Ce que je retiens de la lettre annuelle de Warren Buffett

Publié le 04/03/2022 à 15:20

Ce que je retiens de la lettre annuelle de Warren Buffett

Publié le 04/03/2022 à 15:20

La lettre de 10 pages est la plus courte qu’a signée Warren Buffett depuis de nombreuses années. (Photo: Getty Images)

EXPERT INVITÉ. La missive annuelle de Warren Buffett a été publiée le samedi 26 février dernier. C’est une lecture toujours très enrichissante que je recommande à tous les investisseurs, qu’ils possèdent des actions de Berkshire Hathaway ou non. Voici le lien vers cette lettre, de même que toutes les autres publiées depuis 1995. La lettre de 10 pages est la plus courte qu’a signée Buffett depuis de nombreuses années.

Voici les faits saillants que j’ai retenus de cette lecture.

La valeur des actions en Bourse de Berkshire Hathaway a augmenté de 29,6% en 2021, comparativement à 28,7% pour l’indice S&P 500 (incluant les dividendes). Au cours des 10 dernières années, le titre de la société s’est apprécié de 292,3% comparativement à 362,7% pour le S&P 500, soit des rendements annuels composés de 11,3% et 13,8%, respectivement. Depuis l’arrivée de Warren Buffett à la tête de la société jusqu’à la fin de l’année dernière, soit de 1964 à 2021, le rendement total du titre de Berkshire Hathaway a été de 3 641 613% comparativement à 30 209% pour le S&P 500. Le rendement annuel composé du titre a été de 20,1% par rapport à 10,5% pour le S&P 500.

M. Buffett a réitéré que son objectif et celui de M. Charlie Munger, son partenaire et vice-président du conseil d’administration, est de posséder des investissements dans des entreprises qui jouissent d’avantages concurrentiels durables et qui sont dirigées par un président de premier ordre. Ces investissements peuvent être des participations minoritaires dans des sociétés cotées en Bourse ou la pleine propriété d’entreprises privées. Lorsque la société possède des actions de sociétés en Bourse, c’est pour le long terme et non pas dans le but de les revendre à un moment opportun.

M. Buffett souligne que si Berkshire Hathaway est souvent perçue comme un amalgame un peu étrange d’actifs financiers, la société possède des immobilisations («infrastructures») d’une valeur de quelque 158 G$US à son bilan du 31 décembre 2021, ce qui est plus que toute autre société américaine. Ces principaux actifs proviennent de son chemin de fer (Burlington Northern Santa Fe ou BNSF) ainsi que de sa société de production et de transmission d’énergie (Berkshire Hathaway Energy).

Berkshire Hathaway a acquis sa première société d’assurance, National Indemnity, en 1967 pour la somme de 8,6 M$US. Ce sont ces activités d’assurance et le «flottant» qu’elles produisent (l’argent que la société perçoit de ses primes et qu’elle peut investir avant d’avoir à débourser pour les réclamations futures) qui ont permis à M. Buffett de bâtir l’immense conglomérat que Berkshire Hathaway est devenu aujourd’hui, avec une capitalisation boursière de près de 715 G$US. Depuis 1967, le «flottant» est passé de 19 M$US à près de 147 G$US! Et il continue d’augmenter: en 2021, il a pris 9 G$US.

Plus important encore, ce «flottant» substantiel a été accumulé à un coût négatif. En effet, les activités d’assurance ont réussi à réaliser un modeste profit d’assurance au cours des 55 dernières années. C’est en grande partie ce capital que M. Buffett a su redéployer très efficacement dans d’autres investissements, à la fois dans des entreprises cotées en Bourse et dans des sociétés entièrement acquises au fil des ans.

M. Buffett considère que Berkshire Hathaway a à sa disposition «quatre géants» qui représentent une part substantielle de la valeur de la société. Ces quatre géants sont: (1)ses activités d’assurance (un vaste groupe offrant une panoplie de types d’assurance) ; (2) Apple, un investissement réalisé par Berkshire Hathaway en 2016 dont les actions valaient quelque 161,2 G$US à la fin de 2021 ; (3) BNSF (chemin de fer), une entreprise que Buffett qualifie d’«artère numéro un» du commerce américain dont les bénéfices nets se sont élevés à près de 6,0 G$US en 2021 ; et (4) Berkshire Hathaway Energy, dont les bénéfices nets ont été de 3,5 G$US en 2021. Il est intéressant de voir que Buffett considère l’investissement de Berkshire dans Apple comme si la compagnie était l’une de ses entreprises et non pas une valeur mobilière qui pourrait être vendue à tout moment.

Berkshire Hathaway a terminé 2021 avec une encaisse de 144 G$US. M. Buffett aimerait bien investir cette encaisse qui procure un rendement très modeste à l’entreprise, mais il attend les occasions. De toute évidence, il n’avait pas encore trouvé d’occasions attrayantes à la fin de 2021. À ce sujet, il faut souligner que Berkshire doit investir des dizaines de milliards de dollars dans un nouvel investissement, ce qui limite grandement les possibilités. De fait, depuis quelques années, ses plus importants investissements ont été des rachats de ses propres actions. En 2021, elle en a racheté pour 27,1 G$US par rapport à 24,7 G$US en 2020. Au cours des trois derniers exercices, les rachats ont totalisé près de 57,2 G$US et permis à la société de réduire de près de 10% le nombre de ses actions en circulation.

Après deux ans de pandémie, l’assemblée annuelle de Berkshire Hathaway aura lieu en personne, le 30 avril prochain. Mon équipe d’investissement et moi nous ferons un devoir et un plaisir d’y assister.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100 

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