Nations Unies: une conférence sur l'égalité des sexes, pour hommes seulement

Publié le 30/09/2014 à 09:13

Nations Unies: une conférence sur l'égalité des sexes, pour hommes seulement

Publié le 30/09/2014 à 09:13

En 1995, Hilary Clinton a prononcé un discours-culte sur l'égalité des femmes. Dix-neuf ans plus tard, il reste beaucoup à accomplir.

En janvier prochain, les Nations-Unies tiendront une conférence sur l’égalité des sexes. Cette conférence aura une particularité : seuls les hommes y seront conviés. Autre particularité : les instigateurs de cette conférence sont l’Islande et le Suriname. Or, l’ Islande se trouve parmi les premières de classe lorsqu’il est question d’égalité des genres ( Global Gender Report 2013) tandis que le Suriname – petit pays d’Amérique du sud – se situe tout au bas du classement, à la position 110.

À première vue, on peut trouver étonnant de ne convier que des hommes à une conférence qui traite du sort des femmes. Mais lorsqu’on s’arrête, l’idée a du bon.

Replaçons les choses dans leur contexte. En 1995, Hillary Clinton a donné un discours désormais célèbre où elle a déclaré « les droits des femmes sont les droits humains ». Il s’en est suivi une série de déclarations et de promesses de la part de plus de 190 pays. Et, surtout, la certitude que l’égalité des sexes serait atteinte 20 ans plus tard.

« En janvier 2015, les Nations-Unies tiennent une conférence sur l'égalité des sexes… pour hommes seulement. Une idée étonnante qui a du bon. »

2015, c’est l’an prochain. Or, nous sommes très loin de ladite égalité des sexes. Comme le déclarait récemment Hillary Clinton, « les femmes et les filles composent encore la majorité des pauvres, des affamés et des mal payés. »

Au fil de décennies, la solidarité féminine a donné lieu à de nombreuses initiatives positives. Plusieurs hommes ont aussi embrassé l’enjeu de l’égalité. Mais cela demeure encore la bataille des femmes.

Peut-être qu’une conférence « pour hommes seulement » est un passage obligé. Peut-être que tant que les hommes participeront de façon minoritaire à des initiatives menées par des femmes ils ne s’impliqueront jamais totalement. Ils ne s’approprieront pas cet enjeu. Peut-être les hommes doivent-ils réfléchir entre eux, et par eux-mêmes, sur les causes et les conséquences de la discrimination basée sur le sexe plutôt que d’adopter la vision des femmes, sans se poser de questions.

On se doute que les hommes qui participeront à cette conférence feront partie du groupe le plus progressiste de la société. Ceux qui ne voient pas la nécessité de poser des actions concrètes pour donner des chances égales à la moitié de la population feront autre chose de leur temps. Cette conférence devrait donc susciter des réflexions intéressantes. Et, qui sait, des pistes d’actions. J'ai bien hâte de connaître les conclusions de cette rencontre. Peut-être faut-il des hommes pour en convaincre d’autres de la nécessité de passer à un monde plus inclusif. Car, je me demande parfois si les femmes n’ont pas épuisé tous leurs arguments. Pas parce que ces arguments ne soient pas justes, pertinents ou  bien articulés. Au contraire. L'égalité des sexes relève du gros bon sens. Ne serait-ce que sur une base économique.

J’espère le Québec et le Canada auront des représentants à cette conférence. Car, lorsqu’on regarde notre retard lamentable à inclure les femmes sur les conseils d’administration, il nous reste, nous aussi, bien du chemin à parcourir.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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