En attendant l'Italie!

Publié le 07/11/2011 à 09:41, mis à jour le 07/11/2011 à 09:41

En attendant l'Italie!

Publié le 07/11/2011 à 09:41, mis à jour le 07/11/2011 à 09:41

Par François Barrière

[Photo : Bloomberg]

BLOGUE. La semaine qui vient de se terminer nous aura permis d’un peu mieux comprendre pourquoi le terme « tragédie grecque » nous vient d’Athènes. Au-delà du coup de bluff de M. Papandreou sur l’utilisation d’un référendum, c’est toute la population qui vient de se faire prendre en otage…une fois de plus. N’y avait-il pas un air de déjà vu dans cette parodie politique? Souvenez-vous du cirque américain lorsque nous approchions la date butoir de l’endettement américain. Les américains ont le cirque, les grecs le théâtre, mais dans les deux cas c’est de la population que l’on se rit.

Au moment où la classe politique doit s’unir et se souvenir que c’est le peuple qui les a envoyés où ils sont, nous avons plutôt droit à une lutte de pouvoir afin de faire trébucher celui qui gouverne. Remarquez qu’on a le gouvernement qu’on mérite, n’est-ce pas?

Mais les derniers mois ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend dans les prochaines années. Le beurre et l’argent du beurre fut le titre de mon premier Blogue, mais il pourrait bien servir de toile de fond pour 2012. Les coffres sont vides un peu partout dans les pays occidentaux et la population ne comprend pas les sacrifices qu’on lui demande. On a eu beau se tourner vers la Chine, le tandem Sarkozy-Merkel a bien compris qu’il obtiendrait très peu d’aide des pays émergents.

L’équation est pourtant bien simple. La moitié de la planète (la nôtre, celle des « bien nantis ») accepte difficilement que l’autre moitié (la leur, celle des « pays émergents ») vienne toucher à nos acquis. Pas étonnant que personne ne veuille partager, puisque nous même à l’intérieur de nos frontières nous vivons le même égoïsme. Et nous l’avons prouvé plus d’une fois cette année – pas juste en Grèce - alors que notre moitié bien nantie (nos baby-boomers) partage difficilement avec l’autre moitié (les générations qui suivent) ce qu’ils ont acquis pendant les trente-cinq dernières années. Auraient-ils déjà oublié Mai 68 ?

La Grèce n’est que le premier maillon de cette tendance. Les gouvernements ne sont pas là pour relancer les économies mais pour amortir les chocs, ce qu’ils font déjà très mal d’ailleurs puisque ça impliquerait d’imposer des sacrifices aux consommateurs-électeurs. Mais la saga hellénique ne se terminera pas avec la décision de M. Papandreou de laisser sa place puisque ce sont les mêmes acteurs qui vont accepter la même entente européenne mais avec le sentiment d’avoir réussi quelque chose de grand (!!). C’est lors de la prochaine élection (en février ?) que l’on saura si la population est vraiment prête aux sacrifices. D’ici là nous surveillerons l’opéra Italien qui se prépare.

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