Beyond the Rack croule sous les dettes et se protège des créanciers

Publié le 30/03/2016 à 14:43

Beyond the Rack croule sous les dettes et se protège des créanciers

Publié le 30/03/2016 à 14:43

C’est maintenant confirmé. Aux prises avec des dettes de plusieurs dizaines de millions de dollars, la société montréalaise Beyond the Rack s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements des créanciers des compagnies (LACC).


Le juge Martin Castonguay, de la Cour Supérieure du Québec, a accordé à l’entreprise jusqu’au 22 avril pour présenter un plan d'arrangements à ses créanciers. Selon les documents que nous avons consultés, l’entreprise ferait actuellement face à des dettes impayées de quelque 50M$, dont 19,5 M$ en créances garanties.


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Richter Groupe Conseil, qui agit à titre de contrôleur dans le dossier, n’a pas encore fourni de liste de créanciers, parmi lesquels devrait figurer Investissement Québec. Du nombre, les plus importants créanciers garantis sont Silicon Valley Bank (SVB) et la Long Zone Holding (LZH).  L’entreprise de commerce électronique leur devrait respectivement plus de 12M$ et 6 M$.


Les actions privilégiées d'une valeur de 44,2 M$ (à l'achat), que Beyond the Rack avait distribué au cours des années pourraient s'ajouter à ce total. Malheureusement pour les investisseurs concernés, précise Benoît Gingues de Richter, les détenteurs de telles actions devraient abaisser leurs attentes, étant donné qu'ils ne sauraient être considérés comme créanciers au terme de la Loi.


Un acheteur recherché


Par ailleurs, selon les données préliminaires présentées en Cour supérieure, les actifs de Beyond the Rack s’élèvent à 18 M$, dont près de la moitié (8,1M$) sous forme d’articles en inventaire.  En date du 31 janvier, les comptes recevables comptaient eux pour 3,7M$. 


C’est en partie sur ces actifs que les dirigeants de l’entreprise privée s’appuieront pour rembourser une part de leurs dettes et vendre leur entreprise au plus offrant. «J'ai reçu comme mandat très clair de rechercher un acheteur de façon accélérée», a confirmé M. Gingues.


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Au cours des trois derniers exercices financiers, l’entreprise a enregistré des ventes de 360,7M$, mais des pertes d’exploitation de 57, 6M$, relèvent les documents présentés le 24 mars dernier au palais de justice de Montréal.


Pour l’aider à poursuivre ses activités, Beyond The Rack a réussi à obtenir  un financement intérimaire de Gestion Optifer, d’un montant de 1,15M$, au taux d’intérêt annuel de 15%. Selon les informations disponibles, ce financement devra être remboursé en totalité, au plus tard le 27 mai prochain.


168 mises à pied en trois mois


Beyond the Rack a été fondée en 2009 par un duo composé de Yona Shtern, anciennement de Ice.com, Mon mannequin virtuel et Microcell, et de Robert Gold, ex-président de Gosh Marketing et Donald Berman Enterprises.


En décembre dernier, l’entreprise comptait 230 employés, et 76 contractuels. La semaine dernière, l’entreprise n’en comptait plus que 62 à Montréal et 52 à l’étranger, ceux-là sur une base contractuelle.


Jointe par Les Affaires la semaine dernière, la direction de l’entreprise s’est refusée à tout commentaire, se contentant de déclarer qu’elle diffuserait sous peu une «déclaration publique». À ce jour, l’entreprise n’a émis aucune déclaration, ni à la presse ni même à sa clientèle, de plus en plus inquiète.


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Selon Crunch Base, l'entreprise aurait recueilli plus de 98M$US de financement au cours des dernières années.  Au nombre des investisseurs ayant investi dans son développement, figurent Panorama Capital, Highland Capital Partners, BDC Venture Capital, Exportation Développement Canada, Rho Canada, Inovia Capital, Wellington Financial, Iris Capital, Tandem Expansion et Investissement Québec.

À propos de ce blogue

La vitrine du détail est le blogue du journaliste Martin Jolicoeur, un mordu de commerce de détail. Sa mission: rendre compte, mettre en perspective et analyser les nouvelles et développements de ce secteur clé de l’économie nord-américaine. À l’occasion, Martin y traite aussi plus largement de commerce électronique, de stratégie, d’image de marque et de consommation.

Martin Jolicoeur

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