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