Hockey féminin: que le Canadien de Montréal se lève!

Publié le 09/04/2019 à 14:27

Hockey féminin: que le Canadien de Montréal se lève!

Publié le 09/04/2019 à 14:27

La hockeyeuse Marie-Philip Poulin.

La hockeyeuse Marie-Philip Poulin. (Photo: Site officiel des Canadiennes de Montréal)

BLOGUE INVITÉ. La semaine dernière, la Ligue canadienne de hockey féminin a annoncé qu’elle devait mettre la clé sous la porte, citant des problèmes financiers.

Fondée en 2007 et forte de six équipes, la ligue a pourtant réussi au cours des dernières années, de peine et de misère, à offrir un spectacle de qualité exceptionnelle. En lisant cette nouvelle, moi qui croyais que le hockey était une religion au Canada, je fus bien déçu.

Je dois vous avouer d’emblée ne jamais avoir assisté à l’un de ces matchs, et ce, pour la simple raison que, tristement, je ne savais même pas que cette ligue existait! Pourtant, un simple coup d’œil sur leur site Internet m’a permis de voir que les meilleures joueuses au monde, de véritables stars de leur sport, en faisaient partie.

Savoir qu’une athlète ultra talentueuse comme Marie-Philip Poulin, l’une des plus grandes athlètes de l’histoire du Canada, ne pourra plus représenter les Canadiennes de Montréal m’enrage. Rappelons-nous des larmes de joie qu’elle nous a tous offertes lors de la finale des jeux Olympiques de Sotchi. Après avoir égalisé moins d’une minute avant la fin du match, elle offrait au Canada une médaille d’or avec son but contre les Américaines en prolongation.

Pour tout vous dire, étant père de deux magnifiques filles, la cause de l’égalité des sexes, avec toutes ses complexités, m’est très importante. Que ce soit en affaires ou dans le sport, j’espère et souhaite ardemment que mes filles pourront bénéficier des mêmes retombées que si elles avaient été des garçons.

Malheureusement, le sport est l’enfant pauvre de cette dite égalité. Savez-vous que Hunter Shinkaruk, le joueur (totalement inconnu on va se le dire) ayant le plus bas salaire des Canadiens de Montréal va empocher 650 000$ cette année, tandis que Marie-Philipe Poulin (véritable Sydney Crosby du hockey féminin) à peine 10 000$, soit 65 fois moins…

Je comprends bien les raisons (retombées publicitaires, cotes d’écoute, moyenne de spectateurs…) derrière cette «logique financière». Cependant, je crois qu’il est grand temps de revoir le système. Savez-vous que Carey Price gagne environ 215 000$ par match tandis que plafond salarial annuel total d’une équipe de la ligue canadienne de hockey féminin dépasse rarement les 100 000$?

Bien que dans les dernières années des équipes comme les Canadiens de Montréal ou les Maple Leafs de Toronto se soient impliqués afin d’aider les équipes féminines, une intégration encore plus complète aiderait grandement.

En tant qu’entrepreneur, mon rôle est de trouver des solutions originales à une problématique existante. À mes yeux, la seule et unique manière que cette ligue survive et prenne son envol est que l’équipe féminine fasse partie intégrante d’une équipe masculine de la ligue Nationale. 

Pour résumer le tout, prenons les Canadiens de Montréal comme exemple. En plus du club de la LNH, la famille Molson est aussi propriétaire du club de développement de la ligue Américaine le Rocket de Laval. Pourquoi ne serait-elle pas aussi propriétaire de l’équipe de la ligue canadienne de hockey féminin de Montréal? 

Pour financer le tout, j’appliquerais la même logique qu’avec ma propre entreprise. Je prendrais 1% de nos revenus afin de réinjecter le tout dans des causes qui me sont proches. L’entrepreneuriat avec Pur Vodka et l’art avec romeo’s gin.

Selon le magazine Forbes, le Canadien de Montréal a eu des revenus d’environ 315 millions en 2017 pour un profit avoisinant les 120 millions. 1% de leurs revenus représenterait donc 3 150 000$ comme budget annuel total pour l’équipe féminine. 

Imaginons maintenant consacrer le tiers du revenu annuel pour les salaires, soit 1 050 000$. Sachant que la limite est de 23 joueuses par équipe, ce montant serait donc suffisant pour offrir un salaire moyen d’environ 45 000$ chacune, ce qui, à mon humble avis, serait le strict minimum pour des athlètes de ce calibre.

Loin de moi est l’idée de vouloir imposer à qui que ce soit une charge aussi importante. Cependant, je me devais de lancer cette idée à la mer afin de voir si d’autres, comme moi, trouvent important que nos athlètes féminines puissent, elles aussi, vivre de leur passion. 

Véritable emblème, voire religion au Québec, le Canadien de Montréal doit agir en leader et, selon-moi, envoyer un message fort aux autres équipes de la LNH en faisant les premiers pas.

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois