Pourquoi les Chinois ne dépensent pas. En 1 clic.

Publié le 27/01/2010 à 10:03

Pourquoi les Chinois ne dépensent pas. En 1 clic.

Publié le 27/01/2010 à 10:03

Tout le monde veut faire dépenser les Chinois. Les entreprises rêvent toutes de ce marché de plus d'un milliard de consommateurs. Mais, même si de nombreuses marques de luxe ont pignon sur rue là-bas, que des tas de yuppies commencent à collectionner des oeuvres d'art et que les rues sont de plus en plus encombrées de véhicules, le peuple chinois hésite à se lancer dans la spirale de la consommation et de l'endettement.

Plusieurs facteurs expliquent cette réserve. En voici un qui auquel vous n'avez sûrement pas pensé: c'est la faute des femmes! Pas celles qui sont vivantes, celles qui sont mortes. Eh oui, toutes ces bébés filles dont on a avorté sans scrupules au fils des décennies reviennent hanter la Chine et ses partenaires commerciaux.

Un article du National Post présente une étude plutôt audacieuse du professeur Shang-Jin Wei, de l'Université Columbia à New-York,  qui explique que si les familles chinoises ne dépensent pas, c'est qu'elles économisent pour que leurs fils, uniques, trouvent une épouse. Le taux d'épargne des ménages chinois atteindrait présentement 30%. De quoi faire sursauter n'importe quel Occidental, non?

La pénurie de femmes atteint de telles proportions -il naît 122 garçons pour 100 filles, ce qui signifie que lorsque ces bébés auront atteint la majortié 1/5 homme ne trouvera pas de partenaire - que la seule solution trouvée semble être la bonne vieille dot.

Évidemment , vous vous doutez que certains parents prennent des moyens moins "civilisés" pour trouver une femme à leur fils: dans les campagnes surtout, là où le déséquilibre est encore plus grand entre les hommes et les femmes, les kidnappings sont fréquents.

Ainsi , tous ces bébés filles dont on s'est débarrassé parce qu'elles étaient jugées inutiles seraient bien utiles aujourd'hui pour rééquilibrer la balance commerciale Chine/É-U.

Les conclusions du professeur Wei sont audacieusess, certes, mais j'aime bien cette façon de chercher  à comprendre l'économie par le facteur humain.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

Blogues similaires

COVID-19: malade, 1 Québécois sur 5 irait quand même au travail!

31/07/2020 | Olivier Schmouker

BLOGUE. Une attitude irresponsable qui a pourtant une explication à la fois simple et terrifiante, selon une étude...