L'importance des points de référence dans un marché en chute

Publié le 27/05/2022 à 14:00

L'importance des points de référence dans un marché en chute

Publié le 27/05/2022 à 14:00

Des documents financiers sous la loupe

Dans les périodes telles que nous en connaissons aujourd’hui, il est rassurant de savoir qu’on a investi dans des entreprises solides, dont le modèle d’affaires a fait ses preuves, qui sont rentables et en bonne santé financière. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Au moment d’écrire ces lignes, les marchés boursiers continuent de dégringoler. Et contrairement à ce qu’on a vu depuis quelque temps, il semble que la pression à la baisse soit généralisée. Même les titres considérés comme très défensifs et relativement à l’abri des fortes baisses sont entraînés vers le bas, emportés par le tourbillon. Au cours des derniers jours, des titres comme Wal-Mart, Apple et Google ont corrigé.

De telles périodes ne sont jamais faciles à traverser pour l’investisseur, même si, comme je l’ai écrit plus tôt, les corrections des marchés boursiers sont normales et récurrentes.

Je crois toutefois que l’investisseur à long terme qui épouse une philosophie d’investissement «valeur» possède un avantage de taille par rapport aux autres investisseurs, particulièrement les spéculateurs.

En effet, dans les périodes telles que nous en connaissons aujourd’hui, il est rassurant de savoir qu’on a investi dans des entreprises solides, dont le modèle d’affaires a fait ses preuves, qui sont rentables et en bonne santé financière. Dans ces cas-là, on peut toujours tenter d’évaluer le risque à la baisse d’un titre que l’on détient en portefeuille en se posant deux questions:

 

  • Dans quelle mesure les bénéfices de la société pourraient-ils chuter? Il est probable qu’un ralentissement économique, voire une récession, se produise au cours des prochains mois. Quel pourrait en être l’impact sur les profits de la société?
  • En fonction de cette estimation, quel ratio d’évaluation les investisseurs seraient-ils prêts à payer pour le titre de cette société, en supposant un scénario pessimiste?

 

Lorsque j’examine chacun des titres de nos portefeuilles sous gestion, je suis en mesure de me faire une bonne idée des réponses à ces deux questions. Un scénario très pessimiste pourrait se traduire par une baisse prolongée de la valeur de nos titres dans les prochains mois, mais je crois néanmoins qu’il y a un plancher limite à cette valeur.

Qu’en est-il des sociétés qui ne font pas de profits présentement et qui continueront probablement de perdre de l’argent dans un futur prévisible? Dans un tel cas, il est difficile, voire impossible, d’estimer une valeur plancher. Le problème pour de nombreuses entreprises déficitaires est qu’elles auront vraisemblablement besoin de capital pour poursuivre leurs activités, alors même que le marché des capitaux se ferme de plus en plus.

C’est une situation dans laquelle je n’aimerais pas me retrouver.

Il en est de même pour les sociétés très endettées. Ces sociétés se retrouvent dans une situation où l’accès au capital-actions est soudainement très limité, alors que la nouvelle dette coûte soudainement beaucoup plus cher que par le passé. Par exemple, selon la Banque fédérale de St-Louis (St-Louis Fed), l’écart entre les taux sur les obligations de pacotille (junk) et les taux du gouvernement américain avait grimpé à 4,71% le 16 mai dernier par rapport à seulement 3,27% le 5 avril et à 3,03% le 29 décembre 2021.

Même chose pour ceux qui possèdent des cryptomonnaies. Quel point de référence devrait-on utiliser pour se faire une idée du risque de baisse du bitcoin ou autres cryptomonnaies? Selon moi, le gros problème en ce qui concerne ces «monnaies» est qu’il n’y a aucune façon de les évaluer objectivement.

Pour ma part, dans la tourmente, je m’applique à revoir chacun des titres que nous détenons en portefeuille. Et je me réconforte en confirmant que chacune de nos entreprises 1- est rentable; 2- possède un modèle d’affaires robuste et soutenable; 3- est en bonne santé financière (du moins, la grande majorité d’entre elles) et 4- que leur titre est raisonnablement évalué.

Dans de telles conditions, il suffit d’être patient et de laisser la tempête passer.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100

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